VOYAGE GÉOLOGIQUE RÉPUBLIQUE DE L'EQUATEUR
LISTE COMBATIVE DES TREM8LEMEVTS DE TERRE ET DES ÉRUPTIONS VOLG4XIQIE» LES PLIS REMIRQI tBLBS ItMuM LES TROIS DERNIERS SIÈCLES.
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Il est facile de reconnaître, à l'inspection de ces tableaux, <|u'il n'y a pas une généralité absolue dans la marche di s phénomènes, non plus que pour aucune aulre ntanireslation des lois de la nature; mais il n'en est pas moins vrai que les conclusions déduites de l'examen des faits sont vérifiées en gros par l'ensemble des observations recueillies jusqu'à ce jour. On peut donc dire, avec une certaine apparence de vérité, que les tremblements de terre et les éruptions volcaniques, étant des manifestations d'une même cause originaire diversement caractérisées par leurs résultats finals, doivent alterner l'un avec l'autre, traduisant chacun à leur manière les mouvements de la pjrosphère. Ainsi, à une série de tremblements de terre généraux témoignant d'une tendance violente des lluides ignés au mouvement ascensionnel, on devra naturellement voir succéder une ère d'éruptions volcaniques, accompagnées elles-mêmes d'accidents se manifestant sous la forme de tremblements de terre locaux, et donnant en quelque sorte satisfaction à ces
tendances en leur ouvrant une chemin vers les régions extérieures. Les éruptions doivent aussi s'arrêter d'elles-mèrues lorsque la pyrosphère a pu entrer dans le Cflfane, après s'être suffisamment épanchée au dehors; les cratères se comblent, les évents se ferment, les canaux souterrains s'oblitèrent, et, lorsque les mouvements séismiques renaissent, les phénomènes doivent se reproduire dans le même ordre, réglé d'avance par la nature même des choses. Il faut remarquer «pie nous n'avons rien dit, jusqu'à présent, de la violence des tremblements de terre; c'est qu'en effet c'est là un des éléments qui rendent ces phénomènes moins simples en l'ail qu'en théorie, et sur lesquels il n'est guère possible de poser quelque affirmation précise. L'intensité présente les caractères de la plus grande variabilité, et oscille entre les mêmes limites pour les tremblements de terre, qu'ils soient généraux ou locaux; les uns et les autres ont, à l'occasion, détruit des villes et décimé des populations, et la seule différence se trouve en ce «pie les uns se font craindre dans nu cercle plus étendu que les autres, quand ils deviennent assez violents pour être redoutables.
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On a remarqué depuis longtemps que l'intensité d'un même tremblement de Lm
terre pouvait varier, entre des limites assez écartées, dans deux localité! voisines, *iai*
mais où la nature du sol est différente. Il n'y a rien d'extraordinaire, en effet, à pl£ "'™" ce que certaines couches obéissent plus facilement que d'autres à une impulsion
reçue, et à ce que certaines roches aient la propriété de transmettre les inouve- ^«m™»
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ments de proche en proche avec une intensité et une rapidité caractéristiques. Cette nfci vérité a été constatée dans l'Amérique centrale, et est parfaitement admise par les habitants eux-mêmes, qui ont eu assez d'occasions de la reconnaître, puisque, par un malheureux hasard, presque par une fatalité, la majeure partie des grandes villes et des capitales sont précisément construites dans les localités où le sol est le plus sensible à l'influence des tremblements de terre. L'expérience leur a appris que le terrain le plus mobile était composé de celte roche tufacée blanchâtre, formée presque exclusivement de ponces, à laquelle on donne le nom «le T epr- Intr on Tal/wInU' et de Timitr, lorsqu'elle est tout à fait altérée et transformée en une niasse blanche grenue. Les éléments eux-mêmes du terrain sont légers et
mobiles, H , comme il garnit , en général , le fond de larges \allées dans lesquelles il esl déposé comme dans un herreau, et où il flotle, pour ainsi dire, à la surface sans faire corps avec les couches profondes de la croûte solide, on conçoit qu'il soil aisément soumis à des oscillations plus étendues (pie celles du massif qui le supporte. Outre les vallées de San Salvador et de la Antigua, célèbres par Phttcnsilé de leurs Iremlilernenls de terre, le tuf à ponces en garoil beaucoup d'autres, el partout on le considère comme un excellent conducteur des mouvements séismiques, quoique cela n'empêche pas d'y construire des \illes et îles villages. Il y a bien longtemps, d'ailleurs, que ces propriétés ont été remarquées par les indigènes, et le nom indien de la- vallée de San Salvador, vallée de Cuscatlan, a. en langage nahuatl. la signification pittoresque et imagée de vallée tle* hamacs. D'apb On peut se demander, d'autre part, si les tremblements de terre se produisent indilTéremmeul à toutes les époques de l'année, ou si certaines saisons ont le privilège de favoriser leur fréquence, dette question, qui a beaucoup occupé les méhtnUnmi léorologistcs, n'a, jusqu'à présent, été résolue, pour l'Amérique centrale, que par les traditions locales, plus ou moins fondées; mais tous les effbrls que l'on a faits pour tirer une conclusion sérieuse de la comparaison des dates n'ont amené aucun résultat, ce qui lient peut-être, il faut le «lire, au petit nombre d'élément» précis que l'on possède. Quoi qu'il en soit, l'opinion publique, dans l'Amérique centrale, attribue à l'hiver, et surtout au mois de décembre, le monopole à peu près exclusif «les tremblements de terre. Un habitant de la BWa Costa, versant du Pacifique , nous «lisait , en nous résumant l'état météorologique de ce pays : * IWembre, ff époque «l«'s tremblements de lerre précédés, en général, d'un bruit sourd d'une "demi-minute il y en a aussi quelquefois en juin." Dans le reste de la république de Guatemala, sans être aussi explicite , on admet de même que l'hiver est habituellement l'époque des tremblements de terre. Celle Iraililion serait à peu près conforme à celle qui exisle. d'après llumboldl, dans la province «le Quito, où Ton "considère les Ire mluVmcnls de lerre comme les avant-coureurs de la sai- ~son des pluies. i Mais, comme M Pissis. élablissaiil un fait complètement opposé à celui qu'avance Hnmholdt, déclare qu'au Chili et au Pérou les tremblements de ferre sont plus (réquenls pendant la saison des pluies qu'à l'époque des sécheresses, on ne sait plus guère que j ser. Nous allons, d'ailleurs, discuter «>n
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quelques mots l'opinion que Ton professe à Guatemala et voir jusqu'à quel poinl il est convenable d'y ajouter foi.
Si nous groupons les quelques douzaines d'observations que l'on possède aver dates précises sur les tremblements de terre dans les quatre derniers siècles, nous obtiendrons, et il n'y a pas lien de s'en étonner, des résultats peu sifpiiliealils, et, qui plus est, peu concordants suivant les auteurs.
Ainsi M. Porrey donue, à la suite de son catalogue, le résumé suivant :