‹ Mission scientifique du Cap Horn, 18821883Chapitre 55 sur 161 · TÉGUMENTS n. Peau · texte numérisé non relu

TÉGUMENTS n. Peau

La peau est lisse, assez élastique chez les jeunes sujets, mais devient très llasque avec l'âge. Il s'ensuit qu'après un jeûne prolongé, quand tout le corps est amaigri, elle se rétracte et forme des plis nombreux, surtout aux coudes, aux genoux, vers le bas-ventre, etc. {Pl. YIll).

La peau est assez uniformément colorée; cependant elle présente certains endroits plus foncés que le reste. La teinte rosée des joues est peu marquée.

Les cas de njevus ont été constatés \ fois sur A> chez les hommes, et i fois sur a3 chez les femmes. Dans deux cas seulement, les n;evi avaient les dimensions d'une pièce de a fr , lu reste n'était que de petites taches de la grosseur d'une lentille. On a noté une fois (chez la femme Choumaoïnaolighir Kipa, Pl. VII, fig. i) les taches de rousseur (éphélides), de couleur brun roussàtre, au visage.

Chez les femmes ayant eu des enfants, on constate les ver-gelures sur le ventre et parfois aux cuisses aussi nettement que chez les Européennes.

Des verrues au dos, aux épaules, sur la joue et sur le thorax ont été observées chez j hommes sur et une verrue à la main chez i femme sur a l.

i ' i ttemerkitng itlicr die Ceie/iU-c/iluer/iu.'/itinc der l'eucrlànder (SitZHiigshcrichte der Matlu-m.-physiknt. Clatse der A'. B. Jaidemie, p. 1882) et If'citcre Rcmerkiui-

fst-ii ither die FeuerUiiidcr I llnd., p. 3)6, av. 1 pl.)

( ! 1 Voir Dkmkkh, Recherches anatoniiipws et embryologiques sur les singer aitlhropoïdcr I Ar,h. de erperimenudv, ï' série, t. III hir, suppl., Pl. XXX, fig. 5; 188 j).

CARACTÈRES M0RPII0LOGKJI/E* (OBSERVATIONS SIR 1-E VIVANT K l'>7

D'après M. BischolT, à l'examen microscopique la peau des Fuégiens présenterait la rareté extrême de poils, de glandes sudoriparcs et de Ibllieulcs sébacés: la couche de Malpighi est très pigmentée, le derme et l'épidorme relativement minces.

b. Système pileux.

Les cheveux sont abondants, courts, droits, raides et lisses (Pl. Vil. fig. i; Pl. VIII, X, XIII, XV II et XVlll). Cependant ils ne présentent pas cet aspect de crin de cheval, caractéristique de la chevelure des races mongoloïdes. On rencontre parfois des cheveux légèrement ondulés (Pl. I. IV, VU, fig. 2; Pl. XV, fig. 1 et a, etc.) et. parmi une centaine d'individus examinés, il s'en trouva même un qui avait des cheveux presque frisés (')(/>/. 17, fig. 1), faisant un contraste frappant avec les cheveux droits de la majorité des Fuégiens (même Pl., fig. a). D'ailleurs Kitz-Roy signale déjà les cas exceptionnels de cheveux Irisés chez les Fuégiens (").

L'implantation des cheveux sur le front se fait très bas et très en avant, de façon à ne laisser que très peu d'espace libre (Pl. VI, fig. 2: /'/. V, fig. 1), et encore souvent cet espace est couvert de petits poils courts.

Le système pileux, en général, est très peu développé sur le reste du corps; on pourrait ranger les Fuégiens parmi les races glabres. Il faut remarquer tout d'abord que les hommes seuls épilent les poils, et au menton seulement, de sorte que l'absence de poils sur certaines parties du corps est bien un fait naturel.

Au visage, les cils et les sourcils sont bien fournis, mais il y a très peu de poils autour des lèvres.

