ATTITUDE DES FUTURES PARTIES BELLIGÉRANTES
Avant le mariage, durant le temps de la fréquentation, le jeune houime surveillait son humeur avec soin et ne montrait que les qualités du caractère les plus aimables et les plus conciliantes. Plein de déférence pour sa fiancée, il s’appliquait en toute occasion à prévenir ses moindres désirs. D'une douceur inaltérable, :l se rangeait sans peine à son avis : jamais entre eux la plus légère divergence d'opinion, toujours l'accord le plus parfait.
Mais cela se passait au temps de la fréquentation et des espérances.
Aujourd’hui qu'il est marié, pourquoi tant se contraindre et se mettre à la gène? A quoi bon continuer une surveillance si fatigante? Ne peut-il pas reprendre enfin ses allures naturelles et naviguer désormais sous ses vraies couleurs? on cœur au fond, mais tempérament un peu vif, supportant mal la contradiction, prompt à la réplique, impétueux, s'emportant vite et disant alors des paroles brusques et peu considérées, mais les oubliant presque aussi.
tôt et ne sachant point garder rancune : voilà ce
qu'il est et voilà ce qu’il se montre à la maison.
Avec un peu de patience et de charité, la jeune femme pourrait facilement calmer ces impétuosités d'humeur. En se pliant de bonne grâce aux fantaisies changeantes de son mari, elle maintiendrait la paix et la bonne entente dans le ménage. Pour cela, il faudrait deux choses : de la douceur et de la générosité chrétienne. Malheureusement, ces vertus lui font défaut.
À l'encontre des affirmations de la mère, cette jeune mariée est loin d’être un assemblage de toutes lés perfections désirables.
Impétueuse de caractère, elle ne sait ni retenir sa langue ni réprimer son humeur. Très attachée à ses idées, elle ne veut jamais céder à propos. Très susceptible, elle est prompte à s'emporter, et, défaut plus grave encore, quand on a froissé son amour-propre, elle s’en souvient longtemps et cherche l'occasion de se venger. Or cette jeune femme qui, avant le mariage, se montrait douce comme un ange, toujours obligeante pour son fiancé, toujours anxieuse d'éviter ce qui aurait pu froisser ses sentiments, cesse, elle aussi, après le mariage, de surveiller son tempérament. A l’exemple du mari, elle abandonne la direction de la vie à l'humeur du moïent.
Ainsi, après quelques mois à peine de vie commune, les deux époux, armés én guerré, sont prêts à engager la luite. Les Premières escarmouches ne
se feront guère âttendre.
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