XIV PRÉFACE
spécimens depuis el-'EIa jusqu’à Teima et à l’ouest de Tebouk, se rapportent à 1 écriture lihyanite. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les planches de ce volume pour constater la parenté. Le tamoudéen dérive directement du lihyanite. Il serait peut-être aussi exact de dire : le tamoudéen, en général, représente le lihyanite écrit d’une façon cursive. Tels graffites rangés sous la rubrique « tamoudéen » pourraient tout aussi bien figurer sous l’enseigne « lihyanite » (1).
Si les Lihyanites ne sont qu’une branche de la grande famille tamoudéenne, on comprendra aisément que pour Mahomet et ses compagnons, venus de Médine, à trois cents kilomètres plus au sud, le nom générique de Tamoud ait prévalu. La destruction de Heger et celle de Hereibeh leur aura apparu sous le même angle visuel, et pour le même motif. Et la tradition, consignée dans le Qoran, a fait foi jusqu’à nos jours.
Ces conclusions paraissent résulter des documents publiés dans ce volume II de notre « Mission archéologique ». Des découvertes ultérieures permettront sans doute de porter la lumière sur nombre de points encore obscurs de l’histoire de l’Arabie.
Le nombre considérable de planches hors texte a nécessité pour 1 illustration de ce volume un arrangement un peu différent de celui du tome I. On n a conservé dans le texte que les plans et les dessins au trait; toutes les photographies, les cartes et les fac-similés des inscriptions ont été mis en planches et forment un album de planches qui accompagne le volume de texte.
On a donné une photographie de tous les estampages des inscriptions importantes et aussi d’un certain nombre de grafhtes lihyanites. Un fac-similé a été joint à la photographie, chaque fois que celle-ci n était pas absolument claire ou que quelques lettres détériorées pou\ aient présenter une difficulté de lecture. Généralement les graffites nabatéens, tamoudéens et grecs ont été simplement copiés. La grande majorité des graffites minéens et lihyanites de Hereibeh ont été estampés.
(1) Le lihyanite dérive des caractères minéens : par cette constatation, on voit que les Arabes de ces régions, n ayant rien inventé, ont reçu l’écriture des Arabes plus civilisés du Sud. Mais ils se sont aussi laissé influoncer par les Nabatéens, dont ils ont utilisé les caractères dans l’inscription de K a 'a bu et d’Imru’l-Qaïs, à en-Nemàrah; c’est même de l’alphabet nabatéen et non point des alphabets de 1 arabe du Sud que dérivera l’écriture coufique.
PRÉFACE
La numérotation de tous ces textes fait suite à celle du volume I.
De nombreuses difficultés d’impression et de reproductions, jointes à notre éloignement, ont fait traîner en longueur la publication de ce volume dont le manuscrit était envoyé à Paris au mois de février 1912.
Nous avons dit en tête du premier volume ce que nous devions à la Société Française des Fouilles Archéologiques et à son illustre Président, M. E. Babelon. Nous ne leur sommes pas moins redevables pour le présent volume et nous les prions d’agréer encore une fois nos sincères remerciements.
Nous sommes heureux d’exprimer aussi notre profonde gratitude à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres qui avait bien voulu se joindre à la Société Française des Fouilles Archéologiques pour nous confier une seconde Mission en Arabie et qui a prêté généreusement son concours pour publier les résultats de cette Mission.
Nos remerciements vont encore à tous les savants et amis qui nous ont aidés d’une manière ou d’une autre dans nos études et dans nos voyages. Qu’il nous soit permis de témoigner tout spécialement notre reconnaissance au T. R. P. Lagrange, Directeur de l’Ecole Biblique, qui a bien voulu vérifier la lecture et la traduction de nos inscriptions.
Les ouvrages le plus souvent cités sont à peu près les mêmes que ceux qu’on a indiqués dans la préface du volume I. On y ajoutera les suivants :
Ibn Qut. = Irn Qutaybah, Kitâb al-ma'arif édit. P. Wüstenfeld,
MM. = J. H. Mordtmann und D. H. Müller, Sabâische Denkmaler, Vienne, 1883.
Tabari, Annales, édit, de Goeje, 1879-1881.
Z A. = Zeitschrift fur Assyriologie.
Les sigles de transcription pour l’arabe sont les mêmes que pour le premier volume.