Sur aG hommes examinés, 7 avaient des poils aux lèvres et î sur le

( ') Le type de cel hommo est cependant bien fiie-ien, et M. T. Bridge*, qui 11 connu l'individu et se* parents, nous a afflrmé qu'il n'y a aucun mélange étranger dans son san;:.

(*) Voici ce que dit ce voyajicur dans sa relation ( Xarrathe, etc., t. II, p. 176) : «■ lliave seen sevcral individuals, hotli men and women, wilh curly or friizled liair like lliai oi some of tfie Polynesians or Malays 1 ;?). »

IS8 mission tu: cap iioiin.

menton. Chez quelques vieilles femmes, on a pu constater un léger duvet aux lèvres.

Dans la série de photographies que nous reproduisons, on ne voit que deux individus ayant de la moustache (/'/. YI,fig. et H. IX), et pas un seul ayant de la barbe, mais cela tient à ce que tous les hommes épilent les poils au menton.

Pas de trace de poils aux joues. Sur le reste du corps les poils sont très rares; aux aisselles on a constaté des poils, assez rares, une lois sur huit chez les femmes et cinq fois sur vingt-trois chez les hommes. Au pubis, sur 18 sujets mâles examinés, un tiers Mi) avait des poils abondants, un autre tiers les avait assez bien fournis et un troisième très rares. Sur i > femmes examinées, 2 seulement avaient des poils tares au pubis. les treize autres avaient le pubis glabre. I.a longueur des poils, chez les hommes, est de 2""" à 20""" sur les lèvres, de à 10""" sur le menton, de io" ,m à h>""" au pubis, et de io mm à "><>""" sous les aisselles; chez les femmes, les poils sous les aisselles sont à peine longs de 20""". Dans deux cas sur vingt, on a constaté des poils autour de l'anus chez l'homme.

Chez les enfants, les cheveux peuvent être abondants dès la naissance : sur un nouveau-né mâle, ils étaient régulièrement implantés sur tout le cuir chevelu, abondants et soyeux, noirs, longs de 2H 1 "'". Le Iront était couvert d'un duvet très fin. d'une longueur de an""", plus abondant près des tempes; un duvet plus court existait sur la presque totalité du corps et principalement sur les membres supérieurs, où il atteignait j' 1 "" de longueur et était très abondant. Enfin, le pavillon de l'oreille était couvert d'un duvet soyeux, mais assez clairsemé.

Les Alakalouf examinés en Europe présentaient le défaut de développement du système pileux que nous venons de signaler chez les Fuégiens adultes. Seuls, les deux hommes avaient quelques poils autour des lèvres, sur le menton et aux mollets; les autres sujets avaient la peau parfaitement glabre. L'analyse microscopique attentive de la peau des aisselles a permis à M. BischolT( ' ) de constater que les femmes ne s'épilaient point. Le même savant signale, en général, la

( 1 > Lof. Cil.

C1R\CTÈRKS MORPHOLOGIQUES (OBSERVATIONS S l' R LE VIVANTI. 1?î!>

rareté, presque l'ah-senee do poils et de glandes sudoripares; toutefois, nous avons vu souvent des Fucgiens transpirer assez abondamment sous l'influence d'un effort soutenu, de la course, par exemple.

Nous n'avons observé aucun cas de calvitie chez les Fuégicns ; un des Yahgan que nous avons connus portait le surnom de chauve : Çcilapatentsis, mais ses cheveux avaient repoussé depuis longtemps lorsque nous l'avons vu.

La candie complète est inconnue chez les Fuégicns : seuls les vieillards ont quelques poils blancs, mais ils ne grisonnent que dans un âge très avancé.

c. Couleur de la peau, des cheveux et des yeux.

i" Chez l'adulte. — La coloration de la peau chez les hommes est. dans la majorité des cas (19 sur 26, ou 73 pour 100), d'un jaune brunâtre ou rougeàtre, c'est-à-dire correspondant au 11" 26 du Tableau chromatique de Broca, mélangé aux n u " 30, 32 et 33; les mélanges n 0 ' 26-33, 2(5-32 et 30-32 se rencontrent le plus souvent. Le reste (5 sur 2G, ou 20 pour 100), ont la peau plus claire, correspondant aux n°' 25-32, 23-26, 25-26. Un homme sur 26 avait la peau brune (n"30) et un autre la peau rougeàtre (n° 31).

