‹ Mission de PhénicieChapitre 64 sur 127 · or AE | N ox · texte numérisé non relu

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ment, quoiqu'il y ait probabilité d'y trouver quelque chose, dans le cas où l’éboulement aurait eu lieu avant l’époque de la violation et de la destruction des sépultures ; il nous faudrait trop de temps et de dépense. Au nord de ce point, nous avions attaqué l'extrémité ouest d’un couloir qui part de l'entrée du caveau xwr. Nous avions reconnu là une paroi de roc à pic, percée d’un trou pratiqué accidentellement, et nous pensions arriver par là à un nouveau caveau. Après avoir enlevé par ce trou une grande quantité de sable et de pierres, une partie de la paroi de rocher s’éboula et nous empécha de continuer; il nous fallut abandonner ce point.

« À l'atelier situé au sud-ouest, caveau xv, nous avons enlevé une énorme quantité de terre et nous reconnaissons une vaste chambre, à laquelle on arrivait par deux puits rectangulaires, dont l'un, le premier découvert, offre la direction générale du puits des caveaux phéniciens, de l’est à l’ouest; l’autre, placé à peu de distance, forme un angle droit avec le premier. Toute la partie qui les sépare el presque toute la voûte se sont écroulées; aussi nous devons travailler au milieu d'énormes blocs de rocher enterrés dans une grande masse de terre sablonneuse. Cette cavité parait avoir été lormée par plusieurs chambres, dont l'aspect rappelle tout à fait le caveau où ont été trouvés les deux sarcophages en marbre, à tête, présentant les cheveux relevés en couronne, dans la section ouest de la nécropole. De plus, à un point où nous atteignons le sol du caveau, nous trouvons le bord d’une fosse rectangulaire de grande dimension. Je fais donc continuer à déblayer.

«À un atelier placé à l’ouest de l'entrée du caveau n1, nous ne rencontrons qu'une

grande fosse de 6 mètres environ, carrée, et de plus de 5 mètres de profondeur; elle est régulièrement taillée, mais ne nous présente encore aucune entrée. Nous avons le malheur d'y perdre un ouvrier, écrasé sous un éboulement de terre et de pierre.

«Nous commençons une tranchée à l'extrême angle nord du terrain; nous ne rencontrons encore qu'une grande quantité de pierres, qui ont dû servir à des constructions, le fond d’un sarcophage en mauvaise pierre blanche, et une meule de pressoir de la même pierre.

«14,15,10,17,19; 20, 21, 29, 23, 24 mai. — Toutes ces journées ont été consacrées à travailler sur deux points : le premier est le grand caveau xv, caveau fort intéressant, atteignant en quelques endroits 8 mètres au-dessous du sol, ne ressemblant à aucun de ceux que nous avons rencontrés Jusqu'à présent. C’est une sorte de catacombe, qui paraît fort ancienne, un assemblage de chambres groupées autour d’une ouverture rectangulaire, comme celle des caveaux phéniciens, mais dirigée en sens opposé, c'est-à-dire nord-sud au lieu de l'être est-ouest. Il n'y a pas de niches. Le plafond de toutes ces chambres, contiguës les unes aux autres, s’est éboulé à une époque assez reculée, et ce n’est qu'avec beaucoup de difficultés et beaucoup de travail que nous pouvons, à l'aide de la mine, débarrasser, des masses qui l’encombrent, la vaste excavation qui résulte de ceteffondrement; cependant je erois qu'il ne faut point l'abandonner, car si, comme tout me porte à le croire, la voûte s’est écroulée à une époque antérieure aux violations, nous avons chance d'arriver à quelque chose d'important. La première chambre dans laquelle nous découvrons le fond se trouve à une profondeur de 6,50 au-dessous du sol. Deux fosses, arrondies vers la tête, y sont très-grossièrement et très-irrégulièrement creusées, dans le sens du caveau, la tête au nord. les pieds au sud. Nous trouvons, dans chacune d'elles, un miroir circulaire en cuivre, et dans celle de l’ouest (fosse b, chambre 1), nous rencontrons, mêlés au sable qui la remplissait, les objets suivants : 1° une larme en verre blanc; 2° un grain de coller

