SCENE II
CLYTEMNESTRE, seule,
D 'ou vient que , d’un soin si cruel , L’injuste Agamemnon m’écarte de l'Autel ?
Fier de son nouveau rang m’osc-t-il méconnoître ? Me croit-il à sa suite indigne de paroître ?
Ou, de l’Empire encor timide possesseur, N’oscroit-i! d’Hélène ici montrer la soeur ?
El pourquoi me cacher ? et, par quelle injustice.
Faut- il que sur mon front sa home rejaillisse ?
Mais, n’importe, il le veut, et mon cœur s’y résout...* Ma fille , ton bonheur me console de tout 1 Le Ciel te donne Achille , et ma joie est extrême De t’entendre nommer.... Mais le voici lui-même.
ACHILLE, CLYTEMNESTRE, Achille.
TFout succédé, Madame, â mon empressement, le Roi n’a point voulu d’autre éclaircissement :
Il en croit mes transports ; et , sans presque m’entendre, Il vient , en m’embrassant , de m’accepter pour gendre. 11 ne m’a dit qu’un mot ; mais vous a-t-il conté Quel bonheur dans le camp vous avez, apporté ? les Dieux vont s’apaiser. Du moins , Calchas public Qu’avec eux, dans une heure, il nous réconcilie» Que Neptune et les vents , prêts à nous exaucer , N’attendent que le sang que sa main va verser.
Déjà dans les vaisseaux la voile se déploie ,
Déjà, sur sa parole, ils sc tournent vers Troie.
Pour moi , quoique le Ciel , au gré de mon amour , Dut encore des vents retarder le retour ,
Que je quitte, à regtet , la rive fortunée',
®ù je vais allumer les flambeaux d’hyménéc,
D iij
l’uis-je ne point chérir l’heureuse occasion D’aller du sang Troyen sceller notre union,
Et de laisser bientôt, sous Troie cnsévclic , -
le deshonneur d’un nom à qui le mien s'allie? •