ACTE DE CONSTITUTION DE RENTE VIAGÈRE
5 octobre 1764
Fut présent Jean-Joseph de Laborde, écuyer, seigneur de La Ferlé-Vidame, du Vidamé de Chartres, de Cançon, ! Casseneuil, Sainte-Escobille, Removille, Le Chfttelet et autres lieux, conseiller secrétaire du Roi, maison, couronne de France et de ses finances, demeurant à Paris en sa maison,
I rue de Richelieu autrement dite rue Neuve Grange- I Balellière, paroisse Saint-Fustache.
Lequel a reconnu avoir reçu de demoiselle Julie de Lespinasse, fille majeure, demeurant à Paris, rue Saint-Dominique, quartier Sainl-Germain-des-Prés , paroisse Saint- Sulpice, à ce présente, qui lui a payé comptant en espèces
1. Cet acte fait encore partie des archives de l’étude de M' Dufour ; et nous ne saurions trop remercier son très-aimable et très-lettré principal clerc, M. Laguerre, de l’obligeance qu’il a apportée à nous en faciliter la recherche. Il a une certaine importance, en ce qu’il nous parait, par sa teneur, prouver , qu'ici M. de La Borde, agissait en sou nom personnel et non comme banquier de la cour : c’est-à-dire qu’il avait bien reçu, soit des mains de mademoiselle de Lespinasse, soit d’un donateur, les 20,000 livres, pri» de cette constitution de rente, pour laquelle il donnait de liès-séricuses garanties. Nous ne pensons pas qu’il s’agisse ici d’une pension royale, déguisée sous la forme d’un contrat de rente viagère.
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sonnantes, à la vue des notaires soussignés, la somme de vingt mille livres dont quittance.
Pour laquelle somme de 20,000 livres ledit sieur de Laborde a, par ces présentes, créé et constitué à la demoiselle de Lespinasse, ce acceptant pour elle, sa vie durant, deux mille livres de rente annuelle et viagère, franche et exempte des vingtième et deux sols pour livre du dixième actuellement imposés, et de tous autres droits et taxes qui pourroient l’être ci-après, attendu sa nature, courante du premier de ce mois, que ledit sieur de Laborde a promis et s’est obligé à payer à ladite demoiselle de Lespinasse en celte ville, en sa demeure, ou au porteur, aux quatre quartiers ordinaires et accoutumés, dont le premier écherra et sera payé au 1'='’ Janvier prochain, le second au 1“'' Avril suivant et après ainsi continuer la vie durant de ladite demoiselle de Lespinasse, du jour du décès de laquelle cette rente viagère sera et demeurera éteinte et amortie au profit de Laborde et de ses ayants cause.
Faculté est accordé audit sieur de Laborde, et à ses ayantscause de se 1 édimer de ladite rente viagère lorsqu’ils lejugeront à propos en rendant à ladite demoiselle de Lespinasse la somme de 20,000 livres avec tous les arrérages qui se trouveroient dus et échus de celte rente viagère.
A l’avoir et prendre ladite rente de 2000 livres sur tous les biens meubles et immeubles présens et à venir dudit sieur de Laborde, qui les en a chargés, affectés, obligés et hypothéqués à la garantir, fournir et faire valoir tant qu’elle aura cours.
Nonobstant cette hypothèque générale, ladite demoiselle de Lespinasse ne pourra former aucune opposition ni empêchement quelconque aux ventes et dispositions que ledit sieur de Laborde et ses ayants-cause voudront faire de leurs biens, en faisant par eux un emploi de la somme de cinquante mille livres pour sûreté de ladite rente viagère. Pour l’exécution des présentes, ledit sieur de Laborde a élu domicile en sa maison où il est demeurant. Fait et passé à Paris en la demeure de ladite demoiselle, l’an mil sepi cent soixante quatre, le cinq octobre et soussigné avan midy;
de
Laborde,
Lespinasse,
PATUi
di
Au château de La T . ^ par Cholct, Anjou. 25 décembre.
Dans une (église de Saint-Pierre,
Qui n’est pas celle de Li'on;
Où du redoutable Aquilon Souffle l’haleine meurtrière ;
Où des flancs d’un sale chaudron Sort un encens, digne du Diable,
Ou du Dieu dont je lais le nom ;
Tandis qu’un sot fait le capable,
Et prouve à mes sots villageois Que trois sont un et qu’un est trois;
Que Dieu naquit dans une étable,
Et qu’il mourut sur une croix ;
De l’étable où sa voi.x croasse.