Chez les femmes, les teintes sont en général plus claires. La majorité (i5 sur 21, soit 71 pour 100) ont la peau jaune rougeàtre, mais plus claire que les hommes (n os 25-26, 25-32 et 26-32); 2 sont presque blanches (n' M 23-25 ) et deux autres ont la peau rouge brunâtre (n'" 30- 31).

La couleur des yeux est plus uniforme. Sur 24 hommes. 20 (soit Si pour 100) ont des yeux brun foncé ou noirs (n 0 * l et 2 du Tableau chromatique de Broca); 3 seulement (12 pour too) les ont brun clair ou bruns (n° 3). Un seul a des yeux gris foncé (n° 18).

Sur 21 femmes, la majorité (28, ou çp pour 100) ont les yeux brun foncé ou noirs (n'" 1 et 2) et une seule des yeux brun clair ou bruns <n 0, 3-i).

La sclérotique est très blanche, et non jaunâtre comme le ditWilkes. Sur 19 sujets examinés, on a constaté deux cas d'arcs séniles : chez

Kill mission or r.w moiin.

une vieille femme de (io ans et chez un jeune homme de 17 ans ( n° 3 du Tableau III ).

Quant aux cheveux, la couleur franchement noire t u"" 3i-'»l-'i8) règne exclusivement chez les femmes; chez les hommes, la même couleur prédomine : sur n \ individus, a seulement avaient des cheveux châtain fonce (n° 35). Deux fois sur cinq, la harhe avait aussi cette même couleur.

a" Chez l'enfant. — Il était intéressant de noter chez les enfants les changements «le couleur des yeux, de la peau et «les cheveux.

Nous avons divisé pour cela les 3a enfants que Ton a mesurés en trois groupes :

Ciar.."':i-. l'illc*.

i" groupe, «le -x à > ans S <i

?.° » <le (i à i<> ans s <>

3" » de 1 1 à i<> ans \ 3

triiez un nouveau-né, au moment de la naissance, la peau élait claire, rosée, mais pas tout à fait blanche; dès le lendemain, elle s'était fortement colorée cl était légèrement rouge cuivré: le deuxième jour après la naissance, elle passe au blanc un peu grisâtre, et, le quatorzième jour, c'est du n" 25 du Tableau de Rroca qu'elle se rapproche le plus, mais en restant beaucoup plus claire que cette nuance : elle ressemble en somme à la peau d'un Kuropéen.

LU garçon de io mois. Tounentsis, tils de Çcilapatentsis (n" 10. Tableau III ) et de l.atabilik kipa i,n° 17, Tableau IV ), avait le visage toul à fait blanc (n 0 * 23-26) et le corps d'un jaune franc (n°4i ). In autre garçon de i 2 mois, lils de Yakaif ( n°5, Tableau III ), avait la peau claire (n" 26) sur le corps et sur le visage.

Dans la première enfance, la peau est généralement un peu plus foncée chez les filles que chez les garçons; mais le contraire a lieu à partir de i i ans environ, quand les différences sexuelles commencent à se faire sentir: les jeunes filles et les femmes sont moins foncées que les garçons et les hommes.

En général, la peau brunit avec l'âge; ainsi, la couleur prédominante dans le premier groupe d'enfants est celle des n'" 25-26 : cela revient à dire qu'elle est aussi blanche que celle des Européens. Dans

CARACTÈRES MOKPIIOLOCIOIES < O H8K B V A Tl ON S fi t R |.R VIVANT) l«l

le deuxième groupe, la même couleur, mais mélangée d'un peu de rouge (n°32), prédomine également. Dans le troisième groupe, les nuances entre les couleurs brune et rouge (n°* 26-32, ou 25-32, ou 32-33) font leur apparition, et la couleur générale est presque la même que clie/ les adultes.

