AVANT-PROPOS
Le lecteur, après ayoir lu la préface, ira sans doute aux conclusions, puis se demandera, en feuilletant le milieu du volume, si j'ai voulu faire un livre d'Histoire, pourquoi et à quoi bon.
Cet avant-propos va au-devant de cette question.
Si j'avais donné les conclusions seules, on eût pu regarder la Constitution européenne que je propose, comme une œuvre théorique, ce qui n'est pas.
Constituer socialement un ensemble, c'est en lier les parties par des institutions fondées sur leurs bases communes.
Ce lien, ces institutions, ces bases, l'Histoire seule pouvait les indiquer exactement, sous peine de procéder a priori^ en dehors des conditions de méthode et de science, d'observation et d'expérience, plus nécessaires encore dans une création de ce genre que dans toute autre.
C'est l'observation des expériences sociologiques, dont l'Histoire est la nomenclature, qui m'a conduit, depuis plus de vingt ans, aux conclusions que je livre au lecteur.
Pourquoi ne pas lui livrer aussi le résumé de mon travail préalable sur le gouvernement général de l'europe, depuis Jésus- Christ?
Tout esprit libre et sincère verra ainsi que ma méthode d'observation enchaîne les unes aux autres des expériences certaines, et que cette méthode est intégrale, scientifique, sans sectarisme d'aucune sorte, sociale, en un mot, commeson objet.
rindique dans le chapitre premier, les priocipes réels et fort simples d'où je pars, non a priori, mais toujours d'après mon observation exacte des expériences des peuples.
Les faits démontrent ensuite la scrupuleuse exactitude de ces principes, sous les yeux du lecteur, et le douzième chapitre n'est qu'un total, une somme, dont je donne d'avance loyalement les membres, avec le moyen d'en vériBer l'addition.