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en verre bleu: 3° une pièce de monnaie en cuivre, très-épaisse, mais indéchiffrable; ( F Ë

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un petit disque en cuivre, percé d'un trou qui a dû servir à le suspendre; 5° douze

A "a - 5 sie statuettes en faïence bleue d'Égypte, très-altérée et très-friable, de 15 à 30 millimètres de hauteur, représentant des divinités égyptiennes; 6° quatre petits animaux, de la même matière, couchés dans l'attitude du sphinx, plus ou moins fantastiques, de 10 millimètres de hauteur sur 12 de longueur; 7° un scarabée: 8° un petit ornement (phallus?) : ces derniers objets sont percés de trous et devaient former un collier; o he à An LUS hevalière ; o iEvac ' for rds-élév: 9° une bague en fer, forme chevalière; 10° un pet vase, d'une 1orme très-élégante,

dont l'embouchure seule est un peu brisée. Mais ce qui est le plus intéressant, c’est

une portion de mâchoire supérieure de femme, présentant les deux canines et les quatre

incisives réuniés par un fil d'or; deux de ces incisives paraissent avoir appartenu à un autre sujet et avoir été placées là pour remplacer celles qui manquaient.

« Cette pièce, trouvée dans un des caveaux les plus anciens, prouve que l’art du denüste était assez avancé à Sidon:; elle prouve aussi que le scorbut de terre, si commun aujourd'hui à Saïda, existait déjà autrefois.

«À l'ouest de cette chambre s’en trouve une autre, séparée seulement de la première par une saillie qui a été brisée, et qui résultait probablement d’une cloison qui aura été détruite. Cette chambre, dont le sol est plus élevé que le sol dé là première, présente aussi deux fosses parallèles à celles de la chambre 1 : la fosse d renfermait un miroir en cuivre, ainsi que quatre clous, dont deux grands et deux petits, en cuivre. La fosse e ne renfermait rien, pas même des débris d’ossements; il parait qu'elle n'avait point encore servi. Dans ces fosses, qui n'étaient point recouvertes de dalles et dans lesquelles le cadavre était véritablement enterré dans le sable, nous ne trouvâmes aucun débris qui pût nous faire croire que le corps était renfermé dans une bière.

«Au sud de ces quatre fosses, le sol plus élevé, presque au niveau de celui dans lequel sont creusées les fosses ce, d, était comme tout le reste du caveau, recouvert d’une énorme quantité de terre et de gros blocs de pierre, probablement débris de la voûte écroulée ; nous sommes obligés de les mettre en morceaux, au moyen de la mine, pour arriver au roc. Là nous trouvons, dans la couche de sable qui le recouvre, des ossements qui paraissent avoir appartenu à plusieurs cadavres; nous y rencontrâmes aussi un stylet en cuivre, déux miroirs en cuivre, un pelit pendant d'oreille en or et un vase en lerre cuite ayant deux anses près du col, et ressemblant beaucoup aux vases qui sont encore aujourd’hui employés à contenir de l’eau. Nous trouvâmes aussi dans la terre, à plus de 1 mètre au-dessous du sol, une lampe d'une forme particulière, à bec plus allongé, et présentant, autour du trou à huile, deux amours tenant une guir-

> lande très-frustes, mais cependant mieux travaillés que les figures qui ornent les autres lampes. Cette lampe est-elle iei à sa place, ou plutôt n'est-elle ici qu'accidentellement? Nous l'ignorons.

«Le second point où nous avons travaillé activement est la région à l'est des quatre Caveaux xxXI—, XXII, XXIV, XXY, formant ce que nous appelions, l’année dernière, la grande catacombe. -