Pour les yeux, nous ne signalerons que les particularités suivantes : A la naissance, chez un nouveau-né que l'un de nous a observé, l'iris était noir; le troisième jour, il était brun assez clair, presque bleuâtre; le quatorzième jour après la naissance, les yeux étaient d'un gris foncé ( n u 18 ) avec un léger reflet bleuâtre de l'iris. Dès le dixième mois, il n'y a que des yeux brun foncé (n™* 1 et 2) chez tous les enfants.

La couleur des cheveux, au contraire, semble être plus claire chez les enfants que chez les adultes. Ainsi les deux enfants de i<> et ij mois déjà cités avaient les cheveux châtain foncé (n™ 27 et 28-35); d'autre part, nous avons pu constater des cheveux châtain foncé (n" 1 28 et 3ô) : cinq fois dans notre premier groupe (3 garçons et -i filles), trois fois (filles) dans le deuxième, et pas du tout dans le troisième. Ktant donné le même nombre d'enfants dans les deux premiers groupes, on voit que, dans le premier, celui des plus jeunes, le nombre de cheveux relativement clairs est presque deux fois plus grand que dans le second. Il faut noter cependant que, chez les deux nouveau-nés qu'on a pu observer, les cheveux étaient d'un noir parfait.

Les Alakalouf étudiés à Paris et à Berlin avaient la couleur de la peau un peu plus foncée que les Yahgan (n'" 29-30). Tous avaient des cheveux noirs.

CONCLUSIONS GÉNÉRALES SUR LE TYPE PHYSIQUE DES FUÉGIENS ET SUR SES AFFINITÉS.

Nous avons donné, dans les Chapitres précédents, la description détaillée du type physique des Fuégiens tel qu'il nous est révélé par I étude sur le vivant et sur le squelette; il serait maintenant utile et intéressant de caractériser en quelques mots ce type et de le comparer aux autres types de la race américaine, à laquelle les Fuégiens appartiennent incontestablement.

Mitiion du ray llorn, t. VII. •* >

Kli MISSION 01 CAP HORS.

Voici comment on pourrait formuler, suivant nous, les caractères du type fuégien : taille petite; tète volumineuse, relativement haute, mésocéphalc avec une légère tendance vers la dolichocéphalie chez les hommes, vers la brachycëplialie chez les femmes; crâne rétréci vers les tempes, pcntagonal vu de derrière; occiput aplati dans sa partie cérébrale, qui se trouve presque à angle droit avec la partie cérébelleuse; arcades sourcilières proéminentes, mais s'arrètant au-dessus du trou sus-orbilaire; face plutôt allongée, losangique, anguleuse: front bas, étroit, fuyant; orbites mésosèmes avec une légère tendance vers la mégasémie; yeux relativement petits, droits, rarement obliques; ouverture nasale allongée (leptorhinienne)\ os du nez souvent soudés prématurément; nez concave, parfois déprimé, à racine étroite, enfoncée sous les arcades sourcilières, aux ailes larges et à pointe retroussée; plus rarement droit. Distance interorbitaire étroite (sur le crâne); distance inlercaronculaire large (sur le vivant): bouche largement fendue; lèvres assez grosses et retroussées: prognathisme alvéolaire peu marqué; pommettes saillantes en avant. Cou court; tronc robuste, relativement long, trapu, cylindrique; courbe lombaire peu accusée; côtes fortes, peu tordues; épaules et cage thoracique larges; seins assez volumineux. Membre supérieur long par rapport à la taille, à cause surtout de rallongement relatif de la main: membre inférieur relativement court; fémur à pilastre, présentant très souvent un troisième trochanter; tibia platycnémiquc. Cheveux raides, lisses, droits, rarement ondulés; système pileux peu développé; couleur de la peau, jaune brunâtre ou rougeàtre chez les hommes, plus claire chez les femmes: yeux foncés.

