Adolphi-Frederici Boulenger. — Lac Kivu
Haplochilüs (Hypsopanchax) Deprimozi nov. sp. (fig. 2). — Le corps est très élevé et comprimé sur les côtés et l’abdomen; sa hauteur est comprise deux fois et demi environ dans la longueur sous la caudale, la longeur de la tête à peu près trois fois et demi. L’œil mesure environ le tiers de la longueur de la tête. La bouche est dirigée vers le haut, la mâchoire inférieure paraît proéminente. Les dents très aiguës sont en quatre à cinq rangées à chaque mâchoire, celles de la rangée externe guère plus développées que celles de l’interne à la mâchoire supérieure, au contraire bien plus volumineuses et recourbées vers l’arrière à la mâchoire inférieure. Les écailles sont cycloïdes. On en compte 3 o à 33 en ligne longitudinale, 2 U autour du corps en avant des ventrales. On ne distingue pas de fossettes à la ligne latérale. La dorsale comprend il ou 12 rayons; elle débute à égale distance environ entre l’origine de la pectorale et celle de la caudale, au-dessus du 7 e au 9 0 rayon de l’anale: ses rayons sont subégaux. L’anale est composée de 19 à 21 rayons, subégaux également. La pectorale, pointue, insérée très haut, fait les trois quarts environ de la longueur de la tête. La ventrale, très voisine par son bord interne de celle du côté opposé, s’insère à peu près à égale distance de la base du rayon inférieur
de la pectorale et du premier rayon de l’anale, elle n'atteint pas cette dernière nageoire. Le pédicule caudal est une fois un cinquième à une fois un quart aussi long que haut; sa hauteur est comprise cinq fois et demi
Fig. 2. — Haplochilus Deprimozi nov. sp.
à six fois dans la longueur Sous la caudale. La caudale est faiblement arrondie, subtronquée.
La coloration est uniformément olivâtre, la hase de chaque écaille paraissant entourée de noirâtre; les nageoires sont toutes de teinte foncée, sans maculatures.
D. 11-12 ; A. 19-21 ; P. 12 ; V. 6 ; Sq. 3 o- 33 i
N° 27-339. Coll. Mus. h exemplaires W. — Rivière Rutchuru : Guy Babault.
Longueur : 38 -f- 9 = 4? à hh + 10 = 54 millimètres.. .
Cette curieuse espèce que je dédie volontiers à M. François Deprimoz qui accompagnait M. Guy Babault dans son expédition est remarquable par son corps extrêmement élevé. Par son aspect général elle se rapproche dé Y Haplochilus platysternus Nichols et Griscom (S) , de Stanley ville (Congo) pour lequel Myers (3) a créé un genre spécial ( Hypsopànchax ) auquel oh peut certainement attribuer, au moins, là valeur d’un sous-genre. Cependant chez Y H. platysternus on ne compte que 9 rayons à la dorsale, i 5 à l’anale. Par le nombre élevé des rayons de cette dernière nageoire l’espèce décrite ici occupe une place assez à part parmi les Haplochilus.
On sait qu’il existe dans lé Tanganÿika un Cyprinodontidé à écailles cténoïdes le Lamprichthys tangànicanus Boulenger (4) à ânale encore beaucoup plus longue (A. 27-80).
é) L’état de conservation de ces exemplaires est assez défectueux.
(2 ) Bull. Amer. Mus. Nat. Hist., 1917, p. 72^, fig. 28/
"W Copeia, n° 129, 20 mai igaàj p. âi.
W Tr. Zool. Soc., XV, 1898, p. 25 , pl. VI, fig. 3 . •
Astatotilapia astatodon Regan var. nigroides nov. var. (fig. 3). La hauteur du corps est comprise deux fois et demi dans ia longueur sans la caudale, la longueur de la tête deux fois quatre cinquièmes. Le profil est assez élevé. Le museau égale le grand diamètre de l’œil qui est contenu trois fois dans la longueur de la tête et dépasse un pèu la largeur interorbitaire. La mâchoire inférieure est légèrement proéminente. Le maxillaire arrive juste au-dessous du bord antérieur de l’œil. Les dents sont bioutricuspides, parfois coniques, surtout sur les côtés, disposées en quatre rangées; les dents de la rangée externe, beaucoup plus volumineuses, sont au nombre
Fig. 3 . — Astatotilapia astatodon var. nigroides nov. var.
de 4o à la mâchoire supérieure. 11 y a 4 rangées d’écailles sur la joue, 12 branchiospines en bas du premier arc branchial. Les écailles sont cténoïdes; on en compte 3o en ligne longitudinale, en ligne
transversale, celles de la nuque et de la poitrine en avant des ventrales sont beaucoup plus petites. La ligne latérale supérieure perce 19 écailles, l’inférieure 9. La dorsale comprend i5 épines croissantes, la dernière faisant presque la moitié de la longueur de la tête, et 9 rayons mous. L’anale est formée de trois épines, la troisième plus forte et aussi longue que la dernière dorsale, et de 8 rayons mous. La pectorale pointue fait les deux tiers de la longueur de la tête et n’atteint pas l’anale. La ventrale, filamenteuse, arrive à l’anale. Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. La caudale est arrondie.
La coloration est uniformément brun foncé. Les nageoires sont noires, l’anale un peu plus claire avec des traces de deux ocelles jaunes en arrière. D. XV 9; A. III 8; P. 1 a ; V. I 5; Sq. 4i|3o|it.
N° 27-325. Coll. Mus. — Lac Kivu : Guy Babault.
Longueur 67 + i 5 = 82 millimètres.
Cette variété que je ne crois pas devoir séparer de l 'Haplochromis aslatodon Regan ll) , dont les formules sont identiques, s’en distingue néanmoins, outre son mélanisme accentué, par sa caudale arrondie et non tronquée. Boulenger, à propos d’une forme extrêmement voisine Y Haplochromis Graueri Boulenger, également du lac Kivu, signale ce mélanisme chez certains individus mâles
O Ann. Mag. Nat. Hist., 9, VIII, 1921, p. 687. ’ 2 ' Cat. Freshw. Fish. Africa, III, 1915, p. 399.