‹ Missions de l'Orégon et voyages aux Montagnes Rocheuses aux sources de la Colombie, de l'Athabasca et du Sascatshawin en 1845-46 [microforme]Chapitre 56 sur 85 · LATE RE · texte numérisé non relu

LATE RE

| dOgrn ce Fu d 4 Shaï

Village du Saint-Cœur de Jésus , Terres des Cœurs-d'Alênes , 29 février 4848.

NT: S: 3. : Lai LE nd : Mon névensxn Pias ex: J.-C.; , Mevoilà. done. arrivé au. bout du monde, au milieu, d’un labyrinthe de montagnes, de forêts, de lacs, de ri-

vières,.et occupé avec le Père Point à diriger la Mission Das Ann ont mire dan nes près. tous

Bou. atteindre. juaqu'à. ess régions .reeuldes.. à: travers

seachereux longs ot on pour un urregs, bles quil LADA coœume Les

Je lui présente la main, suivant l'usage de la prairie, et j'accompagne ce geste d’un bon jour, qui m'est rendu en français. Vous auriez peine à concevoir le tressaillement, qu’on éprouve en entendant, au milieu de ces vastes solitudes, l’accent de sa langue maternelle. « Quoi, vous parlez français! vous êtes donc Canadien? (les chasseurs Canadiens sont répandus dans toute la prairie). — Je suis Iroquois. — Vous êtes Iroquois! connaissez-vous Sainte- Marie? — J'en viens. — Et votre nom? — Ignace. » Je n'essaierai pas de vous peindre ce que je sentis alors. Ignace était le compagnon fidèle du révérend Père de Smet, un homme dévoué, un des meilleurs guides du désert. Sur le champ nous retournons à la caravane, dont je l'installe capitaine, heureux de me décharger en si bonnes mains d’un ‘commandement qui commençait à me peser.

À quelque distance de là, nous rencontrâmes plusieurs familles de Banaks, dont l'imprudence faillit nous être bien funeste. Ils avaient mis le feu à la montagne que nous devions traverser, et la flamme se communiquant des hauteurs à la prairie, était portée vers nous par un vent violent, Que feriez-vous dans une position semblable, au milieu d’une immense plaine couverte d'herbe sèche:que l'incendie dévore, en poussant devant lui d'épais tourbillons de fumée? Mettriez-vous une rivière entre vous-et ce réseau embrasé, qui enveloppe la caravane comme une proie? Bien; mais on n’a pas toujours une rivière sur s0n passage; et puis, si elle n’est pas large, l’obstacle est bientôt franchi. Que faire donc? mettre soi-même le feu à la

prairie sous le vent, et quand l'orage en a emporté:le

foyer loin de vous, se réfugier dans l’espace dévasté comme dans une oasis. Le défaut d'aliment ost, sans doute ,:la

meilleure barrière, qu'on-puisse opposer à un telennemi.

. Quoiqu'il nous menaçât de fort près, nous n'eûmes cependant pas besoin de recourir à cet expédient, Vers

LFPESSIRE TIRE II0eRI10eRo

e la prairie, et n'est rendu en tressaillement, ces vastes solijuoi, vous par- (les chasseurs trie). — Je suis ez-vous Sainte- — Ignace. » Je je sentis alors.

rérend Père de eurs guides du caravane, dont lécharger en si

commençait à

râmes plusieurs faillit nous être

cinq heures du soir, Ignace nous voyant à une: petite distance du feu , mais devinant que le vent allait changer de direction, nous fit camper à l’abri de quelques arbres verts, sur les bords du lit profond et rocailleux d'un ruisseau. Un spectacle des plus imposants nous fut donné pendant cette nuit. Imaginez-vous une mer de feu débordant sur la surface du désert; tantôt bondissant en gerbes embrasées à la cime des forêts qu’elle consume, tantôt ruisselant comme une lave &incclante jusqu’au fond des ravins, pliant ses vagues ondoyantes à toutes les sinuosités de la plaine, ou se soulevant avec effort vers le ciel, quand les vents contraires voulaient maitriser sa fureur. Peur nous, confinés comme des Lapons dans des trous de rocher, nous en sortions de temps en temps, pour obser. ver l'incendie et suivre ses progrès: il ne s'arrêta qu’à une portée de fusil de notre camp. | Ces accidents ne sont pas les seuls que le voyageur ait à craindre, en traversant les solitudes du Nouveau Monde, II est certaines régions, où le serpent à sonnettes se rencontre à chaque pas, et nous avions à peine mis le pied dans la prairie, que nos voituriers étaient déjà occupés à tuer ces dangereux reptiles. Du reste, leur vue fait ici moins d'impression, je crois, que leur nom en Europe, Je m'étais pourvu, à Peris, d’une fiole d'ammoniac liquide, qu'on dit être un spécifique infaillible contre les venins de toute espèce: cette précaution était parfaitement inutile, car à côté du mal la Providonce a prodigué le

e; elle m'a paru avoir beaucoup de bouc de vos prés; sa tête, qui s'élève au-demus autres herbes , la fait aisément reconnaître. On en fait la racine, qu'on réduit.en poudre, et il suffit d'en #pandre un peu sur la plaie, pour neutraliser yes l'effet du venin.

On lui stribue açore une autre vertu, celle d'engour-

dir le serpent par. son odeur. Notre interprète me racontait Mate mraps 0x irrité une de ces hideuses

bêtes, qui cherchait à s'élancer pour l’attcindre, il lui donon-levent, c’est-à-dire, se plaça de manière, que:le vent passât de lui au reptile. Il portait. heureusement de

la racine noire. Aussitôt la fureur du serpent se ealma; il .

se laissa approcher et tuer sans résistance. Un sifflement aigu, comme celui d’une clef percée, produit le .même effet: le monstre élève aussitôt la tête, parait, écouter attentivement et reste immobile. J'en ai vu. un de cette manière. Les voituriers ne. font pas tant de oérémonies : ils les tuent à coups de fouets.

