SCENE IX et derniere
PHEDRE , PANOPE , THÉSÉE , THÉRAMÈNE , GARDES , dans le fond .
Thésée, à Phedre,
Eh! bien, vous triomphe!, et mon sans rie.... Ah ! que j’ai lieu de craindre i et qu’un cruel soupçon , L’excusant dans mon coeur, m’alarme avec raison !... Mais , Madame , il est mort ; prenez votre victime. Jouissez de sa perte, injuste ou légitime.
Je consens que mes yeux soient toujours abusés:
Je le crois criminel , puisque vous l’accusez.
Son trépas à mes pleurs offre assez de matières,
Sans que j’aille chercher d’odieuses lumières
Qui , 5ic pouvant le rendre à ma juste douleur. Peut-être, ne feroient qu’accroître mon malheur. Laissez moi , loin de vous et loin de ce rivage ,
De mon fils déchiré fuir la sanglante image !
Confus , persécuté d’un mortel souvenir,
De l’univers entier je voudrais me bannir •
Tout semble s’élever contre mon injustice.
L’éclat de mon nom même augmente mon supplice 1 . Moins connu des mortels je me cachcrois mieux :
Je hais jusques aux soins dont m’honorent les Dieux! Et je m’en vais pleurer leurs faveurs meurtrières. Sans plus les fatiguer d’inutiles prières.
Quoi qu’ils fissent pour moi, leur funeste bonté Ne me saurait payer de ce qu’ils m’ont ôté!
PHEDRE
Non, Thésée; il faut rompre un injuste silence.
Il faut à votre fils rendre son innocence :
11 n’étoit point coupable.
Thsséi, à part.
Ah! pere infortuné !..,
( A Phedre. )
Et c’est sur votre foi que je l’ai condamné!
Cruelle! pensez-vous être assez excusée?...
PHEDRE, l'interrompant.
Les moment me sont chers : écoutez-moi , Thésée , C’est moi qui sur ce fils , chaste et respectueux. Osai jetter un oeil profane , incestueux.
Le Ciel mit dans mon sein une flamme funeste. l.a détestable (Kr.onc a conduit rout le reste.
Elle a craint qu’Hippolyte , instruit de ma fureur, Ne découvrît un feu qui lui faisoit horreur.
ÎO PHEDRE , TRAGÉDIE.
La perfide , abusant de ma foiblesse extrême , S’est hâtée à vos yeux de l’accuser lui- même. Elle s’en est punie-, et, fuyant mon courroux* A cherché dans les flots un supplice trop doux. Le fer auroit déjà tranché ma destinée ;
Mais je laissois gémir la vertu soupçonnée, l'ai voulu, devant vous exposant mes remords. Par un chemin plus lent descendre chei les morts. J’ai pris , j’ai fait couler dans mes brûlantes veines Un poison que. Médéc apporta dans Athènes.
Déjà jusqu’à mon cccur le venin parvenu Dans ce coeur expirant jette un froid inconnu. Déjà je ne vois plus qu’à travers un nuage Et le Ciel et l’époux que ma présence outrage; Et la mort à mes yeux dérobant la clarté ,
Rend au jour qu'ils souilloicnt toute sa pureté.
( Elle tombe dans les bras de Panope , )
V A N o P s , À Th/s/e.
Elle expire, Seigneur J
Thésée.
D’une action si noire
Que ne peut , avec elle , expirer la mémoire !...* Allons, de mon erreur , hélas! trop éclaircis. Mêler nos pleurs au sang de mon malheureux fils! Allons de ce cher fils embrasser ce qui reste. Expier la fureur d’un voeu que je déteste.
Rcndons-lui les honneurs qu’il a trop mérités* Et, pour mieux apaiser scs mânes irrités ,
Que , malgré les complots d’une injuste famille, •Son amante aujourd’hui me tienne lieu de fille l
vGN
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