«Trois tranchées ont été pratiquées là, perpendiculairement à celles que nous avons ouvertes à l’est des caveaux xvur et x1. Dans les deux dernières, vers l’est, nous ne rencontrons que le roc; dans celle qui longe la limite est de la grande catacombe, nous trouvons au niveau du caveau xxiv, deux bassins carrés , placés tous deux sur la même ligne nord-sud. Le premier de ces bassins n’a pas plus de 37 centimètres de profondeur au-dessous du sol, sur 3",7/ et A%,45 de côté; il est pavé d’une mosaique de petits cubes blancs, assez régulière. Il est séparé du second, dont le sol est plus bas de 10 centimètres, par un mur de pierres, percé, au milieu, d’un trou de 8 centimétres de diamètre, par lequel le liquide placé à sa surface pouvait s'écouler et

gagner un puits de 2",20 de diamètre, placé au centre du bassin sud. Ce puits a 1,68 de profondeur, et présente au fond deux autres cavités concentriques, cylindriques comme lui, lune de 87 centimètres de diamètre sur 32 centimètres de profondeur; l'autre à 28 centimètres de diamètre sur’ 15 centimètres de profondeur. Sur les parois de ce puils, qui, comme celles des deux bassins, étaient recouvertes d’une couche de ciment encore intacte, se trouvent deux entailles qui servaient à y descendre. [ était rempli, quand on le découvrit, de débris de mosaïques.

«+ Ge système de bassins ne pouvait servir qu'à la fabrication du vin, car la mosaïque formant le plan sur lequel devait être pressée la matière destinée à produire le suc que devait recevoir le puits, la mosaïque, dis-je, n'aurait pu supporter l'effort et le poids de la masse nécessaire à l'extraction de l'huile des olives. C'est un fait assez intéressant de retrouver ici, sur la lisière de la nécropole d'une grande ville, la même association de tombeaux et de pressoirs que nous retrouvons dans les campagnes du Beled Bescharra. La présence de cet établissement, celle des gros blocs en auge, débris de sarcophages, celle de la meule, et enfin l’abaissement du rocher qui descend en falaise abrupte vers le nord-est, sous une épaisse couche de 3 ou À mètres de terre végélale, d'un aspect tout différent de celle qui recouvre le sol de la nécropole; toutes ces circonstances me font croire que nous sommes arrivés ici à la fin de la nécropole du côté de la montagne.

+ Au sud du bassin à puits circulaire, nous trouvons une vaste fosse rectangulaire creusée très-régulièrement dans le roc et séparée du bassin par un mur de 73 centimètres de largeur, duquel il ne reste plus que deux assises. À la paroi nord de cette grande cavité, ainsi qu'à l'ouest, existent des banquettes taillées régulièrement. À l'est de la seconde chambre du caveau x, en donnant la dernière main à une ancienne tranchée. nous rencontrons une espèce de bassin presque quadrangulaire , bien taillé dans le roc. Dans la terre qui le remplissait, nous découvrons un fer de flèche, en cuivre.

bien conservé. C'est la seule arme que nous ayons trouvée jusqu'à présent.

«26, 27, 28, 29, 30, 31 mai. — Pendant ces six jours, les travaux ont continué sur les mêmes points que la semaine dernière.

«Nous continuons à déblayer le pressoir ainsi que la orande fosse taillée dans le roc

qui l'avoisine el y fait suite. Nous reconnaissons que cette fosse était, ou une carrière plus régulièrement taillée que les autres, ou le commencement d'un travail dont il serait impossible de reconnaître la destination. Nous découvrons une autre mosaique ee og ; : ; 4e . J à l’est de la première, à environ 10 mètres sur la limite du terrain: partout ailleurs.

aux ateliers du nord-est, nous ne trouvons que le roc; nous les abandonnons.

«Au grand caveau xv, nous continuons à enlever, avec trois ateliers doubles, la terre qui remplit la chambre 3. Le sol, mis à nu, nous montre une fosse e à l'angle sud-est Nous recueillons dans cette fosse, qui était remplie de sable : 1° un miroir en cuivre;

5° neuf clous en cuivre, dont trois ont 22 centimètres de long, trois autres ont de 15