L'homme n’est pas leur seul ennemi. Outre: dnaitess de proie, tous les individus de la famille des cerfs leur font la guerre, et voici comment: ils se dressent: sur: leurs jambes de derrièreet, se laissant retomber sur leur victime ; ils la coupent en morceaux avec la corne de-leurs pieds de devant, Mais le plus grand destructeur de serpents à.sonnettes, c'est le porc. D'abord, son enveloppe de; graisse est impénétrable au venin; puis son grognement. tout seul paralyse le reptile, dont il se nourrit avec avidité, ’interprète dont j'ai parlé, se trouvant avec quelques amis près d'une mission protestante, dans un endroit, où. il y a beaucoup de serpents à sonnettes, en rencontra un furieux comme le preinier. 11 courutchercher undes quadrupèdes du.ministre; dès. que le serpent l’entendit grogner ;.sa colère cessa comme per enchantement; il s'étendit souple et résigné devant le porc, qui le prit par la queue et ne leissa que la tête. J'ignore, mon révérend Père, si .ves détails ont quelque attrait pour vons;. mais je .suis -hien

sûr de vous intéresser, en vous parlant de nos chers néo-

phytes; et c'est pourquoi j'omets les autres circonstances de men voyage pour vous introduire plus vite anpels, de ces bons indiens.

Les lettres du R. P. de &met vous ont fait eonnsltre ls

BÉEBARSE: VRLEPEES Ton Sipaskoressence

pion rt Tutes-Plais, cette chevalerie erranie des montagnes. On remarque entre eux etnosCœurs-d’A nes, une

qui. m'est.pes à l'avantage de. ces. derniers, et nenidtos: quels dont, la cause. s'explique, peut-être par les conditions

de géographiques, au milieu desquelles le caractère des deux

PAS ail peuples « dd se développer. Plus rapprochés. des régions

Un clement} Ghte op le But, se pa quotidien de le ri.

roduit le .même ne.80. sont guère occupés jusqu'ici que de

chasse. Pour cela, il he tr Ja

ressent sur leurs ee de l'Est per des montagnes, qu'on ne franchit sur leur victime, qu'avec peine et dans la bonne saison seulement. ne vont de:leurs pieds de ge. chercher. leur nourriture hors du cercle étroit de » serpents à.0n- vallées; leurs ressources sont la petite. chasse, ie

oppe de: graisse agde col a chevreuil, le pêche, matt, à nement.toutseul D 19M66i ils sont pauvres, intéressés, mais faciles à plier au | avidité, “inter. teur ce A Fes plus modeste de la grande pue amis près Vous le voyez, Mon très-cher Père, je les ee de ren qi met dau due

Pauperes evangelizantur. Au ra er été

tits

ouverture au sommet, pour laisser une entrée au jour et une issue à la fumée. Dans cotte espèce de ruche on ne peut, comme vous au moyen de vitres, voir de l'intérieur 06 qui se passe au dehors ; mais on entend tout os qui se dit à demi-voix dans les logée: du voisinage, Un chef harangue-t.il les siens? personne ne sort pour létouter; mais à peine at-il fini, que toutes les cabaies retentissent da cri approbateur, qui ressemble asser aux huées de vollége. De cette facilité à saisir tout ce qui se dit, vient sans doute la publicité qu'acquièrent en un instant, les fautes les plus légères; et c'est ii un p frein pour RS dans une. grande réserve. Tout vindicatifs qu'ils sont , ils recevront une injure sanglente, sans en paraître affectés; leur rage s6 concentre au fond du cœur, sans: ide trahisse la moindre émotion.

de vous ai déjà dit un mot dés roisourees: alimentaires de nos Indiens; j'ajouterai quelques détails. Bien que la chasse au chevreuil ait lieu en toaté saison, l'hiver sur. tout en favorise le succès. Les chasseurs, réunis en grand nombre, cernent le gibier de manière à ee que, n'ayant pas d'autre issue, il soit réduit à se précipiter dans le lacs; on le poursuit alors en oatot, et le plus souvent ce

lac est large, œux qui euraient . aux l'indien, périssent dans les esux; 1lest.arrivé dla tribu, de-tuer ainsi jusqu'à trois sents chevreuils en un seul jour. C'est toujours à jeun, que le sauvage entreprend 6e expéditions ; il ne mange qu'à la fin de la chasse, et bien souvent, lorsqu'il nn mg bague a:

— St — ntrée au jour et endurer de privations: pesser trois ou quatre jours sans de ruche on ne prendre aucune.nourriture, n’est pas chose bien extreorir de l'intérieur > gel rt Au reste, quand les sauvages jeünent, d tout. o6 qui se presque toujours de leur part imprévoyence ou painage. Un -chef ad ge trs pêche, ils ont es pour Pétouiér; DE racines qui abondent, et la mousse qui ne manque jamais ; anes retentissent mais coci est l'affaire des femmes, aux huées de -Ches. les Ctœurs-d’Alénes, eomme parmi les autres qui de dit, vient œtüvages, les femmes sont aussi industrieuses, aussi infa- ‘un LL tigables que les hommes sont insouciants et paresseux. ‘Bay a pas longiemps, on ignorait encore dans ces contrées eo que c'est qu'une chaudière, et cependant, depourvues de tout vase, qui pût être soumis à l’action du feu, les mères de famille n'en donnaient pas moins à leurs alimente la cuisson convenable. Pour apprèter la viande, elles se servaient de paniers d'osier, enduits d’une espèce de ciment, qui ne se dissout pas même à l’eau bquillante, et elles obtensient ce degré de chaleur, en jetant sn hisntnipnsippnteste-Fêre feu.

Aujourd’hui les Cœurs-d’Alènes cultivent avec succès à petmods tes : telle farville qui n'avait pour outils que des bâtons pointus, en : récolté cette année environ œnt.boisseaux. Quand on ::ra pu procurer assez de pioches à nés Indiens, ils trouveront dans ce travail leur ne pire balises.

