VENETIA ET ISTRIA
VENETI. IL y atrois opinions sur Lori tgme: des Veneti. 1. Celle de Tite Live et des poëtes qui content l’histoire d’Antenor échappé de la prise de Troye, chef des Heneti de Paphlagonie, et fondateur de Padoue. 2. Celle de Polybe, qui en fait une colonie des Illyriens. .8. Celle de Strabon qui les tire des Veneti, peuple Gaulois. La première est une fable sans vraisemblance, mais on peut se partager entre les deux autres. J'étois fort prévenu en faveur de l'origine Gauloise, établie sur le té moignage de Strabon, l'identité du nom, et la certitude de la migration Celtique. Mais la différence reconnue du langage et la haine que ce. peuple a toujours témoigné pour ses voisins les Gaulois forment des barrières invincibles. L'Illyrie d'ailleurs étoit si proche et le passage du mont Ocra si facile qu'il est difficile de se refuser au sentiment de Polybe, qui a reçu la sanction du grand Freret.
Toy xoAmoy sorogucs Toy Adgiarixoy Toy BagBagwy wAndog Ti wegioixeiy xuxAo, Exarov ysdov pugiacs wevryxovra Te Xwgay agiriv veuopevwoy xas xeosdsmyy.
Aiduporoxey yag acs xas Ta Gosppara ce tee ‘Everay esos wevryxovra we oasis ev aurw xeipevar egos To pmuyw. ‘| Sf ose t" * VOL, III. | | YY VENETIA.
Cluvier, Ttal.
ntiq qe Li © 17. pe 185-135. .
Javenal. Satir.
vil 15.
Clavier, Ital.
Antiq. L à c. 18.
Hd. 1. 1. 18 p.
346 NOMINA, GENTESQUE
VENETIA. La région qui portoit ce nom étoit composée de quatre pays ou peuples différens: 1. Celui des Veneti, qui étoient bornés d’un côté par les Carni et le Tilavemptas, et de l’autre par les Cenomani et l'Athesis. 2. On y ajouta dans la surte les Cenomani, nation Gauloise, qui s’étendoient depuis l’Athesis jusqu’au Po et PAddua; et 3. Les Carni qui occupoient le pays entre le Tilavemptus et le Formio; c’étoit proprement le fond de la mer Adriatique. 4. Auguste enfin donna à l'Italie et à la Venetia, l’Istrie entière entre le Formio et l’Arsia. Telle étoit la Venetia dont les bornes étoient l’Arsia, les Alpes Noriques et Rhétiques, l’'Addua, le Po, et lamer. Lés anciens, ét sur-tout les poëtes, se servent souvent des mots de Rhæti et d'Euganei en parlant de cette provinee. Il paroît que ces peuples y avoient anciennement des établissemens, avant que les Gaulois et les Veneti les obligèrent de se retirer dans les . montagnes, dans le pays des Grisons et dans le Trentin.
Evcanet.
Euganeâ quantumvis mollior agnâ.
SPINA. Au moyen d’une belle correction dans Pline (1. iii. c. 17.) Cluvier 4 déconvért que l’ancienne ville de Spina fut détruite par les Gaulois, le méme jour que Camille prit celle de Veii, À. U. C. 360. Tl s'agit seulement de lite olim oppiduin au lieu dé item Melpum, nom qui nds est totalertient incom.
