ACTE DEUXIÈME 3i
prendre des choses aussi simples... Tenez ! à propos de sauvages, vous vous rappelez ce jeune d'Aigueville que sa famille avait engagé comme mousse ? L'autre jour il me contait qu'à sa dernière traversée, il avait revu une petite lie du Pacifique dont il avait fait connaissance à son premier voyage, quinze ans auparavant. Jolie connaissance, ma foi! Ces insulaires gloutons mangeaient leurs prisonniers... avec les doigts. Eh bien, maintenant... Vous me suivez, n'est-ce pas?
ROBEBT, distrait.
Parfaitement. Ils ne les mangent plus?
GASTON
Que si, toujours!... mais avec des fourchettes.
ROBERT, toujours distrait.
Ah!
GASTON
Oui. N'est-ce pas un progrès?
ROBERT
Ah çà! pourquoi me parlez-vous de ces animaux-là?
GASTON
Voici. Le mariage est toujours le mariage, — et c'est pourquoi je suis encore garçon; —mais l'industrie moderne en a bien perfectionné l'outillage, mon cher,— et c'est pourquoi madame de Trye vous étonne. *
Bien. Mais puisque vous êtes en goût d'apologues, éclairez donc un peu votre lanterne.;
GASTON
Vous voulez plus ample explication?
ROBERT
OuL
GASTON
Eh bien, vous saurez, mon cher... Mais... vous permettez que je donne un ordre? (n sonne.) Et d'abord, cette promenade m'a creusé... Un verre de xérès et un biscuit, voulez- vous? Oh! pardon!... ce devrait être là, mais j'ai un domestique nouveau...