Certains de ces caractères (largeur «les épaules, longueur relative du membre supérieur, etc.) sont dus à des causes physiologiques, au genre de vie, etc. D'autres, au contraire (nature des cheveux, couleur de la peau et des cheveux, etc.), sont communs à toutes les races américaines. Enfin, il y a un certain nombre de caractères qui sont spéciaux aux Fuégiens et les différencient des autres peuplades de l'Amérique du Sud. Parmi ces caractères, les plus importants sont l'indice céphalique. la taille, la forme de la face, du nez et de h bouche.

Indice ccp/talùjuc . — Ces Fuégien» sont mésocéphales [iud. céph.

CARACTERES Mo R l-ll o LOO I Q l ES (OBSERVATIONS SLB L8 V1VIM). 163

moy. 77 sur le crâne, 79 sur le vivant (')] avec une légère tendance vers la dolichocéphale chez les hommes, vers la bracliycéphalie chez les femmes. Ils diffèrent par ce caractère de leurs voisins immédiats: les Patagons (ind. céph. moy. 85 sur le crâne et sur le vivant) C) cl les Araucans ( ind. céph. moy. 82 sur le vivant, 81 sur le cràne)( J ): ils diffèrent également des tribus habitant beaucoup plus au Nord : les Pampéens (ind. céph. moy. 81 sur le crâne) (') et les Caraïbes (ind. céph. moy. 82 sur le vivant, 79 sur le crâne) (*). Ils se rapprochent, au contraire, de plusieurs populations dolichocéphales ou mésocéphales dispersées dans toute l'Amérique : certaines tribus Guarani (les Aturics, ind. céph. moy. 7! sur le crâne) (*); la plupart des tribus du sud du Brésil : les Coroados, les Tapottïos, les Paraguaîos, etc. (ind. céph. moy. de 70 à 79 sur le crâne) ( T ); certains éléments de la population du Pérou et de la Bolivie, notamment les Aïmara (ind. céph. moy. 78,0 sur le crâne), etc. .Mais ce sont surtout les Bolocudos (") que se rapprochent le plus des Fuégiens non seulement par l'indice cëphaliquc, mais par toute la structure de leur crâne, de même que par plusieurs autres caractères (taille, forme de la face, du nez, etc.). Comme ceux de Bolocudos, les crânes fuégiens présentent aussi des analogies frappantes avec les crânes, sinon préhistoriques, du moins très anciens, trouvés par Lund à Lagoa Santa (Brésil, province de

(') Ces indices, do mémo que ceux qui suivent, sonl donnés on chiffres ronds cl pour les deux sexes réunis.

(') Voir les Ouvrages déjà filé* de Wcistacli. Jankn, Moreno el Yirehow.

(») Voir Crama ethitica, p. .fjg; Vmcnow, Zeinchr. f Ethnologie, i8;i, f'erh., p. »5»; MiNuivmm, toc. cit., etc.

(') Davis. Thésaurus craniorum, p. J»5a; VlBciiOW, Zeitschr. f. Etluml., 1874. ter/i., p. 5«j.

(*) Manoivrier, toc. cit.; M il bel, Aient. .V«c. Anthrop., Paris, a* série, l. Il, 188:1; Prince Roi. Bonaparte, Les habitant* de Souriname, Paris. 188 J, in-\', pasiim ; Cranin ethnica, p. 47C; Tes Kate, Obscnations anthropologiques dans la Guyane, Ole. (Het: d'Anthrop., 1887, p. \'\),

(«) Pli. Rtcï, /.iude sur les liotacudos, p. {3.

C) Crania ethnica, p. 47^-

(*) Voir, pour lout ce qui concerne les Bolocudos : Rev, toc. cit.; Laceroa ol Pbixot», Contribuicocs para o stiuto anthropidogico dus rainas indigenat do Brazil ( Archivio do Museu nacional, Rio de Janeiro, 1. 1, 1876); cl surtout la Monographie de M. P. Eiibbnbkicu, b'eber die Bolocudos, t>\.c. ( Zeitschr. f. Ethnol., 1887, p. 1 et 4<j).

ilil MISSION OU CAP HOUN.