: Les malodies des sauvages se réduisent presque toutes, Mer arsehenaiine di-ses démagements d'estoues d'estomac Hs doivent les premières à leur négligence; se couchant

générale-

‘et dormant au premier endroit veni., sur un s0l

ment, humide, faut-il s'étonner qu'ils contractent de telles ‘infrmités ? Lours joùnes prolongés, suivis d'une voracité excèssive, sont plusque suffisants pour causer les secondes. Du reste, svcoutumés à avoir toujours la tête découverte, à oouris nu-pieds dans l’eau, dans la boue, dans ln neige, ils ne savent ce que c'est que migraines, maux

de dents, maux d'oreilles; et parmi nos vieillards , je t'en ai remarqué qu'un seul, qui grisonnèt un: pou. Aussi, quand le P. Point arriva dans la tribu, un des compliments qu'on lui adressa , fut de lui dire qu'il avait au moins cent ans. Je ne le cède guère, sous ce rapport, à mon confrère : cependant nos sauvages ont déclaré, que simes cheveux sont v'eux, mes yeux nelesont pas. : J'ignore encore à quoi se-réduisait la ‘science. médieale des sauvages, avant l’arrivée des Missionnaires. Actuellement nous sommes leurs seuls médecins; la plus légère “indisposition; ils vont la confier à la R: et il faut leur donner quelque médicament, ne füt-ce que pour calmer Jeur imagination. Je suis porté à croire, qu'autrefois ils avaient presque toujours recours à des pratiques superstitieuses, auxquelles ils joignaient pour tout traitement, ce qu'ils appellent la Suerie. Figurez-vous un petit dôme, construit au moyen de bâtons ployés en cintre, fortement entrelacés comme un épais réseau, et dont les deux extrémités sont fixées en terre; le tout est recouvert d'une forte couche d'argile, ne laissant vers le bas qu'une étroite ouverture carrée. La hauteur de la voûte peut être de cinq décimètres, sur un peu plus d'un mètre de largeur à la base ; au milieu de cette rotonde-est un trou, rempli de pierres rougies au feu. Le patient se glisse, comme il peut, par la porte qui lui est réservée, se range en demi-eercle autour de ce foyer ardentet y verse de l’eau, pourproduire une forte vapeur ; l'entrée se bouche avec soin, et, dans cette espèce d’ , ‘on donne aux mauvaises humeurs le temps de s’évaporer. Enfin le malade. en sort-pour :se plonger dans la rivière. Rien n’est si commun .que :06s Sueries, dans tous les lieux que nous avons parcourus. : Le gouvernement des Indiens est assez paternel. :Le pouvoir réside dans le conseil de la nation, présidé par ‘un grand-chef, à qui il appartient de notifier les décisions de l'assemblée. 11 n’est pas question, du reste, de pouvoir

L'rOop gmp oa me ee me =

législatif parmi nos sauvages. Avant l’arrivée des Missionaires, toute leur jurisprudence consistait dans ce qui leur était resté de la loi naturelle; aujourd’hui , les commandements de Dieuet de l'Eglise forment tout leur code. Quant aux ordontiances émanées d’une volonté humaine, l'usage n'en est guère connu; je douteméême, que le verbe commander existe dans leur langue. La puissance des chefs se borne ;à peu près à celle de la persuesion, à | F'autorité que donne la vertu. Il n’en est pas de même du:pouvoir coercitif ou judiciaire ; c'est aux chefs qu'il appartient de punir le désordre; les peines, qu'ils prononcent, se-réduisent au fouet et à l'exil. Ordinairement le conpable vient lui-même demander le fouet, S'il ne mônire pas cette bonne volonté, on lui-donne le choix entre les deux châtiments, et, quand ils’en trouve d'assez kardis pour tout refuser , rarement on emploie contre eux la farce lmais on Les rate à peu près en excommuniés, + Chaque: chef ses terres, qui se transmettent de père en file;-i a::aussi ses clients, qu’il nomme ses enfants: mais coux-ci ne lui. sont pas inféodés, au point de rester toujours enchalnés à sa ‘suite; libre à eux de passer sous uh'autre patronage. Tout chef a sur ses propres terres, le même pouvoir, que le, conseil a sur la nation; et, quand une affaire est portée au tribunal suprême, c'est uniquement pour-donner plus de force à la sentence, en. ôtant tout appui au ‘coupable, Si chaque sauvage a le droit de choisir entre les différents guides de la nation, ces. derniers ont à leur tour, le privilége d'éire celui qui est plavé:à leur tête; ils le nomment à vie: c’est un honneur RS ‘maintenant de notre manière , de rat Sans être à l'abri. des privations, elle n’impose cépendant pas tous les sacrifices, que je croyais inséparagr réa soins. de ceux qui m'ont précédé ici, nous sommes beaucoup mieux

= 9 — que je n'aurais osé l’attendre. Chaque prêtre a sa maisonnotte en bois; des fenêtres, aux vitres de papier, lui donnent assez de jour à l'intérieur et le mettent à même de braver le froid, qui du reste n’est pas sévère. Lorsque nous aurons remplacé la terre de nos toits par une bonne charpente, qui cet dé pre, Je compte que mous pour. rons aussi nous défondre de la pluie.

Quant à la nourriture, elle diffère pou de eslle de'nce sauvages. Parfois nous les suivons dans leurs excursions aventureuses, et alors c’est entre eux et nous une parfaite

communauté de biens et de fatigues. rh rnoaa j'allai passer l'hiver à l'extrémité du lac, au ‘de nos chasseurs, installé comme eux dans une simple loge. Lorsqu'il faitut retourner au’ village, je demandai à un Indien, s’il pourrait my reconduire en un jour, et'sur sa réponse affirmative, je no songeai point à prendre de provisions. Je mo couchai donc dans une: nacelle; tissue de petites branches rnoins fortes que l'osier; ét roepuverte d'une écorce de sapin plus fréle encore. J'avais de bonnes raisons pour me: tenir dans cette attitude; ear le moindre mouvement sur un bord ou sur l'autre aurait suffit, pour faire chavirer le mobile esquif; et, eommme j'avais passé la nuit précédente à écrire, No fegerrnts tal us sommeil.

