‹ Mission scientifique du Ka-TangaChapitre 1 sur 47 · OUVRAGES DU MÊME AUTEUR · texte numérisé non relu

OUVRAGES DU MÊME AUTEUR

Chez Ch. Bulens, Éditeur, 75, rue Terre-Neuve, Bruxelles.

Vocabulaire pratique. (Français, Anglais, Zanzibarite (Swahili), Fiote, Ki-Bangui—Irébou, Mongo,

Bangala.) 2 6 : : ë : ÿ Ê : Ë 5 ; 5 ï e fr 2.00 La Station d’Équateur-Ville.

21 mois d'observations météorologiques e 5 ; : : : ù : - : ë . 1.00 Congo et Belgique. (In-5° illustré). . , Ë : à 5 $ : ; 38.50 Au Congo. Comment les Noirs travaillent. (In-5 illustré ) . : : : 2.00 Voyage au Congo. (Grand album de 1,000 illustrations.). Ô : ; : . ; 5 : 3.50 Africaines.

Contribution à l’histoire de la Femme en Afrique. (In-4° grand médian, illustré.). ; : : ; 12.00

Chez Henri Kistemaeckers, Éditeur, Bruxelles.

Histoires de Corps de Garde (par Musette).

Souvenirs de Sous-Lieutenant; 24 nouvelles illustrées par Flasschoen. - 4 à o È 3.00

A la Société générale d’imprimerie, Bruxelles.

L’Esperanto. Solution triomphante du problème de la langue auxiliaire universelle

Chez Ch. Bulens et chez P. Weissenbruch, Éditeurs, Bruxelles.

La Mission scientifique du Ka-Tanga.

Résultats des observations astronomiques, magnétiques et altimétriques effectuées sur le territoire de l'État indépendant du Congo, du 4 août 1898 au 2 septembre 1900 : 15 mémoires 1er mémoire. : : 10.00

Mémoires 2 à 15, chacun. : 5.00

Chez P. Weissenbruch, Éditeur, Bruxelles.

La Mission scientifique du Ka-Tanga. 16° mémoire. Observations altimétriques : Notes sur les déterminations d'altitude: tableau définitif des altitudes déterminées par la mission; table unique pour le calcul des altitudes de o à 2100 mètres dans les

régions comprises entre 12° de latitude Nord et 12° de latitude Sud . : . : $ © ; 5.00

Chez Goossens, Bruxelles.

Carte de l'itinéraire parcouru par la Mission scientifique du Ka-Tanga :

: I À à 2 feuilles au ———— en quatre couleurs . . 5 - : Chaque feuille. 5 10500 1.000.000

Note préliminaire sur les résultats des observations magnétiques faites au Congo de 1898 à 1900, par le capitaine Lemaire. (Bulletin de l'Académie Royale de Belgique, classe des

sciences, numéro de février 1901.)

Note sur la mouche Tsétsé.

(Bulletin de la Société de géographie d’ Anvers, numéro de décembre 1900.)

La Mission scientifique du Ka-Tanga.

Communication faite à la Société de Géographie commerciale de Paris. Bulletin de cette société, année 1907,

n° 6, 7 et8.) The Belgian scientific Expedition to Ka-Tanga.

Communication faite à la British Association for Advancement of Science, en son meeting de Glasgow,

septembre 1901. (Numéro d'octobre 1901 de The Scottisch geographical Magazine, avec 1 carte.

Grottes et Troglodytes du Ka-Tanga. (Photographies et cartes. (Numéros de novembre et de décembre 1901 de La Géographie, bulletin de la Société de Géographie de Paris.

The Congo-Zambézi Water-parting. (Photographies et carte.) (Numéro de février 1902 de The geographical Fournal, bulletin de la Royal Geographical Society, de Londres.

The Sources of the Congo. (Photographie et carte.) (Bulletin de 1902 de la Société de Géographie de Liverpool.)

La Ligne de Faîte Congo-Zambèze. (Photographies et carte.) [Bulletin de 1902 de la Société de géographie de l'Est (Nancy).]

Les Wamboundous. (Les colporteurs noirs entre l’Atlantique et le Ka-Tanga.) Carte.

(Revue de géographie, Paris, 1902.)

Pour paraître en 1902-1908 :

Atlas de 125 à 130 feuilles, au 55 60 en 5 couleurs, donnant l'itinéraire détaillé

parcouru par la Mission scientifique du Ka-Tanga.

Cet atlas paraîtra en trois sections.

Journal de route de la Mission scientifique du Ka-Tanga.

De . ” . . ” . . , I Trois mémoires, illustrés en noir et en couleurs, et formant le commentaire de l'Atlas au — À 20.000

Résultats des observations météorologiques effectuées par la Mission scientifique du Ka-Tanga.

Ce travail paraîtra sous les auspices du Service météorologique de Belgique.)

En préparation :

La cartographie astronomique au Congo. (Emploi du cercle méridien, du théodolite, du magné-

tomètre, etc.)

Ce livre est respectueusement dédié à Monsieur le baron Lambermont,

et à la mémoire vénérée de feu Émile Banning.

PRÉFACE de MowsiIEUrR ÉLISÉE RECLUS Géographe, Professeur et Directeur de l'Institut de Géographie à l'Université Nouvelle (Bruxelles).

Accompagné de tout un imposant cortège de mémoires et de documents scientifiques, cartes, dessins,

gravures, le livre de M. Lemaire est de ceux qui marquent une date dans l'histoire de la géographie. L'auteur y parle modestement de ce qu'il a fait, mais sous cette modestie on sent, à la noblesse tranquille de son langage, qu’il a la parfaite conscience d’avoir bien accompli sa mission, non seulement au point de vue materiel, mais en son ideal même : il a fait plus qu'on ne demandait de lui.

