ACTE PREMIER
GASTON
D'orthographe!... J'avais six ans : on m'appelait déjà Toto... Mais je vois comme Georges, et sans le même déplaisir, que vous êtes au courant de toutes choses...
ODETTE
Hé! ne faut-il pas que nous connaissions le camp ennemi?
GASTON
Pour y voler des armes)
GEORGES
Tu l'as dit, tout simplement.
ODETTE, 8*aiiimant.
Quand cela serait?... Si les honnêtes femmes se lassent enfin de la défaite, si elles empruntent au vainqueur son atmement et sa tactique, où est le grand mal? Ce n'est pas avec des fusils à pierre qu'on prend des revanches dans ce siècle-ci, n'est-ce pas?
Georges hausse les épaules et ouvre la Vie parisienne ^ quMl parcourt d^un œil distrait en donnant de temps à liutre des signes d^impatience.
Bravo!
ODETTE
Le règne de ces demoiselles va finir, mon cher, vous pouvez le leur dire de ma part...
GASTON
Merci! allez-y vous-même.
ODETTE
Hé! je ne craindrais pas de le faire à l'occasion.
GEORGES
Oh!
GASTON
Ah! par exemple! je serais curieux de voir cela. . Mais quelle bravoure, malepeste !... Miss Fanfare, alors? Fanfare for ever ?...
ODETTE
Parfaitement! Si mon pauvre père m'avait ainsi nommée, au grand désespoir de ma gouvernante, miss Dabbs, et pour la grande joie de ses camarades du régiment, c'est qu'il savait m'avoir transmis deux vertus* qui étaient siennes.
Oh!... lesquelles?
ODETTE
La bravoure, — et la gaitél
GASTON
Oui!... Et de « fanfare » est venu « fanfaron ! »
ODETTE
Croyez-vous?
GàSTON.
J'en suis sûr. Je voudrais vous voir à l'épreuve! Mais, tout de bon, savez-vous que vous trouveriez à qui parler; — surtout si vous vous adressiez...
ODETTE
A mademoiselle Berthe? Une oie, hein?...
GASTON
Pas du tout !
GEORGES
Odette, encore une fois!...
ODETTE
Laissez parler Gaston!... Il suffit, je pense, à défendre cette demoiselle !