Isographie des Hommes célèbres, 18S8-I830, t. II
2. Essais de Mémoires sur M. Suard (par madame Suard), Paris, Didot, 1820. — Suard avait été élu à l’Académie française le 26 mai 1774, en remplacement de l’alibé de la Ville, directeur général des affaires étrangères. Il fut reçu, dans la séance du jeudi 4 août, par Gresset, dont le discours déplut
presque (entée de croire que vous me devez aussi des félicitations. Ayez du moins assez de bonté pour être bien persuadée qu’il n’y a que vous au monde à qui je cède l’avantage de mieux aimer M. Suard et de prendre un intérêt plus tendre à tout ce qui le touche. Si c’étoit un moyen de vous plaire et de mériter votre amitié personne n’y auroit plus de droit que moi, et ne sentiroit plus vivement le prix de ce que vous voudriez bien y accorder. Votre ami le M*... sera sans doute instruit par vous, madame, de l’élection de monsieur Suard; il mérite de partager tout ce qui vous intéresse par son attachement pour vous. Hecevez, je vous prie, la tendre assurance des sentimens que je vous ai voués pour la vie.
Aux pièces inédites et aux deux lettres qu’on vient de lire, nous croyons devoir ajouter ici un certain nombre de renseignements que nous avons recueillis depuis, et qui complètent ou rectifient notre première édition.
Page xxxviii, note 2. — Ajoutez: Nous trouvons dans la Correspondance d’Horace Walpole et dans celle du duc de Bedfort les détails suivants sur le séjour des Fuehtes en Angleterre : 7 juin 1760 — a ïbe new Spanisb embassy was there {une fêle donnée à la Cour pour l'anniversaire de la naissance du prince de Galles.) Alas ! Sir Cecil Bisliop bas never been in Spain! M. de Fuentes is a balfpenny print of my Lord Iluntingdon. His wife homely, but seems goodhumoured and civil, 'fhe son does not dcgenerate from such high-born ugliness. The daughter in law (Mme de
fort aux encyclopédistes. Cette élection était la seconde de Suard qui^ élu une première fois, deux ans auparavant, à la place de Duclos. n’avait pas vu son élection sanctionnée par le roi. Celle-ci ne rencontra pas la même opposition de la part de Louis XVI, et fut un des premiers avènements qui cai actéi isèrenl le nouveau règne. Grimm a dit à cette occasion : «< Beaucoup de gens u’ont point voulu reconnaître les titres qu’il pouvait avoir à cet honneur littéraire; mais tous ceux qui le connaissent sont bien persuadés qu’il ne dépendrait que de lui de les mériter. Il est rare d'avoir l’esprit plus fin, le goût plus exercé, une connaissance plus parfaite des ressources et des difficultés de notre langue. > La séance fut terminée par la lecture de VÉloge de Massillon, par d'Alenibert.
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Mora) was sick, and lhey say is nol ugly, and lias as good < a set of teelh as one can hâve, wlien one has but two and those black. They seem to bave no curiosity, sitwhere they are placed, and ask no questions about so strange a country. , The ambassadress speaks bad Frencb, danced a bad minuet, ; , and went away, though there was a miraculous draugh of 1! fisbes for the supper, as it was a fast, but being the jii octave of their Fête-Dieu, they dared nol even fast plenli- j. fully. » (The lettersofH. Wa}pole,editedby P. Cunningham, London, t8o9, I. 111. p. 316.) — 7 juin 1760 : « M. Dodington intertained these Fuentes at Hammersmilb , and lo the shauie of onr nation, while theywere drinking lea, ■ some gentlemen went into the river and showed the ambas- ! sadressand herdaughter more lhanever they expecledlo see [ ofEngland rtflbid. t. 111, p. 317.) — 20 juin 1760: «The em- j bassy and house of Fuentes are arrived, many feasts and I parties hâve been made for them but tbey do not like those | out of town, and hâve excused themselves rallier un- J graciously. They were invited to a bail last Monday at Wanstead, but did not go. » {Ibid. t. 111, p. 318) — l'f août \
1760 : « I will tell you who will neither lurn Jew or Proies- ■ tant, nay, nor Methodist : M. Fuentes will not ; he has given the Virgin Mary his honour that he never will go lo any more public places » {Ibid. t. 111, 1 p. 329.) — 7 février
1761 : « No foreigners were there (à Norfolk-house), but the sou and daughter in law of M. de Fuentes... Mme de Mora danced first. » {Ibid. t. Ill, p. 377.) — 3l Décembre 1761 :