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à 16 centimètres, et enfin les trois derniers ont seulement 11 centimètres: ces clous étaient placés aux angles. À l’ouest de cette fosse s'étend une autre cavité carrée, peu profonde, que je regarderai comme une sorte de fosse commune, sur le sol de laquelle étaient déposés les cadavres recouverts seulement d’une faible couche de sable, Nous trouvons dans ce sable, et dans. la terre qui le recouvrait, parmi une grande quantité de débris d'ossements, les petits objets suivants, plus ou moins bien conservés : 1° plusieurs petits vases à parfum, en albâtre; 2° deux fragments d’un petit vase rond, en ivoire; 3° une boite cylindrique, terre noire vernissée, liséré et chacal peints en rouge, sur le couvercle; {° un autre vase à pied, sans couvercle, même matière, en très-mauvais état; 5° une paire de pendants d'oreille en argent, une autre plus petite, un anneau et un bouton en argent, aussi très-oxydés; 6° un petit talisman triangulaire en agale rouge; 7° un pelit pendant d'oreille en or; 8 plusieurs petites pièces de monnaie en cuivre, très-mal conservées; 9° des fragments de verre, des larmes et des grains de la même matière; 10° une petite cuiller en cuivre; 11° un petit bracelet en cuivre et divers fragments du même métal: 19° enfin trois statuettes en terre cuite. La première, presque intacte, parait être un Typhon; l'un des bras porte un bouclier, l'autre bras manque. La seconde, presque intacte aussi, représente une femme, et est moins bien conservée. La troisième, brisée en plusieurs fragments, représente une femme coillée d'une sorte de béret, duquel s'échappent des tresses de cheveux.

«Le 31 mai, en enlevant le reste de la terre qui recouvrail la partie sud de la fosse commune f, nous reconnaissons une ouverture pratiquée par effraction dans la paroi sud de la chambre 3, et nous entrons dans une petite chambre d’abord, puis dans un immense caveau de 10 mètres de long , dont la porte, taillée en plein cintre, est à l'extrémité opposée de celle par laquelle nous sommes entrés. La partie de ce caveau par où nous y entrons est une petite chambre carrée de 2",60 de côté; le roc qui forme le sol est recouvert d'une couche de 30 centimètres de sable, mélé d’ossements bouleversés; nous y trouvons trois monnaies qui paraissent romaines. Le caveau, qui à environ 3 mètres de largeur sur 10 de longueur (caveau xvr), paraît n’avoir point été achevé; sa paroi nord-ouest n'offre que deux fours près de la porte d'entrée; la paroi sud-est en a cinq; ils élaient fermés par des murs de grosses pierres et ont tous été bouleversés. Dans un d'eux, nous rencontrons, avec des débris d’ossements et de poterie brisée, plusieurs fragments de barres de fer, d'un diamètre de plus de 6 centimètres, sur 20 ou 30 de longueur. Parmi les pierres qui recouvrent le sol du caveau, nous trouvons aussi un gros cippe en forme de colonne tronquée, reposant sur un cube; il a environ 60 centimètres de haut et ne porte aucune inscription, aucun ornement. Ge caveau, dont les fosses sont très-larges, très-profondes, très-bien taillées, paraît être d’une époque très-postérieure à celle du caveau xv: l'ouverture par laquelle nous y sommes entrés a probablement été pratiquée par ceux qui ont violé le caveau xvr, ou peut-être même par ceux qui l'ont creusé; les uns ou les autres, reconnaissant par le choc des outils une cloison peu épaisse, l’auront brisée, mais

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n'auront pu aller plus loin, arrêtés par l'énorme masse de terre qui encombrait le caveau déjà effondré.

«Deux faits résultent pour moi de l'examen de ce que nous avons déjà étudié de ce caveau : le premier est le mélange d'objets paraissant grecs d'origine avec des objets importés d'Égypte. L'existence d'objets grecs ne prouve nullement qu'un tombeau soit grec, quand il ny a pas d'autres preuves plus évidentes. Les Phéniciens, qui voyageaient partout, pouvaient rapporter des îles grecques des ustensiles, des objets de toilette, des objets de culte, tout aussi bien qu'ils en rapportaient d'Égypte. Le second fait qui, je crois, n'est pas sans importance, c’est l'existence d’un assez bon nombre de cadavres déposés sur le roc, sans bière et sans fosse, et de quelques autres placés dans des fosses remplies de sable, sans dalles, ou placés sur le roc, recouvert d'une couche de sable, dans une des nombreuses niches que nous avons trouvées et où ln a aucun débris de sarcophages. Cela me semble être le mode ordinaire de sépulture des Phéniciens. L'usage des sarcophages pourrait bien ne pas être fort ancien, et je serais tenté de croire qu'Eschmounazar à été le premier qui se soit permis ce luxe; les autres sarcophages à tête ne seraient que des imitations de celui d'Eschmounazar, faites

dans le pays, et par conséquent empreintes du type oriental mélé à celui de l'Egypte.

