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Fxxv. |
deux sarcophages à têtes.
Quatre caveaux formant la grande catacombe.
XX VI. ressoir formé d une plate-forme en mosaique et d un reservoir cylindrique.
xxvir. Mosaïque à l'est du numéro précédent.
CAMPAGNE DE SIDON. 81 M. Gaillardot a résumé ainsi qu'il suit ses idées sur la classification
des caveaux de la nécropole de Saïda :
«Plus d'une centaine de caveaux ont été découverts et fouillés depuis une quinzaine d'années dans la grande nécropole de Sidon. Je crois qu'on peut les classer de la mamière suivante, en commençant par ceux qui sont les plus simples et qui m'ont paru les plus anciens !. Je signalerai d'abord les caractères communs qui les distinguent des caveaux plus modernes, c'est-à-dire des caveaux de l'époque grecque et de l’époque romane. Ces caractères communs sont : puits vertical, rectangulaire, creusé dans le roc; au fond de ce puits, sur un des petits côtés du rectangle, ou quelquefois sur tous les deux, la paroi est percée d'une porte carrée donnant accès dans le caveau?. (est la même disposition que celle que lon rencontre déjà dans les sépultures égyptiennes les plus anciennes, dans celles de l’ancien empire. Ces puits sont peu profonds en comparaison de ceux de l'Égypte, car le roc dans lequel ils sont creusés et qui est à fleur du sol n’a guère que neuf mètres d'épaisseur et repose sur une couche de sable imprégnée des eaux de la mer. Il est probable que, comme en Égypte, l'entrée de ces puits était couverte d'un édicule, d’une chapelle funéraire; mais l’état de dévastation de la nécropole, qui, depuis vingt siècles peut-être, est exploitée comme carrière, est tel, que nous n'avons jamais rencontré la moindre trace d’un monument quelconque élevé à la surface du sol.
x Première série. Puits verticaux, chambres de médiocre grandeur; pas de sarcophages ni de fours, ni de fosses : les cadavres étaient placés sur le sol. On en a des types dans les caveaux 11, XIV, XVI, xIX, XXII, XXIV, XXV, xxxv, et dans la partie sud-ouest du grand caveau xv. Îl est probable qu'autrefois un plus grand nombre de caveaux présentaient cette disposition, mais que postérieurement on y creusa des fosses et des fours, lorsque l'usage de ce mode de sépulture fut adopté.
+ Deuxième série. Puits un peu plus profonds que ceux de la première série; caveaux petits, taillés assez grossièrement; absence complète de fours et de sarcophages: dans chaque caveau deux où (une seule fois) trois grandes fosses occupant toute la surface du sol. Ces fosses sont larges et profondes, très-répulièrement taillées: en les creusant on à laissé dans le roc qui forme l’aire une banquette transversale, qui la coupe dans le sens de la largeur, en sorte que les cadavres, qui ne nous ont présenté aucune trace d'embaumement ni de cercueil, y reposaient sur une légère couche de sable, avec le bassin plus élevé que la tête et les pieds. Gette disposition doit avoir été prise à dessein; ar sur les dalles longues et épaisses qui fermaient les fosses nous avons retrouvé les débris d’autres cadavres placés aussi sur un lit de sable peu épais, coupé au niveau du
! M. Saltzmann, à qui M. Gaillardot a commu- villes de l'ile de Rhodes.—E. R. — ? «Cette porte niqué ses résultats, a été frappé de l'analogie qui était habituellement murée; elle ne s'ouvrait que existe entre nos tombeaux et ceux des anciennes pour les inhumations.»
bassin par un amas de gros galets, formant une saillie de 25 à 30 centimètres de
hauteur.
«Les parois des caveaux, celles des puits el des fosses paraissent avoir été badi-
geonnées d’une légère couche d'argile très-fine et de couleur noirâtre !.
- Les types de cette série sont les caveaux 1v, v, vr et wir, isolés des autres el groupés
sur un petit espace dans l'angle sud-est de
la nécropole. Quand nous les avons décou-
verts, ils étaient encore intacts et ne présentaient aucune trace de violation. Les puits
étaient entièrement remplis de terre. Ayant pris pour base de la classification des ca-
veaux leur plus ou moins grande simplicité,
rie. Cependant ils pourraient bien être plus
j'ai dû placer ceux-là dans la seconde sé-
anciens ou du même temps que ceux de la
première, car ils présentent un mode de sépulture tout particulier, mode qui ne se
retrouve plus dans les tombeaux évidemment plus récents. Peut-être ce mode avait-il
PNR TENT Fe à 1 & : Derbi © 2 7 déjà été abandonné à une epoque assez reculée, ou bien n était-il pratiqué que par des
étrangers ou par une classe particulière d'individus, auxquels on avait assigné un endroit
isolé, séparé des autres sépultures. De p
lus, les objets qui ont été trouvés dans les
fosses dont nous parlons, ou sur le sol, témoignent d'une haute antiquité, entre autres
une statuelte égyplienne el quelques autres pelits bijoux d'argent qui a aient subi une
complète oxydation. Dans une des fosses,
se trouvaient les fragments d'un vase grec
que M. de Vogüé regarde comme tout à fait archaïque.
« Troisième série. Puits rectangulaires; chambres un peu plus vastes que celles des
caveaux précédents, mais avec des fours pour recevoir les cadavres : le caveau xx est le
plus beau type de cette série, qui est la plus nombreuse. Pas encore de sarcophages.
