‹ Misères humaines [microforme]Chapitre 81 sur 201 · FIN DE LA FRÉQUENTATION. ABANDON OÙ MAR'AGE · texte numérisé non relu

FIN DE LA FRÉQUENTATION. ABANDON OÙ MAR'AGE

Savez-vous ce qui arrivera? Je vais vous le dire.

Lentement mais sûrement, le démon affaiblira les bonnes résolutions qui, j'en conviens, sont maintenant dans le cœur de ces jeunes gens; peu à peu, il les rendra plus hardis, il les entraînera sur la pente glissante des concessions qui mènent au remords et parfois même à une catastrophe irrémédiable.

Vous vous récriez d’indignation, Madame; ces paroles vous offensent... D'autres femmes se sont in-

lui.

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dignées comme vous; comme vous aussi, elles ont protesté de la vertu de leurs filles, de la confiance entière qu'elles avaient en elles... et pourtant.

Mais, je vous l'accorde, votre jeune fille évitera le déshonneur suprême; cependant voulez-vous savoir comment finira cette fréquentation?

Neuf fois sur dix, quand le jeune homme songera sérieusement à se marier, laissant votre fille à sa triste destinée, il £ on ira chercher ailleurs une jeune personne pieuse, modeste et réservée. et après quelques semaines de fréquentation, il la conduira à l'autel.

Alors, de concert avec votre {ill , vous vous lamenterez, vous pleurerez, vos parlerez de mauvaise foi, de parjure, de trahison infâme, etc.

Qui donc a trahi en cette affaire, Madame ?

Qui devait protéger cette jeune fille sans expérience de la vie et l’avertir du danger?

Qui devait arrêter <ette fréquentation et forcer ce jeune homme à s'expliquer plus tôt?

Interrogez votre conscience et entendez sa réponse.

Maintenant le mal est fait. Votre jeune fille, abattue par le coup fatal, après avoir sacrifié à cette folle liaison ses chances d'avenir, après a ‘‘r vu, 'at-être, périr l'une après l’autre toutes k. sertus de son âme, demeurera sur le chemin de la vie comme une fleur flétrie, sans beauté, sans parfuin, et que personne ne songe plus à eucilir.

La conduite de ce jeune home vous semble bien étrange. Vous ne pouvez vous expliquer pourquoi, lui qui paraissait tant aimer votre fille, l’a ahan-

donnée au moment même où le mariage devait tout conclure!

Je vous donnerai le mot de ce mystère douloureux. Il sera dur pour vous de l'entendre, mais en vous faisant comprendre votre imprudence, il vous aidera à faire votre mea culpa.

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