‘Je ne dormais pas si profit, jus jé ea épi eusse bientôt de l'embarras du pilote. Le lso se trouvait vouvert de glaçons, qui meñecient à chaque instant de percer les flans du eanot ;'et de nous couler à fond. Mais voiei bien un autre obétacle. Ce ne sontplus des morceaux de glace isolés, qui nous mettent :on péril, e'est:le: lac entier qui se prend, tapes Lopertonass pouvons, pour camper eur Da grève. 4

I pleuvait, il ncigoait, et je n'avais: rien pour me britee sur cé bord rocailleux. Mes sauvages m'eurent bientôt tiré d'embarres; sans quo j'euses besoin de leur

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re a sa mais0n- dire un mot, ils éleyèrent avec quelques nattes une demi-

de papier, lui loge, dont la partie ouverte était défendue par un bon nettent à même feu; ils furent encore moins emibarrassés, quandilfutques-

sévère. Lorsque tion de se faire un gite à eux-mêmes ; le canot, couché per une bonne sur un de ses flancs, leur servit de toit, de plancher et de } Que nous pour- lit. Le lendemain nous fimes à pied le reste de la route, | Aime tantôt sur la neige, à-travers les bois, les marais et les idocelledends À broussailles; tantôt sur.le lag, quand la glace. était assez leurs excursions forte pour nous porter. Nous arrivâmes enfin, vers midi, ous'une parfaite avec un appétit fortement excité par le jeûne et la marche; nière, il me semblait que j'aurais fait honneur à un bon repss:

au ‘de nos on ne put m'offrir qu'un morceau de mousse. C'était la ne simple loge. première fois que j'en goûtais; je ne la trouvai pas man- ( geable; mais quelques jours après, j'y étais habitué. Au printemps dernier, nos confrères n'ont pas eu d'autre

Notre temps au village est partagé entre les fonctions du: saint ministère, l'étude de la langue et les travaux agricoles. Jusqu'ici le direction des âmes a été le partage presqu'exclusif du Père Point. Les soins matériels de la culture sont mon affaire. D'après les intentiois da nos

notre empoit ct pour le réaliser nous appalont de nouveeu RENAN FRE

+34 mR #t*

; “Agrées ete, ls

Ertrait d'une lettre de Al. Bolduc à A1. Capenne. \\ Cowlite, le 15 février 1844.

« Monsteun;

» Voilà près d'un an, que je n'o pes ou la siéilittisé de pouvoir vous écrire. Depuis cette époque, j'ai fait encore parmi nos sauvages de nouvelles-excursions, dont je me propose de vous rendre compte, après vous avoir dit

quelques mots ST TU TS D évangélisons.

s: D'après les rapports des pi navigateurs anglais, qu virent le Etes de True, au nord du fleuve Colombia, il parait que le territoire portant le même nom, fut anciennement découvert et habité par des Espegaols; on voit encore aujourd'hui des ruines en briques, pestes de ces premiers établissements, formés dans la vue d’attirer les nations sauvages à la connaissance de l’Evangile. Parmi les indigènes, on a trouvé ici des reliques attestant ce fait; un crucifix de cuivre, tout usé, est de : temps immémorial eu pouvoir d'une tribu. Comment, par qui fut-il apporté? voilà ce qu'elle ne peut dire. C'est très- ‘probablement vers le temps où ils s'emparèrent de la Californie, que lés Espagnols formérent un établissement sur l'ile Vancouver, séparée de la terre-ferme per le détroit

ds 88

M. Coptnne.

\\ ; 15 février 1844.

u la satisfaction que, j'ai fait enarsions, dont je

Le vous avoir dit

igateurs anglais, nord du fleuve prtant le même té par des Espenes en briques, més dans la vue ace de l’Evandes reliques atput usé, est de . Comment, par dire. C'est trèsrent de la Ca-

> par le détroit

dé Juan de Fuca. Gray découvrit le fleuve Colombia ; Vancouver le remonta jusqu’à la pointe où est bâti le Fort qui porte son nom, et prit possession du pays environnant. » La vaste contrée qui s'étend entre les Montagnes- Rocheuses et l'Océan pacifique, se divise en deux zônes distinctes par leur climaf, par leur aspect, par leurs productions; la ligne de séparation court parallèlement aux rivages de la mer du Sud, dont elle se tient éloignée d’environ deux cents milles. Moins boisée que les régions de l'ouest, la partie orientale s'élève par plateaux, dont les plüs éloignés sérvent de base aux monts Hood, Sainte- Hélène, (1) Reignier et Baker. Les cimes de ces montagnes s'élancent dans les airs à une hauteur prodigieuse et sont couronnées de neiges étérnelles. L'année dernière, les monts Baker et Sainte-Hélène sont devenus volcaniques; et même depuis quelques mois, le premier a éprouvé des changements considérables de forme, du côté où se trouve le cratère. Dans la zône orientale, le climat est sec et sain; en hiver comme en été, la pluie y est très-rare; la neïge ne s’élève jamais à plus” d'un ont On n'y voit ni marais, ni plaines inondées par les grandes eaux; point de brumes; aussi les fièvres n'y sontellespas connues.

» Dans la aertie inférieure, depuis octobre jusqu’en mars, les pluies sont e continuelles; des nuages » dont latn est constamment cachent le soleil pendant des semaines entières, et il n'est rh pente quinze jours, sans qu'on puisse . Cependant, dès qu'il peut se faire jour À les vapeurs, il aussitôt dans l'air üne CE Le pa, an hiver a été tout-à-fait remarquable, par le peu de pluie qu’on a eu; pendant une wie de l'a

a été mesurée pa e. Elle a uns élévation de

grande partie de février etvers lecammencement de mars, le temps a été magnifique; c'était comme au mois de mai; l'herbe croissait dans les prairies, les fraisiers étaient en pleine floraison.

