‹ Mission scientifique du Cap Horn, 18821883Chapitre 20 sur 161 · CRANE a. Nombre de crânes étudiés · texte numérisé non relu

CRANE a. Nombre de crânes étudiés

Noire série île crânes n'est pas considérable, niais elle acquiert de l;i valeur par la provenance exacte des pièces. D'ailleurs, pour rendre son étude plus prolitable, nous la comparerons aux séries plus nombreuses, quoique moins homogènes, décrites pur MM. Turner. Ourson. Scrgi, Mantegazza et Hegalia.

Jusqu'à l'année 1884 le nombre de crânes fuégiens étudiés et décrits était fort restreint. Un crâne de Fuégien (Yahgan?)du Musée des Chirurgiens de Londres, rapporté par Fitz-Hoy, a été décrit successivement par Owen ('), Huxley (') et Flovver ('): ce dernier a donné aussi les mesures d'un antre crâne yabgan de la même collection. MM. <le Quatrelages et Mumv (') firent connaître deux crânes de Fuégiens du Muséum d'Histoire naturelle. C'est sur ces quatre pièces que l'on pouvait baser toutes les déductions relatives aux crânes fuégiens.

Mais, dans ces dernières années, ce nombre a été considérablement augmenté. Turner (M publia une belle description de /j crânes 4le Fuégiens (probablement Alakalouf ), recueillis à Punta-Arenas par l'expéilition Au Challenger. M. Oarson (") a décrit 7 crânes yabgan et. en leur joignant les \ crânes décrits par M. Turner cl les 2 des Cranta clltnica. il a l'ail une excellente étude d'ensemble sur \'\ crânes fuégiens. Knliti, tout récemment, les collections rapportées de son voyage

< ') Deicriptire Catalogne of t/ic orteo'. teriei... in the Muséum .. H. Collège of .Surt-rom, t. II. p. 8-jt». Londres. iSîî, in-f.

'*) (fit tlie form of the vmnium among tlw f'alttganiam tutd l'iiegmin, elr. \Jonru. tif Anal, nnd Phi uolvgt , 1. Il i ï (série, vol. I ). p. u5î. Cambridge cl Londres, i8t'«8].

{ ») Catalogue of the ^pertinent illuUmtiug oftcology... in the Mmeum of the H. Coll. of Surg...; Part I. A/an, p. 179. Londres. 1X79, in-8°

( M Cranta ethniea, p.

4 * > Report on the httinaa tkeletont ; the cnviia (Xoohtgr of the tvnage of «. Challenger », Pari XXIX. l/mdres, 1884, in-i").

(') Loc. cit., p. i.(a.

CARACTÈRES AN ATOMIQUES. 4t)

dans les terres australes par le lieutenant Bove ont été étudiées parles savants italiens. MM. P. Mantegazza et E. Rcgalia (') ont décrit 1 8 crânes fuégicns du Musée de Florence, et M. G. Sergi (») a publié une élude sur i3 crânes du Musée de l'Université de Rome. La plupart de ces crânes ne portent pas d'indication précise de leur provenance; mais tout fait croire que la grande majorité appartiennent aux Yahgan. quoiqu'on puisse faire quelques réserves, surtout pour la série de Florence. C'est d'ailleurs aussi l'opinion des auteurs qui ont décrit ri s pièces. Pendant que notre manuscrit était déjà à l'impression, il :t paru une nouvelle Note de M. Sergi ( ' ) sur le squelette d'un Yahgan (sans provenance exacte), envoyé par le D r Dali' Orlo (de Sacramento. dans l'Uruguay) ; nous profiterons, dans notre exposé, de quelques indications que donne celte Note.

b. Description générale des crânes. Capacité crânienne.

Tous les crânes de notre série sont en général très gros, massifs cl très lourds, surtout ceux des hommes. Le crâne masculin n" I pèse io3'j« r avec le maxillaire inférieur et f)o&" sans le maxillaire; le poids du crâne féminin n° i est de 83<)* T avec le maxillaire inférieur et de -li* 1 ' sans cet os. Ces chiffres rentrent dans les variations extrêmes données par Mantegazza et Regalia pour le poids de 1 1 crânes masculins à 1 1 i/|« r ) et de 3 crânes féminins ( H)i Kr à 8>o« r ). L'épaisseur des parois delà boite crânienne est assez considérable; elle varie de 2""" à 8'*"" dans le crâne n" I ; c'est surtout vers la région occipitale qu'elle augmente sensiblement.

La capacité crânienne moyenne, déterminée par l'ancienne méthode Broca, au plomb, est de iC'|i" pour les hommes, de i'M~ lc pour les femmes. Les variations individuelles vont de i5V> c à i7;>o CF ehez les

<> ) Studio itapra un» ieru- di cront di Fuegini ( extrait tlo l'Archivh per t'Antr... pnliigin e In El nnlogiti , t. XVI, fase. 3; i88<i).

(') A ntropitlogia fiiica delUi Fiiegia (exlr. fies Atli dtUa R. Accademia médit « di Konut, a' série, t. III : 1H871.

(') Antropntitgiti finica dellti Fuegio. tiumv attervaziniri (Arvhivin per l'Anirup. e lo Elmd., t. XVIII, p j>5; 1888).

