‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 219 sur 246 · DU COMA DIABÉTIQUE, PAR LE PROFESSEUR NAUNYN · texte numérisé non relu

DU COMA DIABÉTIQUE, PAR LE PROFESSEUR NAUNYN

(Hôpital de Strasbourg.)

L’auteur considère le coma diabétique comme la conséquence de la diminution de l’alcalinité du sang, due elle-même à la présence dans l’organisme d’un acide, qui se trouve être, dans le cas particulier, l’acide oxybutïrique, d’où il conclut à un traitement par les alcalins à hautes doses (bicarbonate de soude : 15 à 20 grammes par jour; eaux de Vichy, Garlsbad, etc.). Il admet également dans le sang et l’urine la présence d’acétone ou l’acétonurie, ainsi que Kussman l’avait déjà fait remarquer chez les diabétiques. Ce qui caractérise cet état, ce sont des phénomènes de dépression nerveuse : lourdeur de tête, affaiblissement de la mémoire, inaptitude intellectuelle, morosité, apathie musculaire et, plus tard, sopor avec dilatation des pupilles, faiblesse des mouvements du cœur et de la respiration, comme dans l’abus d’éthers.

On constate chez les animaux auxquels on a administré de l’acétone des signes d’ébriété; et l’haleine des personnes qui ont succombé subitement dans le coma diabétique, avait pris, tout d’un coup, une odeur d’éther. C’est donc une autointoxication.il résulte de ces faits que chez les diabétiques, il

faut faire emploi de strychnine (hypophosphite),d’aconitine,de digitaline

c’est-à-dire la trinité dosimétrique —et être sobre d’alcalins qui ne feraient qu’affaiblir le sang. L’excès de bases fixes provient, la plupart du temps, d’une alimentation alcaline, trop végétale, d’eaux chargées de substances calcairesi d’eaux minérales alcalines (Vichy, Vais, Contrexéville, Carlsbad, Marienbad). L’urine alcaline est généralement trouble et donne par le repos un abondant sédiment phosphatiquë et dégage une forte odeur d’ammoniaque ou ammoniurie.Les urines alcalines déposent dans les voies urinaires des concrétions calculeuses. C’est là surtout ce qu’il faut éviter, et non tomber de Charybde en Scylla.

CCCXLVIII

Page 1