Mina^ Oraes), par M. Kotli à Pontimelo (République Argentine"), <'t si bien décrits par MM. Laccrda et Peixoto ('), de Quatrefages Ç 1 ) et Soren llansen ( J ). Il y a aussi des raisons de croire que les crânes extraits des cimetières environnant les Paradcms du Rio Negro < Patagonie), et décrits par Moreno (') et l.isla, se rapportent an même type, car ils offrent quelques analogies avec les crânes fuégiens. L'indice céplialiquc moyen des Hotocudosest de 78 sur le vivant, de 7") sur le crâne; celui des crânes de Lagoa Santa est de 71; celui des crânes des Paradcros varie du 7*J à 78 dans les diverses séries. Une remarque générale se détache de celte comparaison : c'est que les crânes fossiles sont beaucoup plus dolichocéphales qiKî, ceux des Bolocudos et des Fuégiens; il ne serait pas improbable que cc>4çrniers lussent les descendants des races primitives déjà métissés avèct&JkPaccs brachyeéphales.

Taille. — A part les Patagons, presque toutes les autres popY^ 1 tions de l'Amérique méridionale présentent une taille peu élevée; plupart cependant sont un peu plus hautes que les Fuégiens; ce sont encore les Botocudos et les Caraïbes qui s'en rapprochent le plus.

Taille

vu nu

l|i>ininr«. Fvmme*.

0 Aran. ans (Manouvrier cl Dcuiker) 1616 ij;8

1". Itotocmlos (Elirenreiili) 1.W6

71 Cnraïlies : (ialibi, Aravaks, kalina (Mail., Maur..

Bon. T.-K.) ,3f>(, r4'»4

» Indien* Pampas (Piiekhes).[OlcIemlori (>)] i.V-oàilho »

i3g Fuégiens (Yahgan et Alakalouf) ( H. et 1)., Man.) ... ij;- %\-~t

Notons que, d'après les ossements recueillis, les hommes de Lagoa Santa et de Pontimelo devaient être de petite taille.

i 1 > Lm: cit. 01 Mcm. Soc. ant/iropol., x' série, t. Il; 1*75-1 885.

<*> l>K Qi-ATUBFWJl», //Homme fmtile île Lagoa Sauta \hv,-ttia, etc. (Bulletin de t„ Soc. dei Amis des Se. mit. de Moscou, t XXXV; H.rpot. anthrap., t. III, p. 3Ji ►].

< 3 1 S'wkn IU»kn M C. F. Litke.n, /Mgoa Santa Racen, Copenhague, 18S9, in- j". au-f pl. et résiinv'- eu français (exlr. <ln recueil * K Mute» Ltiudii », r#«J. par l.îitken >.

('*'• Lu:, cit. et Revue d'Anthropologie, 1871, p. 72.

l'i ZeiKchr. / Ettmol.; \*-\. frr/,., p. 5.,.

CMIICTKHE8 MORPIlOLOr.lQt'ES I O n « f. H V A T I O N S S l' B LE VIVANT). Hi'i

Forme de /a face, du nez et de (a bouche. — La face losangique, aux contours anguleux, à pommettes saillantes, aux arcades surplombantes: le nez concave, étroit à la racine, large vers le bas et retroussé; la bouche large, aux lèvres épaisses, tout cela ne ressemble en rien à ht figure plate, aux contours doux et arrondis des Patagons, des Araucans et des Caraïbes; les individus de ces peuplades ne présentent pas non plus de saillie exagérée des arcades sourcilières; ils ont le nez saillanl, droit ou arqué, et la bouche moyenne, aux lèvres plutôt minces. Lu face des Botocudos rappelle, au contraire, en lotit point celle des Fuégiens; si nous voulions reproduire ici la description qu'en donne Khrenreich. nous serions obligés de répéter presque mot à mot la caractéristique «le la face fuégienne esquissée plus haut. Autant que l'on peut juger parles photographies, certaines tribus de la haute Amazone (surtout les Kauichanaau Cauixana, habitant entre le Yapoura et l'Amazone) ( ' ), de même que celles du Chaco paraguaien (Srtiuipfmas, Puyaguas. etc. ) t 3 ), présentent des traits qui rappellent les Fuégiens. D'après la description de M. Steinen ( 3 ), les Indiens Sotiva de la vallée du Rio Xingou (affluent droit de l'Amazone) ressemblent extrêmement aux Botocudos et, par conséquent, appartiennent au type que nous décrivons.

