ACTE PREMIER
ROBERT, jetant un conp d*œil à la dérobée sur la cigarette d'Odette.
Merci; je ne fume pas.
GEORGES
Dis «plus», car autrefois... Et depuis quand cette petite conversion ?
ODETTE, avec intention.
Depuis peu, peut-être. Mais, alors, la fumée vous gêne sans doute?
Elle jette aa cigarette.
ROBERT, retenant le bras de Georges qoi ya jeter son cigare dans la cheminée.
Nullement, au contraire.
ODETTE, souriant.
Peut-être... celle de la cigarette, seulement?
Oh l Madame !
GEORGES
Tu ne connais pas ma femme, mon cher ; mais, tu verras, elle est très curieuse.
ODETTE
Merci!... Le mot est charmant!
GEORGES, ironiquement.
Vous pouvez me remercier : (Regardant Gaston) il parait que c'est ma faute! (a Robert.) Mais vous ferez mieux connaissance au Bois, où nous allons f emmener. Tu es libre, n'est-ce pas? (▲ Odette.) Ma chère, allez mettre un chapeau.
ODETTE
11 faut d'abord que je mène monsieur chez Bébé : Bébé ne me pardonnerait pas...
Elle remonte lentement, Georges prend ta canne dana un coin et ton chapeau tar une console.
ROBERT, remarquant un crêpe de demi-deuil au chapeau de Oeorget, vivement.
Tu es en deuil?
GEORGES, un peu embarrassé.
Oui, en demi-deuil, tu vois.
GASTON, le lorgnon dans Toeil, en regardant la traîne d'Odette.
Tu pourrais même dire en quart.
ROBERT, avec intérêt.
Mais, qui as-tu perdu?
ODETTE, retournant la tète.
Oh! Monsieur, un oncle éloigné.
GASTON
D'ailleurs, il y a trois semaines de cela. Ainsi...
GEORGES, d'un ton de reproche.
Vraiment, Odette!...
ODETTE, s'arrètant et se retournant.
Eh bien! qu'ai-je dit? Est-ce que* votre oncle n'habitait pas Nimes? Vous êtes aujourd'hui d'une humeur, mon ami!... Si vous voulez que je prenne un deuil sévère, dites-le! Je l'ai pris d'abord; vous m'avez trouvée laide : au bout d'une semaine je l'ai quitté,... et ne compte pas le reprendre tant que vous serez de ce monde! Mais vous êtes toujours ingrat... Venez-vous, . Monsieur ?
Elle sort avec Robert. — Georges suit avec Gaston, puis il redescend.