« Quatrième série. Mèmes types que ceux de la série précédente : les personnages les
plus importants, peut-être les chefs de famulle, reposaient en des sarcophages placés
dans des fours ou enfouis dans des fosses creusées sous le sol de la chambre. Quel-
ques-uns étaient recouverts de sable.
« Cinquième série. Tombeau d'Eschmounazar. Ce tombeau est jusqu'à présent le seul
de son espèce qui ait été trouvé en Phénicie; 1l présente un mode de sépulture tout
différent des autres.
| «On pourrait croire que celle légère couche d'argile a été laissée sur les parois par les eaux des pluies d'hiver s’'infiltrant à travers le roc; mais cela me parait impossible pour les raisons suivantes : 1° on ne la retrouve point sur les murs des autres caveaux, dont la plupart sont situés à une profondeur moindre que ceux dont il est question ici; 2° la matière argileuse est déposée uniformément sur toutes les parties des caveaux et des fosses; il n°y en a pas sur le plafond, qui, cependant aurait dû en relenir une plus grande quantité, si l’eau était venue d’en haut; 3° l'eau ne
peut conserver aucune matière en suspension ; quand
elle filtre à travers une couche de roc de plusieurs mètres d'épaisseur, quelle que soit la porosité de ee roc et quelle que soit la ténuité des substances étrangères qu'elle contient. Les habitants du pays se servent quelquefois d’une plaque de 8 à 10 centimètres d'épaisseur, du grès calcaire qui forme le rocher de la nécropole, pour filtrer Veau à boire, qui, après l'avoir traversée, est pure et limpide. » — Mais il n’est peutêtre pas nécessaire de supposer que l'eau aurait filtré à travers le rocher; ce pouvait être un ruisseau bourbeux venant de l'orifice du caveau mal obstrué par
les terres. — E. R.
«Sixième séme. Je rapporterai à cette série tous les caveaux qui, par leur mode de construction, les ornements, les peintures, les incriptions qu'ils portent, appartiennent à des époques postérieures à celles des précédents. On y descend par des escaliers: les chambres sont vastes et percées de fours qui souvent ont abrité des sarcophages dont la date n’est pas douteuse. On trouve dans quelques localités, surtout à Amrit, des caveaux auxquels on descend par des escaliers, et qui cependant paraissent dater d'une époque bien antérieure à l’époque grecque; dans la nécropole de Sidon, au contraire, tous les caveaux où ce mode d'entrée existe portent des preuves irrécusables de leur peu d'ancienneté. Les caveaux nr, vis, xvrr, xxxv, xxxvIr, xxx VII, x11 sont revêtus d’un enduit formé de mortier et de fragments de poteries qui est caractéristique ; dans plusieurs de ces caveaux, l’enduit porte des peintures ou des fragments d'inscriptions sur ‘âge desquelles on ne peut avoir de doute, pas plus que sur celui du sarcophage qu'ils abritent. ,
+ Je résumerai donc ainsi la classification générale que j'ai cru pouvoir établir pour les ombeaux de la nécropole de Sidon. Cette classification ne peut porter que sur l'état actuel des caveaux et non sur ce qu'ils ont pu être autrefois. Il est possible que des caveaux de la deuxième et de la troisième série aient abrité des sarcophages qui, plus ard, en auraient été enlevés; cependant plusieurs d’entre eux, quand nous y sommes entrés, ne présentaient aucune trace de violation, el jai tout lieu de croire qu'ils n'ont
jamais contenu que des cadavres couchés sur le sol ou dans des fours. — Première série. Caveaux étroits, à puits rectangulaire : fosses larges et profondes, coupées au fond par une banquette transversale, recouverte par des dalles longues et épaisses. Type : caveau n° v. — JJeuxième série. Caveaux moins étroits, puits rectangulaire; ni fours ni fosses; les cadavres étaient placés sur le roc. Type : caveau x1v. — Troisième série. Caveaux plus vastes; fours abritant les cadavres; pas de sarcophages; puits rectangulaire. Type : caveau xnr. — Quatrième série. Même forme que les précédents; sarcophages travaillés dans le pays avec des marbres apportés du dehors. Types : caveaux x et x11. — Cinquième série. Tombeau d’Eschmounazar. Plus de puits; plus de caveaux. Le sarcophage, placé en une fosse creusée dans le sol, était recouvert d’un édicule: sarcophage étranger. —— Sixième série. L'influence grecque domine; on à abandonné les caveaux étroits, à puits rectangulaire; on en a creusé de plus vastes, souvent aux. dépens des anciens, et l’on y descend par des escaliers larges et commodes !. »
Tous les objets trouvés par M. Gaillardot dans cette seconde :ampagne de fouilles sont déposés au Louvre. Pour faciliter les recherches, nous allons donner ici un classement de ces objets par caveaux. Les légères différences qu'on remarquera entre cette liste et les indications précédentes
! «On n'entend pas nier que plusieurs caveaux à qu'il y a de certain, c'est que ces caveaux sont posescalier ne soient antérieurs à l'influence grecque ; ce térieurs à ceux où l'on descend par un puits.»
n8h MISSION DE PHÉNICIE.
de M. Gaillardot, viennent de l'examen qui a été fait par nous au Louvre de ces divers objets :