‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 18 sur 125 · COURSE AUX RAPIDES DE KHONE · texte numérisé non relu

COURSE AUX RAPIDES DE KHONE

Le 2 octobre, après le départ du prince, le Cantonnais prend la route du grand fleuve. La baisse des eaux est commencée. A Kratié elle marque déjà six mètres. Au delà de Sambor, on reconnaît que la retraite s'impose, le vapeur est trop fort pour naviguer dans les petites profondeurs ; et le 6, il redescend vers Saïgon, pendant qu'avec un des passagers, le Dr Mougeot, conseiller colonial, propriétaire d'une île voisine, je pars en pirogue pour rejoindre Y Argus que nous trouvons le ï5, après avoir rencontré M. Massie venu au devant du Cantonnais .

M. Guissez était arrivé à Pla Sdam le 3. Après avoir constaté avec M. Massie, et M. de Coulgeans qui les avait joints en route, que la passe de Pla Sahong était inabordable pour sa chaloupe à cause des roches qui l'encombraient à son entrée, et avoir pris auprès des indigènes la conviction que celle de Pla-Sdam était accessible, il avait visité celle-ci en pirogue jusqu'aux deux principaux obstacles qui lui avaient été signa-

lés, les barrages Tat-Waï et Tat-Liéou. Ayant alors l'espoir de franchir ces derniers, et craignant, en poussant pins loin une reconnaissance qui, lui assurait-on, demandait quatre jours de pirogue, de perdre l'occasion de passer dans le bief, la baisse s 'accentuant d'heure en heure, il s'était engagé dans la passe et le 6, après avoir dépassé le Tat-Waï, s'était trouvé bloqué entre cet obstacle et celui de Tat-Liéou. Réduit à hiverner là, il avait échoué V Argus dans les meilleures conditions possibles pour sa conservation.

L'examen qu'il avait fait du reste de la passe, il n était parvenu qu'au premier quart de sa longueur, lui faisait garder l'espoir du succès, il y aurait un travail de déboisement et de dérochement à faire avant la crue, il le dirigerait avec M. Tostivint et ferait ensuite l'hydrographie du fleuve entre Khône et Bassac.

Après avoir pris auprès des autorités locales toutes les mesures nécessaires pour lui faciliter ces travaux, et pour l'installation d'une case où l'équipage serait plus à l'aise que dans la chaloupe, je regagnai avec MM. Massie et Mougeot, Saigon où j 'arrivai le a3 octobre.

Je pris aussitôt le vapeur pour Bangkok. M. Lefèvre-Pontalis qui avait profité de mon voyage à Khône pour aller visiter Batavia, devait m'y rejoindre par Singapore.

MM. Massie et Macey se mirent alors en devoir de se rendre par mer au Tonkin pour gagner Luang-Prabang par la Rivière Noire.

Fig. 3i. — Prisonniers à Bangkok.

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