Lisez le récit du voyage! La marche journalière est souvent longue et pénible. Mais l'observateur chemine toujours régulièrement, comptant ses pas, annotant son carnet de route bien oriente. A l'étape, il se met aussitôt à une nouvelle besogne : rédiger des notes, faire des calculs, préparer, puis executer des visces astronomiques. Nulle minute fugitive qui ne soit employée; nul petit devoir qui ne soit realise. Sans doute, comme tous les voyageurs d'Afrique, M. Lemaire eut sa part de fièvres, de nausées, de blessures, mais rien n'empécha le travail, pour lequel la triomphante volonté l'avait revètu de ce «triple airain » dont parle le poète. Que la maladie vienne avant ou après l'heure, qu'importe! à la seconde exacte où il doit appliquer l'œil a telle ou telle lunette de son observatoire volant, il est la, le regard clair, la main ferme et la pensée nette. Il peut y avoir des nuages dans le ciel; il n'y en a point dans sa penusee.

Cette préoccupation absolue et victorieuse de bien faire, le chef de l'exploration ne fut point seul à Pavoir. A la lecture de l'ouvrage, il me semble pouvoir affirmer que les compagnons de M. Lemaire

participaient de son esprit, et comme lui travaillaient avec methode, avec conscience, avec passion.

Évidemment ils avaient été l'objet d'un choix scrupuleux avant le départ d'Europe; mais, certainement aussi, le noble exemple qu'ils avaient devant les yeux contribua beaucoup à les grandir, l'émulation du bien leur donna des forces. L'ideal de l’un étant devenu celui de tous, l'expédition, parfaitement homogène, formait une individualite collective, un seul corps et une seule äme. L'autorité, semble-t-il, n'avait pas eu besoin de se montrer ; elle s'était faite amitie, solidarite, justice. En un passage de son livre, l'auteur parle des «armes fortes et dignes du commandement », mais commander, d’après lui, c’est integrer dans l'ensemble de son devoir celui de la collectivité tout entière, c’est hausser le sens de sa responsabilité personnelle de manière à embrasser la responsabilite de tous.

= L'œuvre parlant assez par elle-méme, le style de l'explorateur n'est jamais emphatique ni fleuri; on se demande si parfois il ne serait pas trop bref, d'un sans-géne trop militaire. Mais la où des explications sont indispensables pour que, dans l'avenir, tel ou tel successeur de M. Lemaire puisse procéder sans aucune espèce de dificulté à quelque opération délicate, la phrase se développe amplement en détails d'une precision parfaite. Le livre devient alors, comme les cartes qui l'accompagnent, le plus impeccable des guides.

Quant à l'importance du voyage en lui-même, l'opinion unanime de tous les hommes competents l’a depuis longtemps proclamée! Au milieu du réseau déja très compliqué des itinéraires qui traversent le continent africain, les géographes distingueront désormais une ligne maîtresse qui se développe sinueusenent, sur une longueur d'environ 6,600 kilomètres, de l'extrémité méridionale du Tanganika à l'estuaire du Congo, et que jalonnent, de distance en distance, des points déterminés par des observations astronomiques. Cette ligne, tracce par M. Lemaire, est la solide armature a laquelle les cartes des contrées limitrophes seront désormais rattachées. L'œuvre accomplie est de celles qui durent à jamais.

Et ce voyage si utile par ses résultats scientifiques, si digne à cet egard d'être donne en modele aux explorateurs futurs, doit étre également signalé entre tous par la majesté pacifique avec laguelle il s’est toujours déroulé a travers les populations diverses dans l’immensité du territoire africain. L'expédition était officiellement chargee de transporter avec elle des fusils et des cartouches, mais celui qui en était l’ane savait parfaitement que ces armes lui seraient inutiles. Assure d'avance qu’il serait toujours équitable, bienveillant, affectueux, qu'il tiendrait toujours ses promesses, plus que ses promesses, et ne laisserait derrière lui que des obliges, il n'avait rien a craindre et veillait, avec une sollicitude constante, pour que tous les hommes de sa caravane fussent guides comme lui par un parfait esprit de justice. Une seule fois durant l'expédition, il eut a sévir avec une sainte colère, et ce fut pour prendre la defense d'indigènes qui avaient été traitreusement leses. Le nom de Lemaire restera dans l'histoire des explorations a côte de ceux des d'Abbadie, des Duveyrier, des Livingstone, qui brillent d'un éclat si doux, opposés à ceux d’autres voyageurs qu'il est inutile de citer. L'avenir marquera la place de chacun.

Le chef de la mission du Ka-Tanga peut regarder d'un œil satisfait la besogne accomplie. Il eut Pourtant une très grande douleur, presque au début de son voyage, celle de voir périr deux compagnons, donbVun, le géologue fean De Windt, n'avait pas encore donné à la science ce que l’on était en droit d'attendre de lui, ce qu'il waurait pas manqué de produire dans la compagnie du grand eévocateur de

travail qui l'avait pris pour collaborateur.

La puissance d’évocation intellectuelle et morale, telle est, en effet, me semble-t-il, la qualité maîtresse de notre explorateur. Il devait en étre ainsi, puisque la vie digne de ce nom consiste à réaliser son idéal, non seulement en soi, mais encore autour de soi, dans les hommes de son entourage, ct, par leur entremise, sur tout l'ensemble des choses extérieures. Telle fut la haute conception de M. Lemaire et telle fut son œuvre. Les ressources de toute espèce, matérielles et morales, les observations, les calculs, les combinaisons hardies, et les hommes eux-mêmes, toutes ces forces que d’autres employérent dans l'épopée humaine au «grand art de la guerre », il a voulu et su les appliquer au plus noble de tous les arts, le « grand art»

de la science et de la civilisation pacifique.

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