‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 31 sur 108 · PR TEE NE MEE MP · texte numérisé non relu

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L'étendard du chrétien, la croix, a été érigée à la source de ces deux rivières : puisse-t-il être u signe de salut et de paix pour toutes les tribus disséminées et errantes qui se trouvent à l’est et à l’ouest de ces montagnes gigantesques et terribles.

L'aigle, emblème du guerrier Indien, se perche sur le cyprès, dont le bois sert à faire la croix. Le chasseur le vise, et le noble oiseau tombe en conservant sa royale fierté. Ceci me rappelle les beaux vers de lillustre Campbell que je cite en entier.

« Lorsque le roi des oiseaux est tombé, on dirait d'une royauté en ruines. Bien que son regard soit éteint maintenant, il a cependant contemplé le soleil en face. Il était le sultan du ciel, et la terre paya un tribut à son aire. Il était perché plus haut qu'aucune forteresse crénelée bâtie par les conquérants de la terre. Il bravait la tempête et la châtiait de ses ailes. Il arrêtait son vol aussi facilement que l’Arabe bride sa monture; il se plaçait pour son plaisir sous le zénith du ciel, comme une lampe suspendue à un dôme d'azur; tandis qu’au dessous de lui les montagnes du globe resseinblent à des taupinières, et les fleurs à des fils brillants. »

Nous déjeunâmes au bord d’un lac limpide, au pied de la Croix de Paix, d'où j'ai l'honneur de dater ma lettre, et de vous renouveler l’assurance de mon profond respect. Je recommande particulièrement à vos ferventes prières ce vaste désert qui renferme tant

d’âmes précieuses ensevelies dans les ombres de. la mort.

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Je suis, Monseigneur, votre très humble et dévou serviteur en Jésus-Christ.

J. J. DE SMET, S. J.

Ca A. M. D. G.

Camp des Assiniboins, 26 septembre 1845.

Iciles prairies émaillées de fleurs sont courônnées d’une fraiche verdure, et les violettes embaument l’air de leur doux parfum,

MONSEIGNEUR

Nous entrâmes par une lescente fort raide dans une riche vallée agréablement variée par des prairies émaillées, de magnifiques forêts et de beaux lacs, dans lesquels la truite saumonnée abonde tellement qu’en peu de minutes nous nous en procurâmes suffisamment pour faire un excellent repas. La vallée est bornée des deux côtés par une suite de roches pittoresques dont les hauts sommets, semblables à des pyramides, se perdent dans les nues. Les célèbres monuments tant vantés d'Egypte, construits par Chérops et Cephren, s’effacent devant cette gigantesque architecture de la nature. Les pyramides naturelles des Montagnes-Rocheuses semblent se railler de l’habileté artificielle de l’homme; elles servent de lieu

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de repos aux nuages qui viennent entourer leurs fronts. La main toute puissante du Seigneur en a posé

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mer. et elles proclameront dans tous les âges sa puis-

LL! sance et sa gloire.

Nous sôrtimes de cette délicieuse vallée le 18 septembre, après une excursion de trois jours, et nous recommençcâmes nos périgrinations dans les monta-

! gnes; elles ne nous présentèrent que des obstacles et

“ des contusions pour les hommes et les chevaux. Pen-

s de fleurs L ? dant six heures nous fâmes obligés de marcher à tra-

ine fraiche LE tes embau- ! *

vers des fragments de rochers brisés, et au milieu d'une immense forêt incendiée où des millions d’arbres à demi-consumés jonchaient le sol dans toutes les directions. Il ne restait pas la moindre trace de végétation; jamais je n’ai vu un incendie si terrible et si destructeur. Nous atteignimes la rivière des Arcs ou Askow dans la soirée, et nous plantâmes notre tente solitaire sur ses bords. Ici nous découvrimes quelques vestiges d’un parti de sauvages. Cinq jours auparavant neuf loges d’Indiens avaient campé dans ce même lieu. Nous fimes de soigneuses recherches. et mes guides pensèrent que c’étaient les formidables Pieds-Noirs. Le même jour nous vimes deux fumées sélever à l'extrémité de la plaine sur laquelle les sauvages avaient passé. Mes compagnons semblèrent hésiter à l'approche de ces terribles Pieds-Noirs. Ils me racontèrent leurs rêves de mauvaise augure et me dissuadèrent d'aller plus avant. L'un disait : « Je me suis vu dévoré par un ours sauvage ;» un autre : « Jai

me

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vu des corbeaux et des vautours (oiseaux de mauvais M Leur f présage) planer sur la tête de notre père; » un troi- BA qu'ils ë à

sième avait vu un sanglant spectacle. Je leur raconta

ec

Fe loups à mon tour l’histoire d’une de mes sentinelles, vrai EX fortun Fu

type de vigilance, de courage et de naïveté. de leu

. mil || Dans les horreurs de la nuit sombre, de

Rien de plus sûr, mes yeux ont vu | Pauvre Des sauvages la méchante ombre . quelqu | Qui par trois fois a reparu. « garde @ Plein de courage, je m’élance, ;) me ré Où plutit je veux m'élancer, 7

Quand du fer de sa longue lance j Ia CON

L'ombre accourut pour me percer. ; ventes

IH Aux armes, aux armes! l’Indien ! | © dent

\l : moi, m'écriai-je, l’Indien! À Scigneu Soudain le camp tout en alarmes

S’éveille et voit que je dors bien. (1) ROUE

{|| - 4 succès

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qi Lerécit des rêves desonimaginationles amusa beau- linuatio {| il : \ 1° 1 4 i Bill coup, et ils semblèrent comprendre que j'attachais | © fréquen: AT ; k 0 à | À | peu d'importance à de semblables visions. « me déto

| EUR «Arrive que pourra, » dirent-ils, « nous ne quit- | # puis ma

rais. Je ne pus cependant me faire illusion. J'avais h / tes. Je enfin pénétré dans un pays qui avait été le théâtre de 4 quelles nombreuses scènes sanguinaires. J'étais maintenant } : près, sur les confins mêmes de ces peuples barbares, d'ou k * Und il était possible que je ne revinsse jamais. avait trc Lorsque les Pieds-Noirs apprennent qu’un de leurs Be qu'il av: parents a été tué, il arrive fréquemment que dans RP! maladie

til terons jamais notre père que nous ne le voyions cn | | le 20 n 14 | | lieu de sûreté; » c'était précisément ce que je dési- } © inconnu

| il

(1) Ces vers ne sont pas du traduc'eur, et qu'ils

leur furie indomptée ils expédient le premier étranger qu'ils rencontrent, le scalpent, et abandonnent aux loups et aux chiens les entrailles palpitantes de l'in- {ortunée victime de leur vengeance, de leur haine et de leur superstition. Je vous déclare que j'étais assiégé de mille inquiétudes au sujet du sort qui m'attendait. Pauvre nature! Ce timide ct fragile meus homo est quelquefois sous l'empire de cruelles terreurs. Il regarde en arrière et croit aux songes. Mes vœux ardents me répétaient constamment : avance ! Je placai toute ma confiance en Dieu. Les prières de tant d’âmes ferventes m'encourageaient et me ranimaient , je résolus de n'être plus déconcerté par un danger incertain. Le Seigneur peut quand il lui plaît amollir les cœurs féroces et sans pitié. Le salut des âmes est en jeu, et le succès de la mission de Sainte-Marie dépend de la con-

MAUVAIS un troiracontai Iles, vrai

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