V. Mém. de
PAcadémie des
théâtres, d'un amphithéâtre, de plusieurs: portiques, dun temple et du mausolée d'Auguste batt d'une pierre blanche, et dont les étages différens soutenoient des terrasses plantées d'arbres. Cependant lors: qu'un voyageur sürtoit de ce fauxbourg pour entrér dans la ville, les ba: siliques, les portiques, les témples, et sur-tout le Capitole, lui fatoient
oublier tout ce qu’il avoit déjà ‘vu.
Voici les observations les plus intéressantes qüé J'ai trouvées dans un mémoire
a ANTIQUE ITALIZ. 2735
mémoire de l’Abbé Barthelemy sur les anciens monumens de Rome. : 1}. Le Ooliste., Il est bâti de grosses pierres Tiburtines, unies. par des crampons-de fer scellés, pour l'ordinaire, dans une des pierres. La seule en. ceinte extérieure, par un calcul établi sur la réduction du mur entier en pieds cubiques, et sur les détails de la. main-d'œuvre, nous coûterojt.aujourd'hui plus de dix-sept millions. Ce monument a plus souffert des Romains que des barbares : on voit dans un traité original entre les factions de la ville dans le quatorzieme siècle, qu'il est stipulé qu'il sera libre aux deux partis d’arracher des pierres du Colisée. 2 Les Obélisques. Les hiérogtyphes sont travaillées d'une façon singulière sur ces monumens degranite. Le plan des figures est en creux ; mais dans cé creux les Ggures ont un relief léger, et garni tout.autour pas la vive arrête du granite : C’est.comme l'empreinte d’un cachet dans la cire. 3, La Colonne de Trajan. Entre le Quirinal et le Capitole étoit une vallée étroite-où Trajan voulut construire ua Forum. Il fallut aplanir le terrein, et pour marquer jusqu’à quelle profondeur la montagne s'étoit abaissée, on éleva, en forme de timon, une colonne dont la hauteur est d'environ 1 10 pieds, sans y comprendre la figure de Trajan, dont elle étoit surmontée. Le fât de la colonne, qui, dans sa partie inférieure, a dix à onze pieds de diamètre, est formé de vingt-trois blocs de marbre placés. horizontalement l'un sur l'autre. Dans l’intérieur on a pratiqué un escalier de 183 marches, éclairé par quarante-un fenêtres. Les victoires de- Trajan sut les Daces sont représentées autour de ce monument, dont celle de M. Aurèle n’est que la copie. 4. Les Mausolées: -A Paltozolo, sur le lac d’Albani, on voit, sur la face d’an rocher, douze faisceaux, une chaire cu-
Beiles Lettres, tom. xxviti.
rule, un sceptre surmonté d’un aigle, et une-inscription, qu'on ne peut .
pas lire, au pied du rocher. Au-dessus, plusieurs marches s'élèvent en pyramide ; à côté des marches un petit corridor conduit à une chambre qui a onze pieds deux pouces de long sur neuf pieds six pouces de largeur ; le tout est taillé, sculpté, et creusé dans le roc. Les urnes sont quelquefois quarrées et-faites en maisons. On y distingue le toit avec ses divisions, et Ja porte tantôt fermée et tantôt à demi ouverte, et quelquefois occupée par le Génie de fa mort. 5. Les Mosaigues. ‘Les Romains aveient des marbres d’une grande variété de couleurs. Quand une couleur manquoit aux artistes en marbres, ils y suppléoient par des
émaux et des briques. Il y a peu de mosaïques à Rome qui répondent
NN 2 | à l’idée
270 NOMINA, GENTESQUS
à l’idée qu'on s’en fait. Quant à celle de Préneste, l'Abbé Barthelemy croit qu'elle représente l'arrivée d'Hadrien dans la Haute Egypte. 6. Les ’ Statues. Les antiquaires en. comptent près de 70,000 dans la ville et les environs. Avant le tems d’Hadrien on n’y traçoit point les prunelles des yeux. Elles ont subi bien des révolutions. Les empereurs les déplaçoient souvent, et elles ont été restaurées par les ouvriers Romains aussi bien que par les nôtres. | Flin. Et Ne Voici les objets que Pline admiroit le plus. 1. Le Circus Maximus construit par Jules César. Il avoit trois stades de long, et un de largeur; mais si l’on comprend les hâtimens, la largeur étoit de quatre jugera. 2 La Basilique de Paulus, dont les colonnes étoient du plus beau marbre de Phrygie. 8. Le Forum d Auguste. 4. Le Temple de Paix par Vespasien. 5. Le Panthéon dedié par Agrippa à Mars le Vengeur. 6. Le Forum de César, dont le terrein seul coûta au dictateur cent millions de sesterces (vingt millions de France.) 