AponuM. Apène, bourg à quatre milles de Padoue, femeux par la naissance de Tite Live, Pétott encore par ses eaux minérales. Voici les prinélpalés citeohstances qu'on peut tirer de Cassiodore, Claudien, et plusteuts autres quien ont parlé: 1. Au milieu de la plaine s’élevoit une hauteut médiocre dont le sommet étoit presque rempli par un lac d’eaux chaudes, dont la force étoit telle qu'on n’y pouvoit ni s’y baigner ni en boire. On voyoit avec surprise que ce lac toujours plein ne débordoit jätmais, et que sés rivages creusés de toute part par les eaux ne s’enfoncoient point. 2. Une fumée épaisse couvroit la surface du lac. . Le
- vent la chassoit-il pour un moment? on contemploit le fonds où l’on
voyoit les offrandes qu’on y avoit jettées : car ce lac étoit un oracle qu’on consultoit en y jettant des dés. 3. On avoit conduit ses eaux par des tuyaux jusqu’à la plaine où l'on avoit construit des réservoirs et des Thermes de plusieurs degrés de chaleur à proportion de leur éloignement du lac. Ces eaux étoient très salutaires : elles rendoient Apona les Baie
| de
ANTIQUE ITALLE. Ba
de ces provinces. 4. Tl -y-avoit auprès d’Apona jun temple deGoryon. H fant:bien que :ce:nom soit ou moderne ou corrompu de célui de quel- -que-divmité Illyrienne. | AqurzerA. Le Natiso couloit-sous ses murs: il:embrassoit une. partie a tal nn. de la ville, .et lui servoit de fossé. ‘Le Lontius.en. étoit éloigné de seize 185—167. ‘mites. En hiver ce n’étoit qu'un torrent ; la fonte des neiges lerendoient ame rivière considérable pendant l'été. Les empereurs y avoient fait construire un beau pont de pierres de-taïlles. Le-pays entre.ces rivières étoit très orné, rempli de-maisons-de campagne et Planté-de vignes dont les’habitans avotent fait par-tout des berceaux. Les Romaims-envoyèrent une:colonie à Aquileia A.U.:C..678. Vell. Faterc. I
* Le-sénat, après avoir obligé les Gaulois de quitter le territoire d'Aqui- Ti Liv. xxix. leta,. yænvoyaune colonie Latine. Peu d'années après, il augmenta cette eolonie d’une nouvelle recrue de. quinze .cens ‘familles.
‘Non erat iste locus : merito-tamen aueta recenti | Ansonins de
‘Nena-mter.dlaras Aquiléia. cieheris.urbes, |
tala ad Hilyricas:objecta colonta. montes,
NVixenibus et:porth celeberrima ; .sed tsmen illud
-Emiset ; extramo quôdte.sub tempore legit
Solveret exacto.cui,sera, piacula lystro
Maximus.
RIMAVUS- - | Antenor potuit, mediis elapaus Achivis, 7 Virgil Æncid.i* Hlyricos penetrare sinus, atque intima tutus 246:
Regna Libyrnorum, et fontem superare Timavi;
‘Unde per ora novem vasto cum murmure montis
“It mare proruptum et pelago premit -arva sonanti.
‘Tu mihi, seu magni superas jam saxa Timavi, | | Virg Rclog. Sive oram Illyrici legis.æquoris. via. 6.
Cluvier a traité ce-sujet avec beaucoup de justesse et de goût. Voici Clers Teal, Ant. ce quilen dit. 1. La plûpart des poëtes ont paru confondre les fontaines 195. 7 du Timavus et Padoue, qui étoient néanmoins séparées par une distance de plus de cent milles. Ce qui peut n'avoir été chez Virgile qu’une expression négligée, ou une.liceace poëtique un.peu hardie, étoit chez les autres l'effet de leur ignorance. 2. Dans le Frioul, auprès d'un bourg
nommé St. Canzan, on voit plusieurs sources qui sortent avec violence du pied d'une montagne, qui s’enterrent yn instant, après pour ne repa- : YY@2 —— roître
La
Plin. Jun. Epist.
Vel]. Patercul. |.
L Ce 15.
Cluv, Ital. Ant.
Li c. 26. p.
Virgil. Georgic.
iii. 19,
’ Virgil. Eclog.
ix. 28.