C0, 3, LPO 0 Mi, 19,43; 14 juin. — Deux ouvriers et huit femmes continuent pendant ces deux semaines à enlever la terre qui remplit le grand caveau xv. Nous reconnaissons trois nouvelles chambres placées à côté des premières, que nous avons vidées. On peut aujourd'hui comprendre assez bien la disposition de ce caveau. Il est formé par une réunion de petites chambres placées sur trois lignes parallèles séparées seulement par des cloisons peu élevées ou par des murs composés de grosses pierres”. Quelques-unes sont marquées seulement par une dépression du sol de quelques centimètres de profondeur sur environ 3 mètres carrés. Sur le sol de ces dernières. étaient étendus sur le roc, et recouverts d’une légère couche de sable, les cadavres dont nous retrouvons les débris. C'étaient des espèces de fosses communes, moins élevées que les chambres dans le sol desquelles étaient creusées des fosses. Sur le sol des deux nouvelles chambres que nous trouvons, nous rencontrons un miroir en cuivre, quelques clous, une tête en terre cuite, peinte en rouge, et coiffée d’une espèce de chapeau; un bras portant un disque; une petite tasse en terre cuite d'assez mauvaise qualité; dans la terre, à peu de profondeur au-dessous de la surface du sol extérieur, une petite monnaie romaine.

«Un mur formé à sa base par le rocher et terminé par de grosses pierres fermait à

l'ouest les trois chambres 1, 2 et 3; un mur semblable bornait à l'ouest les deux

1 Dans une lettre du 16 juin 1862 M. Gail- dessus des autres, séparés par de minces cloisons, lardot s'exprimait ainsi sur le même sujet : «Nous ou plutôt par des rebords taillés dans le roc, et foravons déjà cinq chambres, si l'on peut appeler ainsi mant des espaces sur lesquels les morts étaient placés

des espaces carrés plus ou moins élevés les uns au- - sans fosses ni bières.» — E. R.

chambres À et 5. Des inégalités transversales, régulièrement placées le long des parois du caveau, me portent à croire que plusieurs de ces chambres étaient doubles, je veux dire formées par deux caveaux superposés. Des deux ouvertures rectangulaires voisines, l’une conduisait en bas, l'autre conduisait en haut; peut-être est-ce en creusant la chambre supérieure que, pour avoir trop aminci le sol, on a causé l'effondrement,

10,17, 18, 20, 91, 23, 24, 95, 96, 97, 28 juin. — Un petit nombre d'ouvriers continuent à déblayer le grand caveau. Nous avançons vers le nord-est, et nous trouvons, au-dessus de la plate-forme 5 , une autre plate-forme 6, un peu plus élevée que la précédente. Trois fosses y sont creusées dans le roc; elles sont grossières et irrépulièrement taillées. Dans la fosse g, nous rencontrons d'abord un lit de pierres assez grosses placées sur une couche de sable. Près du roc, nous découvrons une assez grande quantité d’ossements, qui paraissent avoir appartenu à des femmes et à des en. fants. Nous y trouvons les objets suivants : 1° une petite bague en or, chaton présentant les vestiges très-effacés d’un animal, près de la tête duquel était une palme; »° un fragment de bague en fer de grande dimension; 3° des clous et des fragments de fer très-oxydé, dont nous n'avons pu reconnaître ni la forme ni l'usage; 4° quelques fragments très-petits de vases de verre de diverses couleurs; 5° un miroir en cuivre: 6° un stylet en argent très-altéré. Dans les deux autres fosses À et J; nous n’avons trouvé que des pierres ; pas d’ossements; elles paraissaient n'avoir point servi.

+ Vers l’ouest et le nord, le caveau n’est point fini; mais il y a une telle quantité de terre et de gros blocs de pierre que, malgré l'intérêt qu'il y'aurait à connaître toute l'étendue de cette espèce de cimetière souterrain, nous l’abandonnons; d’ailleurs les chaleurs sont trop fortes, et il est presque impossible de travailler à ciel ouvert.