»* En mers, les pluies sont plus rares; un soleil ardent réchauffe la nature, qui se pare d’une verdure naissante, Le blé, semé en automne, peut déjà en avril rivaliser de beauté avee celui qu’on voit dans le Canada, au mois de juin, Dès-lors et pour tout l'été, temps clair et fortes chaleurs. Quelquefais cependant d'épais nuages s'amoncellent; on dirait. qu'ils vont se fondre en torrents de pluie; mais bientôt ils se dissipent, sans avoir fait entendre nn coup. de tonnerre, sans même. donner la A que. en.malaene pauline MAN AË ne

n Dans le mais de juin, les rivièmes, gonflées.par la fonte des neiges sur les montagnes, inondent les plaines bosses et augmentent encore les dépôts d'eru croupissante, formés par les pluies d'hiver, Les vapeurs, qui s'en élèvent sous un soleil brülant, occasionnent au entretiennent les Sèvres tremblantes: plus fréquentes dame Les envies, où le rivières ont été plus débordées.

» Cette maladie règne dans presque tout le pays: depuis la fin d'août jusqu'à la mi-octobre, I1 est généralement assez rare que ceux, qui en sont une fois attaqués, ne le soient pas plusieurs années de suite; et comme je l'ai eue cette année pendant plus d’un mois, j'ai tout lieu de craindre encore pour l'avenir quelques nouveaux accès.

» Vous ne sauries croire, combien ont été épouvantables les ravages que ces fièvres ont portés, parmi les nombreuses tribus qui habitaient autrefois les bords du Colombia. Il suffit de dire, qu'on a trouvé de gros camps indiens entièrement détruits par ce fléau. Quand les sauvages se sentaient attaqués, ils allaient sans perdre de temps , se précipiter dans les eaux froides des rivières, et

ils mouraient sur le champ. Les blancs, avec les soins convenables, n'en meurent jamais.

: » H me semble que l’année dernière, je vous ai annoncé, que je devais faire une Mission dans Puget-Sound, et pénétrer, si je pouvais, jusque dans l'ile Vancouver; cette Mission a eu lieu et je vais vous en dire quelques mots. ja

»+ Pour parvenir à mon but, il eût été peut-être dangereux de pénétrer seul dans la grande ile Vancouver; aucun prêtre ne s'y était encore montré, et les sauvages de et endroit ne sont pas encore bien familiarisés avec les blanes. Or, en ce temps-là, l'honorsble Compagnie de la baie d'Hudson se préparait, à aller bâtir un Fort à l'extrémité sud de cette ile. M. Douglas, qui devait diriger cette expédition, m'invita me Qt nr at sage à bord de son vaisseau. J'acceptai bien volontiers ses offres et je quittai Cowlits, le 7 mars, pour me rendre à Skwally.

‘# Le steamboat le Beever (le Castor) nous attendait depuis quelques jours; cependant, comme il y avait plu« sieurs préparatifs à faire pour le voyage, nous ne montâmes à bord, que le 43 au matin. Après avoir marché toute la journée du 43, nous ancrâmes dans un remous, formé per une pointe de l'ile Whidbey, appelée Pointe- Perdix. Des lignes furent aussitôt préparées, et, pendant la voillée, nous eùmes le plaisir de prendre, pour le diner du lendemain, une grande quantité d'excellents poissons , assez semblables, pour la forme et pour le goût, à la morue du Canada; j'en ai remarqué plusieurs de quetre pieds de long.

: = Les eaux de la baie de Puget sont richement peuplées. Le saumon y abonde, c'est la plus grande ressource des indigènes. Dans les mois de juillet, d'août et de septembre surtout, ils en prennent à ne savoir qu'en faire. On trouve ici une espèce de poisson, bien plus petit que

ceux dont je viens de parier, et qui paraît être particulier à la côte du Nord-Ouest. On le voit ; au printemps, remonter les rivières en quantité prodigieuse. Il contient: une telle abondance de graisse, que, lorsqu'il a été pris dans : la bonne saison et qu’il est un peu sec, on peut l'allumer par le bout de la queue, et il brüle comme une chandelle jusqu ’à la tête. Les sauvages en font une excellente tie, qui leur sert à assaisonner leurs aliments.

» Le 14, de bon matin, nous levâmes l'ancre et dirigeâmes notre course vers l'entrée du détroit de Juan de Fuca: Nous allâimes à terre , et, après avoir visité un petit camp de sauvages de la grande tribu des Klalams, nous nous portâmes sur là pointe sud de l'ile Vancouver. Il était à peu près quatre heures du soir, lorsque nous ÿ arrivêmes. Nous n'aperçûmes d’abord que deux eanots; mais ayant tiré deux coups de canon, nous vimes les indigènes sortir de leurs retraites et entourer le steamiboat. Le lendemain, les pirogues arrivèrent de tous côtés::Je descendis alors à terre avec le commandant de l'expédition et le capitaine du vaisseau ; cependant ce ne fut qu'au bout de quelques jours, c’est-à-dire, lorsque j'eus des preuves non équivoques des bonnes dispositions des Indiens, que je me rendis à leur village, situé à NU EINU ports au fond d’une charmante petite baie.

» Comme presque toutes les: tribus d'alentour ; celle-ci pôssède un petit fort en pieux, d'environ cent cinquante pieds carrés. On se fortifie ainsi, pour se mettre à l'abri des surprises des Yongletats, tribu puissante et guerrière, dont une partié campe sur l'ile Vancouver elle-même; le reste habite sur le continent, au nord de la Rivière Fraser: Ces féroces ennemis tombent ordinairément de nuit sur les villages qu'ils veulent détruire, massacrent autant d'hommes qu’ils peuvent , et prennent les. femmes èt les enfants pour esclaves.

