Autrement nation des Puant.s
chrétiens. Un d'eux m'a brûlé ma petite maison que je m'étais bâtie près de son bourg, il l'a fait probablement pour apaiser la douleur qu'il a éprouvée de la mort de ses deux enfants qui furent tués il y a quelque temps par un Sauvage. L'un de ces enfants était baptisé et n'avait que trois ans, l'autre qui ne l'était pas était âgé de cinq à six ans. Comme j'étais entré un jour dans sa cabane et que j'y faisais faire les prières, tout près des ossements de ses enfants que j'ignorais être en ce lieu , il me dit : « As-tu de l'esprit? » Je lui répondis : « Qu'en penses-tu? — Je pense que tu n'en a pas, me dit-il ; mon enfant a été baptisé et a été tué. » Je lui déclarai que j'improuvais cette action et que j'avais blâmé l'assassin ; ensuite, je lui parlai du bonheur de celui qui avait été baptisé, de quoi il me parut assez satisfait ; mais quand je fus parti , il ne laissa pas de brûler ma cabane.
Après être demeuré quinze jours chez cette nation à qui on donné le nom de la Folle-Avoine ', et y avoir baptisé six enfants, j'en suis parti pour aller instruire une autre nation qui n'a point de nom français, mais qui est appelée dans la langue des Sauvages Oliaraouatenon. J'y suis resté trois semaines et j'y ai donné le baptême à dix personnes; puis, étant entré plus avant dans la baie, j'ai reçu dix-neuf de ces infidèles dans le sein de l'Eglise. Je m'arrêtai ensuite