«Pendant les mois de juillet, août, septembre et octobre, les travaux sont interrompus. Deux ouvriers seulement, et trois femmes de temps en temps, ont travaillé à déblayer complétement plusieurs caveaux, qui n'avaient été qu'imparfaitement étudiés. Il me restait à rechercher les petits objets qui pouvaient se rencontrer dans deux caveaux : l’un, en face de celui où l'an dernier nous avons trouvé les sarcophages; l’autre, du nombre de ceux où il y a des fosses largement taillées dans le roc, et dont le plancher est traversé par une banquette, en sorte que les pieds et la tête du mort pendaient dans une cavité. J'ai profité, au mois de juillet, de plusieurs jours de douleurs d'’estomac, qui m'empéchaient d'écrire et de dessiner, pour aller examiner ce dernier caveau. Îl est plus grand que les autres, du même type, et renferme trois fosses au lieu de deux. J'ai fait enlever, avec beaucoup de peine, les dalles qui recouvraient deux de ces fosses, el je n°y ai rien trouvé, quoique j'aie fait laver avec soin la couche d’argile dans laquelle étaient les ossements. À la surface du sol formé par les dalles, la terre sur laquelle reposait un cadavre renfermait un assez bon nombre de petits objets, entre autres un espèce d'anneau {rès-massif en argent, qui évidemment n'était pas

fait pour être porté au doigt. Au sommet tournait un scarabée, monté à jour, en agate rouge. La face plate porte quatre figures très-petites, dont trois paraissent représenter des têtes de guerriers coiflés du casque égyptien; la quatrième figure pouvait être une tête de femme voilée. Le tout est surmonté d’un globe reposant sur un croissant. C'était peut-être un sceau, ce qui serait d'autant plus extraordinaire que le cadavre était celui d’une femme; j'espère que ces pelits objets suffiront pour classer et déterminer l’époque à laquelle appartiennent ces intéressants caveaux. [ reste encore à ouvrir une fosse et à eribler un gros tas de terre qui la recouvre el qui renferme beaucoup de débris d'ossements.

+ En août, les ouvriers, en enlevant les terres de la grande catacombe effondrée (xv), trouvent un rocher qui sert probablement de plafond à un autre caveau, peut-être communiquant avec le premier; il y a plusieurs ouvertures de cheminées.

«Pendant le mois de septembre, nous ouvrons le caveau vu. (Voir ci-dessus, au > mai, p. 469, 47o, note.) Un autre jour, nous enlevons les restes de la porte en pierre blanche, servant de cloisons aux fours des caveaux, dont les premiers fragments avaient été trouvés sur le sol du caveau wir, et qui probablement, à l'origine, fut

placée au haut de l'escalier de ce caveau vin |.»

vaux de M. Gaillardot, et furent d'avis que plusieurs des caveaux décou-

En septembre 186», Waddington et de Vogüé visitèrent les tra-

verts dans cette campagne remontent à une époque assez reculée. En avril 1863, M. Gaillardot fit encore quelques fouilles, dont voie le journal :

«21, 29, 23, 24 avril 1863. — Détournés par des opérations plus importantes, nous avions, depuis 1860, toujours remis d’un jour à l'autre l'examen du caveau x, situé en face du xr, où nous avons trouvé, en 1861, les sarcophages à couvercles sculptés, au fond du même puits. Ge caveau parait plus ancien que le x1:1l a, comme lui, été violé, mais à une époque très-ancienne, lorsqu'on se contentait de dépouiller les morts sans briser leurs tombeaux. Il est très-prossièrement et très-irrégulièrement taillé; il était rempli d'une grande quantité de terre, débris du roc, et de grosses pierres, dont les unes, régulièrement taillées, ont dû servir à fermer l'entrée du caveau et à clore les fours, et dont les autres, en plus grand nombre el grossièrement taillées, ont été peut-être jetées là lorsqu'on a creusé le caveau xr. Les fours ne sont point réguliers. Dans le four « se trouvait un sarcophage carré en marbre blanc, à couvercle en dos d'âne?; son couvercle était jeté sur le sol du caveau avec le couvercle

1 Voir notre planche XLW. sarcophages complets de ce genre, à Saïda, plus un

2 De la forme de celui que nous avons rapporté autre, dont le couverele est cassé. — E. R. au Louvre. (Voir ci-dessus, p. 427.) Gela fait trois

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et [a caisse d’un autre sarcophage de même forme, qui, très-probablement, était dans la fosse b. Le sarcophage du four a était rempli d'eau, produit du suintement à travers le roc, très-spongieux, dans lequel est creusé le caveau. Nous avons retiré de cette eau du sable, des débris d’ossements, et n'y avons trouvé aucun objet manufacturé.