: + À mon arrivée, toute la tribu, hommes, femmes:et

tre particulier temps; remon- 1 contient une : peut l’allumer e une chandelle cellente huile,

l'ancre et diri-

“leurs enfants, un vieillard se leva et me dit: « Tes paroles

» d'en haut après leur mort, baptise tous ceux de notre » tous. » Je leur promis que je reviendrais, le dimanche, __» Cependant le bruit de mon arrivée s'étant répandu,

— SE — enfants, sé rangea sur deux lignes pour me donner la main, cérémonie que ces sauvages n'omettent jamais. Je les assemblai tous dans la plus grande loge, celle du chef, et là je leur parlai de. l’existence d'un Dieu créateur de toutes choses, des récompenses qu'il promet aux bonnes actions, et des châtiments éternels dont il puuira le crime. Mes instructions furent souvent interrompues per. les harangues de mes auditeurs. En voici une, que j'ai crue propre à vous intéresser. Au milieu de la foule, je vis un homme d'environ trente ans, qui se leva précipitamment et me dit: « Chef (4), écoute-moi. Il y a bien dix ans,

«j'ai entendu dire qu’il ya un maitre en haut, qui n'aime »: point le mel, et que, parmi les Français, il se trouve » des hommes qui apprennent à connaître ce maître. » J'ai aussi entendu dire, qu'il viendrait un jour de ces ».hommes-là sur nos terres. Depuis ce temps, mon cœur, »qui auparavant était très-méchant, est devenu bon; je ». 0e fais plus de mal. Maintenant que tu es arrivé .chez » nous, tous nos cœurs sont contents. »

» Un jour, que je leur parlais du baptème et que je leur disais, que déjà plusieurs nations avaient fait régénérer

» eont bonnes; mais on nous a rapporté, que ceux qui » ont été baptisés chez les Kwaitlens et les Kawitshins » (à la rivière Fraser),sont morts presqueaussitôt ; cepen- » dant, comme tu dis que c’est une bonne chose, nous te » croyons. Puisque l’eau sainte leur fera voir le maitre

» camp; fais-leur cette charité, car ils meurent presque

pour conférerce sacrement, et quetous devaients'y trouver.

plusieurs nations voisines arrivèrent en masse.

4) Ts donnen * ; dos À une 4 mer nlaqheng dans leur langue

» Le 48, qui était un samedi, fut employé à la construction d’une espèce de vaste reposoir , pour eélébrer à terre le jour du Seigneur. M. Douglasme donna plusieurs de ses hommes , pour m'aider dans cet ouvrage. De longues branches de sapin forméèrent les côtés de cette chapelle agreste , et les tendeletsdu steamboat , la couverture.

» Le dimanche au matin, plus de douse cents sauvages des trois grandes tribus Kawitshins, Klalams et Isamishs étaient rassemblés autour du modeste temple. Notre eommandent n'oublia rien de ce qui pouvait contribuer, à rendre la cérémonie imposante; il me dbhne liberté entière de choisir à bord tout ee qui était propre à servir de décoration, Lui-même, il assista à la messe, ainsi que quelques Canadiens et deux dames catholiques. Ge fut au milieu de ce concours nombreux, que, pour la première fois, nos saints Mystères furent célébrés sur cette plage, depuis tant d'années en proie aux abominations de l'enfer. Fasse le ciel, que le Sang de l’Agneau sans tache rende cette terre fertile, et lui donne de produire une abondante moisson !

» Ce jour étant celui que j'avais fixé pour le baptême des enfants, je me rendis au village principel, accompagné de toute la foule, qui avait assisté au service divin. En arrivant, il fallut encore donner la main à plus de six vents personnes. Les enfants furent disposés sur deux lignes au bord de la mer; je leur distribuai à chacun un nom, écrit sur un petit bout de papier, et je commençai la cérémenie. 11 pouvait être environ dix heures du matin, et lorsque j'eus fini, il était presque nuit. Alors, je comptai les nouveaux chrétiens et-j'en trouvai cent deux. J'étais épuisé de fatigue et néanmoins, je dus faire encore plus de deux lieues à pied, pour revenir au steamboat. j

» Suivant le plan de voyage tracé avant notre départ, nous ne devions rester ici que quelques jours et poursui-

TS D 0 0 0 mt ee et D em

vre ensuite notre eourse de fort en fort, jusqu'à l’établissement des Russes à Sitka ; mais le petit navire qui portait les provisions, destinées aux divers établissements de la côte, était attendu de jour en jour et n'arrivait point. Ce relard me contrariait beaucoup. M. le Grand-Vicaire m'avait dit, que son intention était d'établir, au commenéement de l'été, une Mission dans l'ile Widbey, et que je devais en fire partie. Voyant donc qu’à la suite de la caravane, je ne pourrais pas être de retour assez tôt pour remplir ses vues, je me décidai à revenir sans délai sur ‘mes pas. J'achetai un canot, et, ayant engagé le chef des Isamishs et dix de ses gens, à me conduire directement à l'ile Widbey , je quittai Vancouver le 24 de mars, empôitantavec moi les plus vifssentiments de reconnaissance, pour tous les égards du commandant de l’expédition et du capitaine Brotchie, dont j'avais eu tant à me louer, pendant la traversée des Îles Sandwich au Fort George.

» La mer était bien calme, mais le temps était couvert d’une brume épaisse. Par précaution, j'avais pris un compas, sans quoi je me serais indubitablement égaré, ayant une traversée de vingt-sept milles à faire. Le premier jour, nous atteignimes une petite ile, qui se trouve entre l'extrémité de Vancouver et le continent. Nous y passâmes la nuit. Mesindiens, qui avaient tué un loup marin d’un’ coup de fusil, firent grand festin le soir. Vous ne sauriez croire, combien un sauvage peut manger dans un seul repas; mais, s’il est vorace dans l'abondance, il sait aussi À og pr am

fatigue.

or, > A brise du Nord-Ouest; mes rameurs, avant de s'éloigner da rivage, montèrent sur une colline, pour reconnaitre si la mer était bien grosse au milieu du Détroit, Ils furent asses longtemps à se décider, Enfin ils dirent, qu'avec l’aide d’une voile, on pourrait se tirer d'affaire, Un mât fut donc préparé, une

couverture sais drole . aous voilà à la merci des

flots. Vers trois heures ,de, l'après-midi, nous abo à l'ile Widbey, non sans avoir couru quelque danger,

» Un grand nombre de sauvages Klalams et Skadjâts vinrent me recevoir sur le bord de la mer. Je connaissais de réputation le premierchef des Skadjâts, et je demandai à le voir; on.me répondit: qu'il. était parti depuis deux jours pour l'ile Vancouver, afin de m'y rencontrer. A sa place, on me présenta ses deux fils. L'un d'eux, en me serrant la main, me dit: « Mon père Netlam n'est pas ici, » il est allé à Kamosom (nom de la pointe ad de l'ile » Vancouver) pour ty voir; mais s’il apprend que tu es ».ici, il va revenir à Ja course. Il-sera bien content, si tu ». restes parmi nous; car il est fatigué de dire la messe » tous les dimanches, et de précher à ses gens! » J'ai su plus tard, que sa messe consistait à expliquer aux sauvages .de sa tribu l’échelle chronologico-historique de la religion, à faire force signes de croix et à chanter quelques cantiques avecle Xyrie, eleison.

