‹ Mission scientifique du Cap Horn, 18821883Chapitre 24 sur 161 · OI · texte numérisé non relu

OI

a.ïo

En examinant ce Tableau, on voit que les variations sont assez notables et qu'en général il faudrait déduire de 2 à 2, 5 unités pour l'indice céphaliquc, sur le vivant, chez les hommes, et de 1 à i,5 unité chez les femmes. Mais tout cela ne résout nullement la question générale de la comparaison do l'indice sur le crâne et sur le vivant. On voit par l'exemple d'un cas individuel, celui d'Ouchpoukatekanensis, que la différence entre les indices de la tète à l'état vivant et du crâne de • et individu n'est que de la moitié d'une unité en faveur de la mesure sur le vivant.

Fin faisant l'ordination des séries dont nous avons fait mention, nous sommes arrivé à dresser le Tableau suivant ('). L'ordination est faite pour chaque série, chaque race et chaque sexe à part, puis les résultats sont récapitulés.

(') Dans co Tableau, comme dans quelques autres, nous avons indiqué les noms de certains observateurs par leurs initiales : ainsi H. el D. signifie llyades et Deniker; M. et H.. Manlcgaïïii cl Hcgalia. En outre, les indices, dans ce Tableau, sont donnés en chiffres ronds, en comptant pour une unité toute fraction au-dessus de 0,49 et en négligeant les fractions de 0,0 1 0 o, 19.

CARACTÈRES AN A T OU tQV ES .

Ordination des indices ciphalique* des crânes.

Ko 8?

TAHGAN.

IloLIl.h-

Femmes.

ALAKALOl F.

Homme*.

Tul.il

IS

Tol.il .

lîn examinant ce Tableau, on s'aperçoit aisément que la plupart des crânes sont mésaticéphales : 5G pour 100 dans la série d'hommes yahgan et 72 pour 100 dans la série de femmes. Parmi les hommes alakalouf, les crânes mésaticéphales constituent 70 pour 100 du nombre total. Dans la série d'hommes yahgan, les dolichocéphales forment encore 28 pour 100, tandis que parmi les femmes on n'en compte que 5 pour 100; par contre, les crânes hrachvcéphales sont un peu plus nombreux parmi les femmes (22 pour 100) que parmi les hommes (18 pour 100). Les indices le plus fréquents sont 76 cl pour les hommes; -G, 77 et 79 pour les femmes; ils sont très voisins des indices moyens. En comparant cette ordination avec celle que nous

mission nu c\p iiorn, avons faite pour les indires pris sur le vivant (Cliap. Il, § 4 ), on voit que. parmi les hommes vivants, le nombre relatif de mésocéphales est pins grand que sur les crânes: tandis que le eonlraire s'observe poulies femmes. En général, la série des vivants contient plus de brachvcéphales, mais ce fait s'explique parles différences entre les mesures sur le crâne et sur le vivant; il faudrait déduire 2 unités des chiffres pris sur le vivant pour faire la comparaison. D'ailleurs, dans les deux cas. les faits révélés par l'ordination cadrent parfaitement avec ceux que nous avons déduits de l'étude des indices moyens. Cela prouve, une fois de plus, l'homogénéité de la race fuégienne ou du moins de la tribu des Yahgan.

/. \orwa lateralis : Angles faciaux.

Vus de profil, les crânes masculins présentent les arcades sourcilieres bien développées, mais non surplombantes, le front fuyanl. I.a ligne du front s'élève graduellement jusqu'au vertex, puis elle descend légèrement en arrière jusqu'à peu près l'endroit où se trouvent les deux trous pariétaux. A partir de ce point, la ligne tombe brusquement jusqu'à la protubérance occipitale externe. I.a région occipitale se sépare nettement en deux parties: une verticale supérieure, l'autre horizontale inférieure {Pl. XXIV); c'est sur la limite de ces deux parties que se trouve la ligne courbe occipitale, transformée dans tous les crânes en un bourrelet large de 'jj"" 0 {ton/s neripitalis des anthropologistcs allemands): à la réunion des deux bourrelets, la protubérance occipitale présente la forme d'un crochet analogue au n" '\ du Tableau des Instructions craniologîques de Broca : parfois ce crochet est comme appliqué sur la crête médiane de la partie cérébelleuse de l'occipital. Les apophyses masloïdes sont énormes; à leur base, elles ne mesurent pas moins de T>" ,m d'avant en arrière; elles paraissent être comprimées latéralement et leur base est elliptique. Les arcades zygomatiques sont très fortes.

Les os propres du nez sont saillants et ont la forme recourbée caractéristique des crânes fuégiens; cette forme est surtout prononcée dans le crâne n° 3 (Pl. XXIV); on dirait que le profil du nez est formé de trois lignes : une presque verticale à la racine, une presque horiznn-

CARACTÈRES ANATOJIIQI'KS. '.'>'■>

laie et une troisième inclinée en avant. L'épine nasale n'est pas trop forte. Le prognathisme alvéolaire est modéré.

Quoique nous n'attachions pas une grande importance aux angles faciaux, nous donnons néanmoins dans le Tableau général les mesures de quatre angles principaux, que nous avons prises à l'aide d'un rapporteur sur les dessins stéréographiques des crânes. Les variations sont moins sensibles que dans la grande série de Manlegaz/a et Regalia; c'est surtout l'angle alvéolo-rondvlien de Topinard qui varie le moins. En comparant nos moyennes (pour les hommes) avec celles que donnent les savants italiens, nous voyons que les chiffres pour l'angle de Camper et l'angle ophrvo-dentaire sont presque les mêmes, tandis que ceux de l'angle de Jacquart s'écartent sensiblement.

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