‹ Misères humaines [microforme]Chapitre 33 sur 201 · CE · texte numérisé non relu

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passaient volontiers la soirée avec la femme et les enfants. On devisait joyeusement ensemble, on lisait le journal, quelque article de revue, un livre nouveau; puis, quand sonnaient dix heures, après la prière en commun, chacun allait prendre son repos.

Aujourd'hui, ce n'est plus cela. La soirée, voire même une grande partie de la nuit, est consacrée aux amusements, au plaisir hors de la maison. On dirait vraiment que dans certaines familles, hommes et femmes n'ont plus le courage de passer une soirée ensemble, en tête-à-tête, avec leurs enfants. « Après vingt ans de mariage, me disait une femme, à part la lune de miel qui fut courte, je n'ai jamais été une seule soirée en compagnie de mon mari. »

Dans les grandes villes, du reste, toutes sortes d'attractions sollicitent le cœur : les théâtres et les concerts, une soirée dansante chez M"° X..., une partie de cartes chez M Z.., etc., etc. Ces distractions, si goûtées des jeunes gens, n'cffrent pourtant aux hommes d’un âge mûr qu'un intérêt médiocre.

Ils veulent mieux que ça.

Il leur faut les réunions joyeuses avec les amis, la partie de billard, les nouvelles de la ville, les on-dit de la politique, le cigare, et, surtout, les rafraîchissements à volonté.

Or, le club leur offre tout cela.

Aussi, pendant que Madame avec ses filles va à ja comédie, Monsieur, heureux comme un commis de banque en congé, court au club s'amuser avec ses amis.

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