PAS DE SERMONS DOMESTIQUES
Mais les choses vont mal à Ja maison. La conduite du mari laisse beaucoup à désirer. Il s’aban. donne à des habitudes qui, non combattues, com. Promettront bientôt Je bonheur domestique... Ç’ l'heure pour Ja femme de
et d'employer utes les ress Fi ramener son mai
je Pour réussir dan
Ources de s dans le devoir.
on âme pour
! Mon mari né
€r au club...
ard à la maison...
glige ses affaires
Il rentre souvent - bien échaufté Par la bois.
Pour aller s’amus fort t
son... Il me néglige et, j'ai tout licu de le croire, va s'amuser au dehors... Et moi, je n'aurais pas un mot à dire, pas une observation à présenter, pas une plainte à faire entendre! La femme, selon vous, Jjevrait être un souffre-douleur, une sorte de pâlira qui ne sait-que gémir, patienter et se taire!
Ah bien, non! je ne suis pas d'humeur à jouer un pareil rôle, ou à suivre de tels conseils!
— Dites-moi, Madame, vos reproches et vos disputes ont-ils obtenu le résultat que vous désiriez?… Votre mari a-t-il renoncé au club? Reste-t-il plus volontiers à la maison? A-til cessé de boire? de vagabonder au dehors?.…
Hélas! vous le savez par expérience, reprocher sa mauvaise conduite à un homme, c'est exciter sa colère et son ressentiment. Lui témoigner de la rancune par des bouderies et de la mauvaise humeur, c'est provoquer souvent des désordres plus graves encore. Par dépit ou esprit de vengeance, il fera dix fois pire, et s’excusera en disant que sa femme lui rend la maison insupportable.
Surtout, Madame, si, à la suite de rapports exagérés ou même complètement faux, vous avez l'imprudence de mettre en question la fidélité de votre mari, vous vous c “erez à la maison la situation la plus pénible et la plus humiliante…
Quand même vous seriez certaine de ces faiblesses Passagères, par prudence et charité chrétienne, de grâce, taisez-vous! Paraissez tout ignorer... Autre-
ment, vous briserez à tout jamais les liens d’affer tion que cet homme avait encore pour vous, et vous rendrez à peu près impossible tout retour à un‘ vie calme et réglée. Ce n'était qu'un caprice passionnel qui allait bientôt disparaître.
Un peu de patience de votre part, un redoublement d'attention et de ‘bienveillance vous eût bientôt ramené le cœur de cet homme qui, au fond, continuait de vous estimer et de vous aimer... Une sortie malencontreuse de la femme humiliera le mari, l’exaspérera et le fera peut-être persister sans vergogne désormais dans son inconduite et son vagabondage.
D'ordinaire, en effet, quand une femme fait des
reproches à son mari, elle choisit mal le temps et la manière de les présenter.
— Vous êtes émue, Madame, et vous parlez sous le coup de l'émotion. Rien de plus imprudent, parce qu'alors vous n'êtes plus en état de mesurer VOS paroles, ni d’en calculer la portée. Vous dites tout ce que vous . «7 dans le cœur, tout ce qui VOUS passe par la ‘‘ie, et vous le dites d’une voix qui n’a point la duuceur du miel, et qui n'est pas toujours harmonieuse et plaintive, comme la voix de la colombe gémissante… Vite, bien vite, vous montez aux notes aiguës de Ja gamme. Bien vite aussi, perdant tout contrôle sur vos nerfs, vous accablez votre mari de reproches qui l’irriteront toujours ét parfois le blesseront cruellement ay cœur,
Un homme oublie des insultes brutales de la part d'un autre homme. Il met tout cela sur le compte de la boisson ou d'une colère qui ne se connaissait plus. Mais il est des paroles, dites par la femme dans l’état de surexcitation nerveuse, que l'homme n'oubliera jamais... C'est qu'elles révèlent des secrets que la femme avait tout intérêt à tenir cachés au plus intime de son cœur. « Tu me trahis depuis bien des années, je le sais, aussi je ne l'aime plus, et même, je te le déclare franchement, je ne t'ai jamais aimé... Tu m'as forcée au mariage, mais j'en aimais un autre, je n'avais pas confiance en toi. et ta conduite me montre bien que j'avais raison de ne pas avoir confiance... »
De telles paroles s'enfonceront dans le cœur du mari comme des pointes de feu, et leur brûlure ne se cicatrisera jamais.