+ En déblayant le sol, nous reconnaissons, au milieu du caveau, une fosse de 1%,95 de profondeur sur 1,70 de largeur, et 2",91 de longueur, parallèle à la direction du caveau, en face de la porte. La partie nord de cette large fosse est occupée par un sarcophage en marbre blane, carré, et recouvert d’un couvercle en dos d'âne comme les deux autres sarcophages qui sont dans le même caveau. Il n'avait point encore été ouvert, et nous trouvâmes le squelette encore en place, la tête tournée vers l'est, par conséquent vers la porte du caveau. Il reposait sur une couche d'argile fendillée en plaques, offrant vers les extrémités une épaisseur de 5 centimètres, et, au centré, d'environ 2 centimètres. On dirait, par les traces marquées sur les parois de la caisse, que le cadavre a été placé dans une eau renfermant en suspension une assez grande proportion d'argile. Les parois de la caisse étaient couvertes d’un enduit brun, plus foncé à mesure qu'on se rapprochait du fond !. À la hauteur du cadavre, le marbre était à nu. Il y avait un peu de sable vers les pieds. Nous n'avons trouvé dans ce sable ni dans l'argile absolument rien que des ossements qui paraissent appartenir à un jeune homme de quinze à seize ans. La longueur totale de la jambe, de sa partie supérieure à la malléole, avait 73 centimètres, le fémur 41, le tibia 33.

« Une particularité assez remarquable, c'est que le couvercle du sarcophage est plus long et plus large que la caisse d'environ 7 centimètres.

«Dans la large place vacante, au sud du sarcophage, nous n'avons vu que du sable, débris du roc, quelques pierrés: et vers le fond, une couche d'environ 7 centimètres de marne blanchâtre.

+ Dans les fours autres que ceux où se trouvaient les sarcophages, nous n'avons rencontré qu'un peu de sable sur le roc, et, à l'entrée, des traces de clôture au moyen de pierres taillées. Ces fours sont très-irrégulièrement dessinés, tandis qu'au contraire ceux des sarcophages sont très-répuliers, plus hauts et plus larges. Il paraîtrait que ce caveau a été occupé à deux époques. Dans la première, les morts étaient placés sur le roc. recouvert d'une légère couche de sable, et les fours étaint fermés par des murs en pierres taillées; plus tard, ces fours furent ouverts, les parois de ceux qui furent des- Unés à recevoir des sarcophages furent régulièrement taillés et agrandis. »

1 Je demandai à M. Gaillardot si ce fait ne s'ex- 20 centimètres, il se serait déposé une quantité

pliquait pas suflisamment en supposant que le sarcophage se serait rempli chaque hiver d’une eau boueuse. II me répondit: « [1 me semble que, si l'eau dont on trouve les traces sur les parois intérieures du sarcophage était venue de l'extérieur, pendant la saison des pluies, en quantité suffisante pour amasser dans la caisse une couche haute de 15 à

plus considérable encore de ce liquide dans la fosse au fond de laquelle reposait le sarcophage, et nous y aurions trouvé, ou de la boue liquide, ou de la boue desséchée. Or, il ny avait dans la fosse que de la terre intacte et qui ne paraissait pas avoir été jamais mouillée.» —E,. R.

Voici l'énumération des caveaux de la région sud-est, déblayés et étu- O d

diés dans cette seconde campagne de fouilles.

Les caveaux marqués d’un astérisque ont élé découverts en 1861.

Numéros.

1. Caveau phénicien, dans un four duquel s'ouvre un couloir conduisant à un

puits à eau.

+” a x Pie : VE ne 1. Caveau situé en face du précédent, communiquant au n°11 par un escaller

taillé postérieurement.

#1. Grand caveau à escalier et à double four.

v. | Quatre -caveaux à puits rectangulaires et à grandes fosses à banquettes trans-

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