Ma muse, essayons de sortir;
Volons, sur l’aile du plaisir.
Aux lieux qu’enchante I.espinassc O vous, dont l’image me suit,
Fille sensible, honnête et sage.
J’ai donc quitté votre réduit Pour une messe de village ;
Les Watelet, les d’Alembert,
Pour des rustres en dalmatique;
1 . Cette épître iuédite, ainsi que les deux couplets qui la suivent, font partie d’un volume manuscrit iii-4° ou grand in-S", composé exclusivement d’extraits dont quelques-uns sont copiés de la main de mademoiselle de Lespinasse, et le plus grand nombre d'une main ou même de plusieurs mains étrangères. Ce volume, dont la reliure date de 1825 ou 1835 environ, porte au dos ce titre : Maiiuscrits de mademoiselle de Lespinasse. 11 a fait évidemment partie du legs laissé par mademoiselle de Lespinasse à M. de Saint-Chamans, duquel il est passé dans la famille de Meulaii, et de là à M. Guixot. C’est à l'obligeance de M. Guillaume Guixot que nous eu devons communication : et nous sommes heureux de lui réitérer ici toute notre reconnaissance.
2. 11 existait et il existe encore, croyons-nous, un château de La Tour Landry, à 9 kilomètres de Cholct. Serait eeluidà?
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Et la muse de Sainl-Lauibert Pour du latin en chant gothique !
Qu’ils s’écouloient rapidement Ces soirs les plus beaux de ma vie,
Où l’esprit, la philosophie,
Le goût, les grâces, l’enjouement,
La finesse, le sentiment,
La liberté mâle et hardie,
Dans votre heureux appartement Se réunissoient à l’envie, (sic) Discouroient de tout hardiment.
Et s’éclairoient sans jalousie!
Oui, je consens qu’on le publie Dans votre étonnante cité.
Hors de chez vous, en vérité.
Tout me fatigue, tout m’ennuie.
Que font au plaisir, au bonheur,
Ces innombrables bagatelles.
Et ces modes toujours nouvelles.
Dont l’Art, ce Protée inventeur.
Nourrit l’oisiveté des belles ?
On vante le souper charmant D’Églé, d’Aminte et de Thémire,
Où l’ennui s’efforce de rire.
Et le dégoût d’être plaisant.
Loin de moi les fleurs éphémères De vos faméliques auteurs ;
Et vos prétendus grands seigneurs,
Et leurs esclaves mercenaires ;
Et tous vos courtisans jaloux ;
Et vos femmes, folles, légères.
Et leurs amans encore plus foux.
Oui j dans ce champ vaste et superbe, J’ai tout vu, du cèdre au brin d’herbe; Et je n’y regrette que vous.
Eh! que regrellerois-je encore?
Moi, qui réunis à jamais.
Dans un asile plein d’attraits.
Les seuls biens que mon cœur adore, Ma sœur, mes livres et la paix ;
Moi, dont l’âme sensible et pure S’ouvre avec tant de volupté
Au charme de la liberté,
Auï sentimensde la nature;
Et qui, dans un état borné.
Qu’un autre diroit misérable, N’apperçois rien de comparable
A ce que le sort m’a donné .
J’oubliois un sujet d’angoisse;
Otez le banc de ma paroisse Et Je serai trop fortuné.
(Manuscrits légués par mademoiselle de Lespiuasse, p. 280).
POUR MADEMOISELLE DE LESPINASSE Sur l’air des Bergers de Maintenon .
Parlez sans art, sans art vous pouvez plaire, Jeune beauté, à votre âge on peut faire Quelques écarts, mais non pas de grammaire.
POUR MADAME DU DEFFAND Sur l'air des Bonnes odeurs.
On VOUS adore, du Deffand;
Chacun cherche à vous plaire.
Vous inspirez un sentiment Délicat et sincère.
Instruisez-vous par nos ardeurs,
O beautés ordinaires!
Deux yeux pour soumettre les cœurs Ne sont pas nécessaires.
(Manuscrits légués par mademoiselle de Lespiuasse.)