» Je dressai ma tente près de la croix que M. ‘Blanchet avait plantée dans cette ile en 1840, lorsqu'il y. aborda pour la première fois. Le lendemain, tout le camp des Skadjâts se rendit près de moi, pour entendre la parole de Dieu. Pour vous donner une, idée de la population de cette tribu, il suffit de vous dire, que je donnai la main à plus ,de six. cent cinquante personnes, et ce n'était tout; plus de cent cinquante Indiens, qui avaient passé ] nuit près de ma tente, n'étaient point de ce nada presque tous les vieillards, les femmes âgées et. d'enfants étaient restés dans leurs cabanes, Après l'instruc- l'instruction, plusieurs cantiques furent chantés avec un tonnerre de voix étourdissant, :

4 Plusieurs parents m'avaient. prié de baptiser leurs enfants; je me rendis au village, et demandai qu'on me présentât tous les jeunes Indiens au-dessous de sept ans,

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Ja merci des us. ebordämes ue danger.

ns et Skadjôts Je connaissais et je demandai rti depuis deux encontre? . A sa | d'eux, en me m n'est pas ici, nd de l'ile rend que tu es n content, si tu » dire la messe

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qui. n'avaient pas encore reçu la gréce de la régénération. Aucun d'eux ne fut oublié; ils étaient au nombre de cent

cinquante. Cette fois, la cérémonie eut lieu dans une

‘petite prairie, entourée de hauts sapins séculaires, 11

n’était pas midi, lorsque je commençai et je ne finis qu'au coucher du soleil. J'étais mort de fatigue; le ciel avait été sans nuages et le soleil ardent, ce qui m'avait causé un violent mal de tête. De plus, un bien mince déjeüner, que j'avais pris de bon matin, dut me soutenir jusqu’à la nuit close.

» Le 27, le chef des Skadjâts me déclara qu’il ne convenait point, que je fusse logé dans une maison de toile {sous une tente): « C’est pourquoi, ajouta-t-il, demain, » tu me diras, où tu veux que nous te construisions une » demeure, et tu verras combien ma parole est puissante, » quand je parle à mes gens. » Voyant la bonne volonté de ce chef, je lui indiquai une petite éminence et aussitôt, je vis arriver plus de deux cents travailleurs; quelquesuns avaient des haches et étaient destinés à couper le bois; les autres devaient le charrier sur leurs épaules. Quatre des plus habiles se mirent en devoir d'ajuster la charpente. En deux jours tout fut terminé, et je me trouvai installé dans une maison de vingt-huit pieds de long, sur vingt-cinq de large. Bien entendu, que le bois était brut; mais le toit était couvert en écorce de cèdre, et l'intérieur revêtu de nattes de jonc. Pendant toute la semaine, je fis plusieurs instructions à ces sauvages et leurappris des cantiques; car, avec eux, si l’on ne chante pes, les meilleures choses ne valent rien; il leur faut du bruit.

» J'avais terminé les exereices de la Mission, lorsqu'arrivérent plusieurs sauvages du continent. Dès qu'ils m'aperçurent, ils se jetèrent à genoux près de moi et s’exprimèrent ainsi: « Prêtre, voilà quatre jours, que nous » sommes en chemin pour te venir voir, nrus ù mar-

ché la nuit comme le jour et presque sans manger.

Maintenant que nous te voyons, nos cœurs sont dans

une grande joie. Aie donc pitié de nous; nous avons

appris, qu’il y a un maître en haut, mais nous ne savons

pas lui parler. Vienschez nous, tu baptiseras nos enfants

comme tu as baptisé ceux des Skadjâts. » J'étais attendri par ces paroles. Assurément, je n'aurais fait aucune difficulté de les suivre dans leurs forêts; mais je n'avais que peu de jours pour me rendre à Skwally, où … j'étais annoncé. I fallut partir.

» Je quittai ces bons Indiens, le 5 d’avril. Pendant mon séjour au milieu d'eux, je n’ai éprouvé que des consolations. Ce sont eux qui m'ont nourri, et bien certainement ils sont allés au delà de mes désirs.

» Vous voyez, Monsieur, par cette relation, que les sauvages de la baie de Puget montrent assez de zèle pour la Religion; cependant ils ne comprennent guère l’étendue de ce mot. S'il ne s'agissait que de savoir quelques prières, et de chanter des cantiques, pour être chrétien, il n'y en aurait pas un quine voulût le devenir, Mais il est un point capital qui les retient, c’est la réforme des mœurs. Aussitôt qu’on touche cette corde, leur ardeur se change en indifférence. Les chefs ont beau faire à ce sujet de véhémentes harangues à leurs gens, quelle impression peuvent-ils produire, eux qui sont les plus coupables! Je ne me défie nullement de la Providence; mais on peut’ dire, sans trop s’exposer à commettre d'erreur, que nos principales espérances ne reposent pes sur les tribus, qui habitent les bords de l'Océan, ou qui sont fixées à l’embouchure des nombreuses rivières qui s'y-jettent.

» J'ai l'honneur d’être, Monsieur, votre très-humble serviteur,

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S: François-Xavier du Wallamette, er Juin 1847,

Éxivait d'une Lettre du. Mév, D. Aecolti, Supér, de La «Résidence de St. François-Xavier au Wallamette, au Ré, D. Van De Velde, Provincial.

