RELATION DES NOCES
.. Après une longue négociation dans laquelle le Roi d'Angleterre et le Duc de Bourgogne ne sacrifièrent qu'avec beaucoup de peine leur inclination a leur politique, ils conclurent enfin un traité d'alliance et de commerce, .et le confirmérent par le mariage de Charles avec la sœur d’'Edouard.
La Princesse Marguerite arriva au port de l’Ecluse auprès de Bruges, le 25 Juin, 1468. Pendant les huit jours qu’elle y passa, elle reçut les visites du duc son époux futur, de la Duchesse douarière, de la Princesse Marie, et des principaux personnages de la cour. Lorsque tout fut préparé pour sa réception, elle partit de l’Ecluse. Le duc alla au devant d'elle jusqu'à Dam, petite ville sur le chemin de Bruges, où il l'épousa, après quoi il retira dans son hôtel, et croy que tandis que les autres cérémonies: se firent, il fit provision de dormir, comme s’il eust à faire aucun guet ou escouade pour la nuict æoenir. La princesse continua sa route et fit son. entrée solemnelle dans Bruges. Elle avoit amené un cortège nombreux. de la cour d'Angleterre: on y voyoit la Duchesse de Norfolk, l'Evèque. de Winchester, le Lord Scales, frère de la Reine d'Angleterre, et sa femme ; quarante ou cinquante dames et demoiselles ; quatre-vingt à cent gentilshommes : et plus de dix-huit cens personnes de leur suite: la cour nombreuse du Duc de Bourgogne,les gens d'église qui portoient les reliques, et les magistrats de la ville augmentérent l'éclat de cette procession, qui étalæ encore un genre de magnificence propre à la première ville commerçante de l'Europe, c'étoient les compagnies de négocians étrangers qui renchérissoient les unes sur les autres par la richesse de leurs équipages, les Vénétiens, les Génois, les Florentins, et les villes Hanséatiques. -Marguerite étoit portée dans une litière qu’accompagnoient .4 pied les premiers seigneurs dés deux.cours. De ses dames les unes étoient montées sur des haquenées blanches; les auttes la suivoient dans cing chariots. La procession finit à l’hôtel du Duc de Bourgogne. . -
Pendant les dix jours que durèrent les fêtes, on ne vit à Bruges qu’un enchatnement de luxe et de plaisir. Les banquets et les tournois sont ce qui nous intéresse le plus.
Je passe sous silence la maison ouverte que le due tint pendant | tout ce tems-là avec une magnificence digne des plus grands rois. Des fontaines de vin couloient dans les rues, les étrangers étoient servis en vaisselle d'argent à sept tables différentes, dont les seigneurs de la cour leur
à faisoient