Quant aux caractères de la tête osseuse, ils offrent la plus grande analogie chez les Botocudos, les Fuégiens, les hommes de Lagoa Santa et, jusqu'à un certain point, chez les Paraderos : tous ces crânes smil mésoou dolichocéphales, comme nous l'avons déjà dit ; en outre, ils sont très hauts ou hypsicéphales (indice de la hauteur-longueur : 7 \ chez les Fuégiens, 7!» chez les Botocudos, 74 chez les hommes de Lagoa Santa, ?u chez les Paraderos); ils sont aussi tous leptorhiniens (indice nasal : 47. J chez 'es Fuégiens. |8 chez les Botocudos. 5o,7 chez les hommes de Lagoa Santa). En plus, la saillie glabellaire et des arcades, la simplification des sutures, l'obliquité de la région cérébelleuse, la forme pentagonalc du crâne vu par derrière, le prognathisme alvéolaire modéré, etc., se répètent dans chacune des séries de crânes fuégiens.

(') Voir IHuuw, .liit/iropiittigiu/t. Ellmnlo^iichei Mbtun in Plmtograpliicn . IW>:lin. 187 J- t K->; in-ful. {.Snrl-.-tmerica, pl. VIII, n" MI-.TKJ). ^'t l'hoitisrn|>hi«s <!« M. Ii> iv IIhssI.t qui oui figuré à l'Exposition universelle <le 1 1.») Durc/i Central- ISiwilien. \\ >o- \ Leipzig, 1KH6; m-«°.

HUi MISSION OV C\P IIORN.

hotocudos oit de bagoa Santa, et en partie dans ceux de Paraderos et dans quelques crânes aimara, paraguaïens, etc.

Tout ce que nous venons de dire nous autorise à formuler les propositions suivantes :

i u II existe, dans l'Amérique méridionale, une race (ou une variété, un type spécial de la race américaine) de petite taille, méso ou dolichocéphale, hypsicéphale, leploprosope; à nez concave, souvent retroussé, étroit à la racine, large en has; aux arcades sourcilièrcs proéminentes; à face losangiqiic. anguleuse; à bouche large, etc.

2" Cette race a du occuper jadis une bonne partie de l'Amérique méridionale, surtout les pays situés au sud de l'Amazone, comme le prouvent les restes fossiles ou subfossiles (Lagoa Santa, Pontimelo. Paraderos).

i" Aujourd'hui, cette race, à l'état plus ou moins pur, est réduite à quelques peuplades dispersées loin l'une de l'autre : les Fuégiens, les Botocudos, certaines tribus du Chaco et des affluents droits de l'Amazone.

/»° Les représentants de cette race se retrouvent isolément ou par petits groupes dans nombre de populations actuelles du Brésil, de la Bolivie, du Pérou et du Chili.

:*° Cette race forme un contraste frappant non seulement avec les Patagons (grands et brachycéphales), mais encore avec d'autres races sud-américaines ( Araucans, Caraïbes, Pampas, etc.) qui, tout en étant aussi petites, sont néanmoins brachycéphales, plalvrhinicnncs. ont le nez droit ou convexe, la face arrondie, etc.

6° Il est probable que la plupart des populations de l'Amérique méridionale sont issues des mélanges de ces trois races : petite et dolichocéphale (Fuégiens-Botocudos , etc.), grande et hrachycéphale (Patagons), et petite et hrachycéphale ( Araucans-Caraïbes), si toutefois il n'y a pas lieu d'admettre une quatrième race pour la région du nord-ouest de ce continent encore imparfaitement connue au point de vue anthropologique.

C»»ACTR»R8 PlirSIOl.OUIQDKS.

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