Sans doute la femme revenue à elle-même regrettera ces paroles, elle cherchera à les excuser, à les nier... Trop tard, hélas! le mal est fait et demeure irréparable...
— Ce ne sont pas là des reproches, direz-vous, mais bien des insultes inexcusables, et je suis la première à les blämer avec vous. Mais enfin, quand les choses vont mal à la maison, vous ne reconnaissez à la femme d'autre droit que d’être une viclime patiente et silencieuse.
- Pardon, Madame, vous avez toujours le droit d'aimer votre mari, de redoubler de prévenances et d'attentions pour cet homme qui, je l'avoue, ne le mérite guère par sa conduite, mais vous lui mon-
“ii —
trerez ainsi la bonté inépuisable d'un cœur chrétien, la générosité des vertus que la religion fait pratiquer. Enfin, vous avez le droit et le devoir de rester fidèle quand même à vos obligations et de préparer par la prière, le sacrifice et les bons exemples la conversion de votre mari.
Si les reproches ne sont guère profitables, de douces représentations faites au mari peuvent avoir résultats heureux, à la condition toutefois de bien choisir et le temps et la manière de les faire. Attendez d’abord d'être calme et que votre mari soit lui-même bien disposé à vous écouter. Alors, doucement, avec prudence et tact, rappelez-lui le bonheur d'autrefois qui peut encore redevenir le bor heur d'aujourd'hui, s’il voulait abandonner telle ox, telle habitude... Parlez-lui des enfants, de Jeu avenir. Faites des appels puissants au cœur de l’homme plus qu'à sa tête, aux sentiments bien plus qu'aux raisonnements. C'est par là surtout qu'une femme est éloquente et persuasive... Puis, sans insister, laissez la conscience de cet homme tirer les conclusions... Enfin ayez bien soin de mettre Dieu dans vos intérêts; priez et faites prier vos petits enfants. Le jour de la conversion viendra pour le père.
Voulez-vous savoir ce qu'une femme du monde pieuse et pleine de bon sens pense des exhortations domestiques ?
« Souvent, dit M de Marcère, la jeune femme débute, animée des meilleures intentions, pleine d
chrén fait ir de et de BxeIm-
s, de avoir s de faire.
| Soit doubon-
confiance dans sa puissance, disposée à lutter et À prêcher.. Or elle aura beau discuter et parler, loin d'amener au but, elle en éloignera... Une parole intelligible pour tous et dont elle peut user avec un double profit pour elle et pour les autres, c'est le langage de la vertu, la prédication de l'exemple, la parole muette et forte de la douceur et de l'’abnégation, l'argument puissant de la pratique constante du devoir. » — « C'est par la persuasion et la
douceur qu'il faut s'occuper uu salut des âmes. » (S. Grég. de Naz.)
J'ai connu une ferme très bonne, très picuse, mais d'une étonnante maladresse dans les moyens qu'elle employait pour ramener à Dieu son mari infidèle. Elle ne perdait aucune occasion de lui arler de messe, de confession, de mort et de jugement. À table, en présence des enfants, elle exposait à son mari ses industries en sa faveur « Mon ami, je l'ai recommandé aux prières des Sœurs grises. Les Sœurs blanches vont cc nmencer ne neuvaine Pour a conversion. J'ai fait vœu d'al:r à la bunne
Sainte Anne avec mes enfant i fu laisais Ja retraite... » L'homme exas} écoutait en silence, puis, n'y tenant plus, il brisait violemment sur le
plancher ce qui lui ton-bai sous la main, et sortait Pour se calmer un peu les nerfs.