7. Les maisons particulières. L'ag de Rome 676, la maison du Consul Lépidus étoit la plus belle de la ville pour la dépense, les tableaux, et la quantité de marbre. Trente-cinq ans après l’année de la mort de César, elle n’étoit pas la centième, et ces cent maisons furent bientôt surpassées à leur tour par une infinité d’autres encore plus belles. 8. Les Cloaques. Cet ouvrage de Tarquin l’ancien avoit déjà bravé les efforts de sept cens ans. Rome, minée sous ses montagnes, étoit soutenue par-tout sur des arcades de la hauteur d’un char de foin, et d’une telle solidité qu’elles soutinrent le transport des 360 colonnes de marbre de Scaurus dont chacune avoit 38 pieds de long. 9..Les Aqueducs. Q. Marcius Rex y travailla beaucoup pendant sa préture; : mais l’Edile Agrippa, non content d’avoir purgé et embelli tous les ane — ciens aqueducs, ajouta un nouveau ruisseau, |’ Aqua Virgo. Faire 700 réservoirs 105 fontaines, 130 castella, et les orner de 300 statues de marbre, ou de bronze, aussi bien que 400 colonnes de marbre, ne fut que l’ouvrage d’une année. L’aqueduc commencé par Caligula et achevé par Claude surpassoit tous les autres. On prit les eaux ‘à 40 milles sur ur terrein très élevé, on les conduisit à Rome, et on les dispersa sur les sept ‘ montagnes. Rome étoit alors placée sur sept fleuves qui emportoient Pis. Hit. Ne toutes ses ordures dans le Tibre. 10.. Le Capitole. Il respira pendant or ta % long-tems la simplicité. Du tems de Pline les lambris des maisons étoient couverts de plaques d'or massif; on se contenta de dorer ceux du Capitole
ANTIQUE ITALIEÆ. . 277
Capitole après la destruction de Carthage sous la censure de Mummius: - On doroit jusqu'aux murs des maisons ; mais sonsiècie avoït critiqué Ca- tulus d’avoir couvert le Capitole de tuiles de bronze. Sylla y placa les |
colonnes destinées à soutenir le temple de Jupiter Olympien à Athènes.
Elles étoient très simples et peut-être seulement de pierre. 11. Les Obé lisques. Il y en avoit trois, taillés dans les carrières de la Thébaïde par les anciens rois, et amenés à Rome par les empereurs. Le premier, qui avoit plus de 125 pieds de hauteur sans compter la base, étoit dans le grand
Plin. Hist. Nat.
xxxvi. 9, 10, 11.
Cirque. Le second, placé dans le Champ de Mars, où il servit long tems -
de gnomon, avoit 116 pieds. Auguste les transporta d'Egypte à Rome; le troisième, placé dans le cirque du Vatican, s'étoit cassé quand on l’a élevé. 12. Les Colosses, et les autres Statues. 11 n’étoit pas possible de
les compter. On voyoit dans le Capitole un Apollon que Lucullus avoit *
apporté du Pont, haut de 30 coudées, il avoit coûté 150 talens; et le
Idem, xxxiv. 7,
Jupiter que Sp. Carvilius avoit fait jetter en fonte des cuirasses des Sam- »
nites vaincus: on le distinguoit du sommet du mont Albain. Le colosse
de Néron avoit 110 pieds. Un Alexandre par Lysippe que Néron fit:
dorer, &c. &c. : C'étoient des ouvrages de fonte (signa). En fait de statues proprement dites, il y avoit, parmi une infinité d'autres, une Vénus dans le temple de la Paix qui ne le cédoit point aux anciens, et
un Nil avec seize enfans, dans le même endroit, fait de basaltes, pierre:
Ethiopienne, qui ressembloit au fer par sa couleur et sa dureté. Metellus Macedonicus (vers le commencement du septième siècle de Rome) bâtit une portique et deux temples qui furent renfermés ensuite dans l’enceinte de la portique d Octavia. Il avoit apporté de la Macédoine cette troupe de statues équestres qu'il placa vis-à-vis des temples, et qui en faisoit le grand ornement. C’étoit Lysippe qui avoit ainsi immortalisé les amis d'Alexandre, qui périrent à la bataille du Granique. Les figures étoient ressemblantes, et le roi étoit à leur tête. “ Hic idem primus omarim Romæ ædem ex marmore in iis ipsis monumentis molitus, vel magnificentiæ vel luxuriæ princeps fuit.” Les critiques ne sont point d'accord sur le sens de ces paroles, si Métellus batit une maison particuhére, un temple de Rome Déesse, ou simplement un temple dans la ville. Les deux premiers sens te paroïissent peu conformes à l'esprit du tems. J’adopte le troisième, qui est aussi le plus littéral. Si M. Burman pense qu’on n’auroit jamais blamé la magnificence à l'égard des dieux, je. le
. renvoye
Tdem. xxxvi. À
‘Vell. Patercul.
Lie, Bi.
Juvenal, pré xi. 111,
278 NOMINA, GENTESQUE
renvoye seulement. à Juvenal.et à Qvide.* Près d’un siècle plus tard
Ovid. Éut-i.p. Mamurra bâtit une maison sur le mont Cælius qu'il mcrusta de marbre.