: Mon Rév. Pèas en J.-C. :

«Votre Révérence connaît déjà l’état de nos missions et les fruits, qu’elles ont produits. Le ciel a daigné récompenser les travaux de vos enfants. Déjà plus de six mille indiens adorent le Tout-Puissant comme le seul vrai Dieu et professent lafoien Jésus-Christ. Destribus entières

suivraient bientôt l'exemple de.ces nouveaux et fervents

néophytes, si nos supérieurs, dans leur charité et leur zèle, augmentaient le nombre des Ouvriers Apostoliques. Peut-être-trouverez-vous des personnes, qui, amateurs de la:critique, supposeront de l'exagération dans les rapports que aous faisons des missions. Ne les écoutez pas; je puis vous assurer , que, lorsque ces missions sont vues de près «et sans préjugé, la réalité surpasse toute relation, qui en-a été faite jusqu'à présent.

Pendant une seule excursion dans la Nouvelle-Calédo-

En le Père Nobili a baptisé au-delà de six cents sauvages ;

ia, bâti quatre églises et planté plusieurs croix. Les demandes et les instances urgentes de ces pauvres Indiens,

pour obtenir des prêtres qui résident parmi eux, excitent à la compassion, ceux qui voudraient leur accorder des secours spirituels et matériels, mais qui n’ont ni ouvriers évangéliques, ni moyens à leurs dispositions. . Les dispositions naturelles de ces sauvages sont trèsfavorables; si nous avions trois missionnaires zélés dans ces régions du Nord, la connaissance du S' Nom de Jésus et de sa sainte Loi, ne tarderaient pas à être annoncée jusqu’ au bord glacial du détroit de Behring. Je ne parlerai pas de nos premières missions de S'° Marie parmi les Têtes-Plates; du Sacré-Cœur de Jésus parmi les Cœursd’Alénes et de St Ignace à la Baïe des Kalispdls, où nous avons des résidences et desstations; ni de plusieurs autres tribus que nos Pères visitent régulièrement. La plupart de ces sauvages ont été baptisés et le nombre des catéchumènes qui suivent les instructions, et qui se préparent au bonheur du baptême, est très-grand. La piété, de prime abord, paraît comme naturelle à ces Indiens; tel cependant n’est pas le cas; plusieurs de ces tribus ont été plongées dans un profond abime de débauches et de crimes. Il a fallu de leur part de grands efforts, pour vaincre la perversité et la dureté de leurs cœurs. La grâce du Seigneur est puissante: elle leur a .été offerte et les sauvages y ont été fidèles. Mon cher Père, je parle consciencieusement; je n’exagère rien; j'exprime l'opinion générale de tous les étrangers, des protestants mêmes, qui sont forcés de rendre témoignage à l'évidence des faits. Oh! que la moisson est belle! Oh1 que cette grande vigne se présente favorablement dans ce vaste désert, dans cette région lointaine! Au Nord de l’Orégon seul, et au Nord-Est des Montagnes-Rocheusés, il y a plus de cent mille sauvages à convertir. Tous ces Indiens appellent Ja Robe-Noire, lattendent avec presqu’autant d’impatience qu’anciennement, les enfants ___— attendaient la venue du Messie.

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d'ai tout lieu do croire, mon Rév. Père, qu'une petite

esquisse de l'état actuel des Églises dans l'Orégon, vous sera agréable.

Voici le liste de nos établissements catholiques : . 4° La Cathédrale de S' Paul , au Wallamette. & L'Église de S' Jean-l'Evangéliste, à la ville d'Orégon. 3°. La nouvelle Église, dans la Grande Prairie (Wallamette.)

4 Le Collége de S* Joseph, à S* Paul du Wallamette.

‘Be La Chapelle, le Couvent et l'École des filles de St Marie du Wallamette, 6° La Résidence de S' François-Xavier, au Wallamette. 7° L'Église et l'Etablissement de S' François-Xavier, | au Cowlitz.

8° La Chapelle de S' Jacques, au Fort Vancouver. 9 L'Église et la Résidence de S' Marie, parmi les Tétes-Plates. ; 40° L'Église et la Résidence du Sacré Cœur de Jésus, parmi les Cœurs-d’Alêues.

41° L'Église et la Résidence de S' Ignace, parmi les Kalispels de la Baie.

42 La Chapelle et la Station de St Paul, parmi les __ … Shuyelpis ou Chaudières.

45° La Chapelle et Station de S' François Régis, parmi les Métis, entre les Kalispels et les Shuyelpis. 44°: La Chapelle au Lac Stuart, dans la Nouvelle-Calédonie.

45° La Chapelle au Fort Alexandria, dans la Nouvelle- Calédonie.

46° La Chapelle aux Rapides, dans la Nouvelle-Calé- . donie.

47° La Chapelle d’Appatoka, dans la Nouvelle-Calédonie.

48 La Station de S' Pierre, au Lac Supérieur de la Colombie.

19° La Station de St François-Borgie, “parmi les Pendsd’Oreilles supérieurs.

20° La Stationde l’Assomption, parmi les Ares-à-Plats. 21° La Station du Cœur Immaculé de Marie, parmi les Koetenais. 22 La Station de St Joseph, parmi les Okinaganes. 23° L'Eglise dans l'ile de Whitbaie, sur les côtes du Nord-Ouest.

Ceci est le résultat. de ce que le Seigneur a daigné opérer dans cette région lointaine, depuis l'année 1858, lorsqueles premiers missionnaires: Mo r Blanchet etle Rév.' Monsieur De Mers, appelé à l'Evêché de l'ile Vancouver, sont entrés dans l'Orégon. Il est certain que si nous avions un plus grand nombre d'Ouvriers Apostoliques, des hommes humbles et doeiles, d'un aèle, prudent, d’un jugement droit, d’une santé robuste, et surtout d'une piété solide et exemplaire; un bien immense se ferait parmi les colons, mais surtout parmi les indigènes du territoire.

En union de vos S' Sacrifices et prières, j'ai l'honneur d'être,

Mon Rév. Père,

Votre très-humble et trèsobéissant frère en J.-C.

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