‹ Mithridate, tragedie de RacineChapitre 30 sur 107 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MONIME, FHΆIME.

Phœdimi.

IVIadame, où courez-vous? Quels aveugles transv ports

Vous font tenter sur vous de criminels efforts?

Eh! quoi, vous avez pu, trop cruelle à vous-même. Paire un affreux lien d’un sacré diadème ? .

Ah ! ne voyez-vous pas que les Dieux , plus humains,. Ont eux-mêmes rompu ce bandeau dans vos mains î

Ih! par quelle fureur, obstinée à me suivre.

Toi-même, malgré moi, veux-tu me faire vivre} Xipharès ne vit plus. Le Roi désespéré Lui-mcme n’attend plus qu’un trépas assuré.

Quel fruit te promets-tu de ta coupable audace ? Perfide 1 prétends-tu me livret à Pharnace?

Phœdimi,

Ah! du moins, attendez qu’un fidèle rapport De son malheureux frète ait confirmé la mort.

Dans

î>ans la confusion que nous venons d’entendre, les yeux peuvent-ils pas aisément se méprendre ?

D’abord , vous le savez , un bruit injurieux le rangeoit du parti d’un camp séditieux ;

Maintenant on vous dit que ces mêmes rebelles Ont tourné contre lui leurs armes criminelles.

Jugez de l’un par l’autre et daignez écouter,..,' Monimh, l'interrompant.

Xipharès ne vit plus* il n’en faut point douter, l’événement n’a point démenti mon attente.

Quand je n’en aurois pas la nouvelle sanglante.

Il est mort; et j’en ai, pour garans trop certain*,'

Son courage et son nom , trop suspects aux Romain* S Ah ! que d’un si beau sang , dès long-tcms altérée,

Rome tient maintenant sa victoire assurée !

Quel ennemi son bras leur alloit opposer!.,.

{ A part. )

Mais sur qui , malheureuse ! oses-tu t’excuser?

Quoi ! tu ne veux pas voir que c’est toi qui l’opprime* * ■ Itdans tous ses malheurs reconnoître tes crimes?

De combien d’assassins l’avois-je enveloppé?

Comment à tant de coups scroit-ïl échappé?

11 évitoit en vain les Romains et son frere;

Ne le livrois-jé pas aux fureurs de son pere ?

C’est moi qui, les rendant l’un de l’autre jaloux * Vins allumer le feu qui les embrase tous.

Tisons de la discorde , et fatale furie,

Cue le démon de Rome a formée et nourrie!...

£ t je vis ! et j’attends que , de. leur sang baigné

Vharnacç des Romains revienne accompagnés

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