:t»! MISSION DC l.AP HOU*.

hommes, de isHV* à 1 3<)o'* c chez les femmes. Ces chiffres sont supérieurs à ceux qu'ont trouvés Garson (1/4.12 et i2' t 5 en moyenne). Sergi ( et isSo), Mantegazza et Regalia (i3Hj et 1297) et J. Seitz (') (i !>9n et iHG'i). Même les chiffres individuels pour les hommes n'atteignent, dans aucune de ces séries (sauf un cas), le chiffre individuel minimum de la nôtre. Faut-il attribuer ces différences à la diversité des procédés opératoires? Nous ne le croyons pas, car nos chiffres pour les séries des femmes se rapprochent assez de ceux des autres observateurs. Il faut admettre qu'exceptionnellement nous avons eu affaire à des crânes relativement grands. Kn effet, aucun des crânes masculins décrits dans les séries des auteurs précédents ne présente la circonférence horizontale moyenne de nos crânes (o m , ">">). et la plupart des autres dimensions absolues ou moyennes (diamètres antéro-postérieur vertical, transverse, etc.) de nos trois crânes dépassent celles de tous le* crânes (sauf deux) de ces séries. D'autre part, l'un des » crânes mesurés (au millet) par M. Seitz a la capacité de 1710", voisine de notre maximum. Les chiffres relativement élevés que nous avons trouvés pour la capacité crânienne contrihuent à placer les crânes fuégiens yahgan parmi ceux qui ont une capacité voisine de la moyenne(i î5o)(*). Kn effet, en réunissant toutes les observations, nous avons pour la capacité crânienne moyenne de a<) hommes i V| j cc , et de 21 femmes 1 aS-'" 1 '. Dans notre série, la différence entre la capacité des crânes féminins et masculins est de 3oj cc en moyenne, au profit des hommes; dans les autres séries, elle varie de 188™ à 227".

c. Développement du crâne. Sutures.

Le développement de la cavité crânienne doit s'arrêter de bonne heure, car le crâne de la fillette de H ans présente déjà une capacité de 1 37 *»**, c'est-à-dire presque égale au maximum (1400 e *, dans la série rie .M. Seitz) que peut atteindre le crâne d'une femme fuégieruie.

Les sutures sont assez simples ; la plupart correspondent, dans les

1 1 > 7a\c< FctterUtnder-Gehirne (Zcitschrift fur Ethnologie. I. XVill, |i. a3-; 1886). Ci Topinabd, Élément* d'anthropologie, p. 610. Paris. i8S,, in-H".

l' 4 R A C T K I» R S AKATOMIQVES. M

endroits où elles sont le. plus compliquées, aux n" s 3 et \ du Tableau de Broca ('), sauf la suture sagittale du crâne n° I (voir /'/. XXlll) f|ui est assez compliquée en avant de l'obclion. Certaines sutures sont remarquables par leur fermeture précoce ; telle est, par exemple. I;i suture des os nasaux : sur i3 crânes des musées de Paris et de Londres examinés par nous sous ce rapport, "> avaient les os du nez soudés presque complètement et 3 incomplètement (seulement dans leur tiers ou dans leur moitié supérieurs). Parmi ces 8 crânes à soudure prématurée des os nasaux, 3 seulement appartiennent aux individus âgés et présentent un commencement d'oblitération sur les sutures coronale et sagittale; les autres ont encore toutes leurs sutures ouvertes, et dans l'un d'entre eux (n° 5 du Tableau) la suture spbéno-occipitale même n'est pas encore fermée. D'autres sutures, an contraire, semblent se fermer très tardivement : telle est la suture qui sépare le maxillaire de l'inlermaxillaire. Elle persiste au palais non seulement dans le crâne d'une fillette de 8 ans (Musée des Chirurgiens de Londres), où elle est presque complètement ouverte, mais encore dans les crânes d'un jeune homme de r ï à i(i ans (Ibid.) et de deux femmes adultes (n"* 4 et 5 du Tableau I), où elle est ouverte sur 3 mm on des deux cotés de la ligne médiane. On pourrait croire que cette suture se ferme plus tardivement chez la femme que chez l'homme. Cependant, dans le crâne de fillette de 8 ans du Muséum (Ouchauaéli KifHt ), elle était déjà complètement fermée. La fermeture des sutures doit s'opérer en général à peu près aux mêmes époques que chez les Européens. Cependant, à en juger par le seul crâne d'un enfant de i 3 mois qu'il nous a été donné d'examiner, l'oblitération de la suture médio-frontale se fait plus rapidement, tandis que la fermeture de la suture entre les ex-occipitaux et le sus-occipital parait être plus tardive. En effet, sur ce crâne la suture médio-frontale est complètement oblitérée dans plus de son tiers moyen, alors que les ex-occipitaux sont encore séparés de l'écaillé occipitale; cette dernière présente sur ses bonis externes des fentes de io"™ de longueur entre ses partie* cérébrale et cérébelleuse. Les ailes internes de l'apophyse ptérygoïde

( ') Instructions crattiologiquct { Mém. Sor. Anthr., V si'rio. 1. 11, Pl. Il; i8 7 > i.

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