Virgil. Georg.
fi, 198,
348 NOMINA, GENTESQUE
roître qu’au bout de quatorze milles. Ces sources nouvelles (car il y en
a plusieurs) se réunissent bientôt en une rivière assez large qui se précipite dans la mer à douze milles d’Aquileia. Toutes ces circonstances
conviennent assez bien au Timavus des anciens. 3. Combien voyoit-on
de ces sources? Polybe, Strabon, et Martial n’en ont su voir que sept,
mais Virgile et Mela en ont compté jusqu'à neuf. . Les uns et les autres
avoient raison, mais les premiers.en ont parlé plus exactement. C’est au bourg nommé St. Giovanni de Cherso ou di Duina, qu’on voit les sept sources de ces. écrivains. La premiére, et la plus considérable, forme aussitôt un torrent séparé. Les deux suivantes en forment un second, et les quatres dernières en font un troisième: mais ces trois torrens se réunissent à peu près au milieu de l'intervalle des sources à la mer, Mais ce fleuve, digne par la réunion. de tant d'eaux du nom de Timayus, reçoit encore, avant que de se jetter dans la mer, une autre rivière qui avoit ellemême été grossie par la jonction d’un autre ruisseau, Cette rivière sortoit d’un lac (Lago de la Pietra Rossa) éloigné seulement de la mer de quatre milles, auquel Tite Live donne le nom de Lacus Timavi. Voila les neuf sources de Virgile. - 4. Le terrein, entre les sources et la mer, n’est qu'un roc creusé de mille canaux souterfains qui établissent une communication entr'elles. C’est pourquoi, six de ces sources sont salées et que la septième ne l’est pas. C’est pourquoi, lorsque la marée est haute, les sources rejettent leurs eaux avec la violence d’une inondation, et que dans les autres tems elles coulent lentement ‘ét’ sans effort. Ces phénomènes n’ont pas été inconnus aux anciens.
BRIXIA. Brixia,. ex ill nostra Italia, que multum adhuc verecundiz, frugalitatis, atque etiam rusticitatis antique retinet et servat.
Cremona. Les Romains fondèrent la colonie de Cremone d’abord avant le commencement de la seconde guerre Punique.
Mantua. Cette ville, située au milieu des marais que formoient les
inondations du Mincius, étoit une ancienne colonie des Etrusques. rm t .
Primus Idumæas referam tibi, Mantua, palmas :
Et viridi in campo templum de marmore ponam
Propter aquam, tardis ingens ubi flexibus érrat ' Minctus, et tenerâ prætexit arundine ripas.:
Mantua, ve miseræ nimium vicina Cremone !
Et qualem infelix amisit Mantua campum, Pascentem niveos herboso flumine cyenos.
Non
Non liquidi gregibus fontes, non gramina desunt : Et quantum longis carpent armenta diebus,
Exiguâ tantum gelidus ros nocte reponet.
Verona. L’Athesis ou l’Adige partage aujourd’hui cette ville. Il Lee rar
l'environnoit autrefois. La situation de la ville ou le cours de la rivière ** 2 changé.
Le vin Rhétique croissoit dans les environs de Vérone. Auguste Pin, Hist, Nat. l'aimoit beaucoup, et Virgile ne lui préféroit que celui de Falerne. Sueton.in Ang. Quo te carmine dicam . Virgil. Georg. ii.
Rhetica? Ne cellis ideo contende Falernis.
Les citoyens de Vérone avoient érigé un arc de triomphe à l'Empereur Berger, “ET
D $60 si
Gallien. L’arc est détruit, mais l'inscription subsiste. Elle conservoit 40. p. soo la mémoire de la construction des murs de Vérone par l'ordre de ce
prince ; ouvrage commencé le 8 Avril et dédié le 4 Décembre l’an 265.
MANTUA. — Ille-etiam patriis agmen ciet Ocnus ab oris Virgil. Æneid. Fatidicæ Mantüs et Tusci filius amnis, | x. 198.
Qui muros matrisque dedit tibi, Mantua, nomen :
Mautua dives avis; sed non genus omnibus unum :
Gens illi triplex, populi sub gente quaterni,
Ipsa caput populis : Tusco de sanguine vires.
Hinc quoque quingentos in se Mézentius armat,
Quos patre Benaco, velatus arundine glaucâ
Mincius infestâ ducebat m equora pint.
Mantua mittenda certavit pube Cremona, SU Italie. Mantua musarum domus, atque ad sidera cantû Pranic. 1. vill. v. Evecta Aonio, et Smyrnæis æmula plectris.