‹ Mission scientifique du Cap Horn, 18821883Chapitre 88 sur 161 · XII. Gangrène du imed. Mort. — Ouchpoukatvkanensis, homme de · texte numérisé non relu

XII. Gangrène du imed. Mort. — Ouchpoukatvkanensis, homme de

CARACTERES PATHOLOGIQURS. 225

35 ans, d'une bonne santé habituelle, nous montre, le i5 avril i883, un phlegmon de la jambe droite, avec douleur vive et fièvre. Une ponction exploratrice pratiquée le lendemain à la partie tuméfiée de la jambe, en dehors de la crête tibiale, en un point fluctuant, donne issue à de la sérosité purulente. La ponction avec le bistouri a été refusée par le malade qui a demandé des piqûres avec la seringue hypodermique dont, la veille au soir, on s'est servi pour lui faire à l'abdomen une injection de oP.oi de morphine.

Le 17 avril, ce Fuégicn demande des ponctions avec le bistouri sur la jambe; on lui en fait six ou sept, de préférence aux endroits qu'il désigne. Il ne sort que du sang et de la sérosité; les Kuégiens de l'entourage disent que le pus viendra plus tard.

Le 19 avril, le gonflement du pied et de la jambe gagne la cuisse; le pouls est à 120 0 , peau très chaude, langue sèche, un peu saburrale; anorexie. Le malade prend o' r ,o5 de morphine en potion. Il y a dans sa petite hutte environ vingt personnes et un énorme bûcher allumé, ce qui lui enlève toute possibilité de tenir la jambe étendue.

Le 20 avril, pouls à 120", l'enflure a envahi la cuisse; coloration noirâtre de la peau de la jambe.

Le 21 avril, laguérison du phlegmon paraissait complètement impossible si le malade restait dans sa hutte encombrée cl ouverte à toutes les intempéries de la saison. Nous proposâmes à la famille de transporter le malade dans une des cabanes de la Mission, servant de laboratoire d'Histoire naturelle; celte proposition fut d'abord acceptée; mais, au dernier moment, l'entourage du Fuégicn refusa. La hutte était de plus en plus obstruée par les indigènes et nous ne pûmes continuer à examiner le membre malade.

Le 2.5 avril, dans la soirée, les deux femmes d'Ouchpoukatekanensis nous déclarèrent qu'il était perdu et que nous pouvions le faire prendre pour le mettre dans le laboratoire, si telle était encore notre intention. Le transport eut lieu immédiatement. A ce moment, Ouchpoukatekanensis était moribond, le pied était gangrené ainsi que le bas de la jambe; il y avait en outre des symptômes de bronchite : toux et crachats muqueux abondants, que le malade ne parvenait pas à expectorer à cause de son extrême faiblesse.

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Oti MISSION DU CAP UORN.

Le 26, au matin, il expirait dans une agonie sans douleur, grâce à une injection de o« r ,oi de morphine.

Le corps, injecté à l'alcool, fut rapporté à Paris et. en faisant l'étude du système musculaire de ce sujet, nous trouvâmes la cause de ce phlegmon gangreneux : c'était une petite éclissc de bois de i8 n, " , de longueur qui avait pénétré à la partie moyenne de la région tibiale antérieure et s'était fixée en arrière du tendon du jambier antérieur, vers le milieu de la longueur de ce tendon.

Pendant sa vie, ce malheureux Fuégien n'avait pas eu connaissance de l'introduction de ce corps étranger, qui n'avait d'ailleurs laissé aucune trace extérieure de son passage. La pénétration de ce morceau de bois s'explique aisément par l'habitude invétérée chez les Fuégiens de coucher tout nus au milieu de débris de toute espèce. C'est ainsi que nous avons plusieurs fois, chez des femmes que nous examinions au spéculum, trouvé au fond du vagin et même sur le col de l'utérus, des morceaux de jonc qui avaient pénétré pendant leur sommeil et sans éveiller leur attention.

c. Affections internes.

XIII. Askuik. — Choiunaoinaolighir Kipa, femme de aï ans, mariée, sans enfants, nous fait appeler dans sa hutte le 8 mars i883. Malade depuis peu de jours, elle a des vomissements glaireux très fréquents, se plaint de souffrir du cœur (çenskin) et désigne en même temps le creux de l'estomac. La douleur n'est pas accrue par la pression. Pas de raies bronchiques ni pulmonaires. Bruit de souffle irrégulier du cœur, au premier temps, à la base. Pâleur très marquée du visage. Douleur dans la région lombaire.

Le <) mars, amélioration des vomissements et de la douleur épigastrique, à la suite d'une injection de o sr ,oi de morphine au creux épigastrique. Cette femme reparait à la baie Orange le 2» mars, après une absence d'une semaine, guérie et pagayant dans sa pirogue.

XIV. Pleurésie. — Tsingalai, homme de 60 ans, vient péniblement nous trouver, le 1 > janvier t883, avec les signes d'une pleurésie du côté droit, au début. Application de deux ventouses fortement scari-

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