« M. Fuentes may be impertinent in telling the world that M. Pilt governs behind the curtain...» {Correspondence of the Duke of Bedford, London, 1846, in 8°, t. Ill, p. 69). On lit en note: « The count de Fuentes, though he passed for a , dull man in London society, he effectually duped the j government as to the designs of his court, and maintened I through life considérable political influence in his own j country. » Voici comment H. Walpole peint l’attitude du Comte de Fuentes après la disgrâce de Choiseul:9 Sep- |i tembre 1771 ; « This street-walker (Mme Du Barry) has just ,| received the homage of Europe. The holy Nuncio, and j every Ambassador but he of Spain, hâve waited on her, and j brought gold, frankincense , and myrrh. Fuentes alone i( would neither bend the knee to her nor to the Chancellor..* , ' {Correspondence, t. V, p. 332.) '
Page Lxx, ligne 27. — Ajoutez en note : La connaissance que nous avons eue depuis des manuscrits de Mlle de Lespi- I nasse possédés par M. Guillaume Guizot, nous commande plus , de réserve touchant le caractère apocryphe qui jusqu’ici J avait été généralement reconnu à la publication faite en 1820, sous le titre de Nouvelles lettres de Mlle de Lespinasse. Parmi une liasse de papiers divers non reliés et répartis en plusieurs dossiers, nous avons trouvé un manuscrit formant deux cahiers, le premier de 24 pages, le second de 18, d’un papier de fil, de 36 cent, de haut sur 24 cent, de large. Ce manuscrit, écrit sans rature, de la môme main, mais qui n’est pas celle de Mlle de Lespinasse, est celui des dix lettres publiées en 1820, et contenant le récit des amours de Mlle de Lespinasse et de M. de Mora. L’absence de toute rature, cette main étrangère, indiquent que c’est là une copie. Mais est-ce la copie de «ces mémoiies «de sa vie ou plutôt de sa passion pourM. de Mora que, suivant M. deGnibert, Mlle de Lespinasse avait commencé à écrire (Voir page 263), ou bien d’une œuvre différente qui ne serait pas la sienne : c’est sur quoi l'écriture étrangère du manuscrit aussi bien que la provenance multiple des papiers contenus dans celte liasse, lesquels ne semblent pas avoir tous appartenus à Mlle de Lespinasse, laissent encore des doutes dans notre esprit.
Page 93, note t. — Corrigez ; Brochet de Saint- Prest, intendant du commerce, Dupuy, chef du bureau des rentes. Destouches, secrétaire-général des fermes. D’après M. Foncin, « l’homme de l’affaire des blés, » serait Brochet de Saint-Prest, rapporteur de la « commission pour les blés, » lequel fut remplacé par Albert. (Essai sur Turgot, p. 74).
Page tOO, note t. — Ajoutez : Voir encore les Considérations sur V aliénabilité des domaines de la Couronne, in-8, 1773, p. 154.
Page 113, ligne 38. — Ajoutez en note : Par un arrêt du Conseil du 23 septembre 1774, Turgot venait de substituer à la sous-ferme créée par Terray et qui avait si fort alarmé les possesseurs, comme Guibert, de domaines engagés, une régie spéciale établie pour neuf ans. Voir P. Foncin, Essai sur le ministère de Turgot, Paris, 1877, p. IM.
Page 123, ligne 9. — Ajoutez en note ; Peut-être s’agit-il de la lettre du 23 septembre 1774, dans laquelle Voltaire s’exprimait ainsi sur le nouveau contrôleur général : « Je
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suis content comme tout le monde, j’attends beaucoup de M. Tnrgot. Jamais homme n’est venu au ministère mieux annoncé par la voix publique. 11 est certain qu’il a fait beaucoup de bien dans son intendance. Quia super pauca f’uisti fidelis, super muUa te constituam. » (Œuvres, édit. Beuchol, Paris, 1834, t. 6'J, p. 08).
Page 12S, ligne 11. — Corrigez ; En lisant.
Page 141, note 4. — Corrigez : 11 faut lire Poncée. Adelaïde-JuIie-Sopliie Hurault, née le 28 novembre 1734, fille de Paul-Maximilien, marquis de Vibraye, comte delà Hoche des Aubiers, lieutenant-général, mort en 1771, et d’Anne- Roncée de Frémont d’Auneuil, mariée le 14 juin 17S1 à Paul-Jean-Baptisle-Alexis Barjot, comte de Roncée, d’une famille du Beaujolais, et dame pour accompagner de la comtesse d’Artois. Voir le Mercure, 1731, juillet p. 214 et 1720, mars, p. 013.
Page 144, note 3, ligne 9. — Corrigez : Grimblot.
Page 148, ligne 7, — Ajoutez eu note : Nous devons à l’obligeance de M. Ravenel, le savant sous-directeur de la Bibliothèque Nationale , l’indication de Tépigramme à laquelle mademoiselle de Lespinasse avait emprunté cette citation. S’appliquant au comte de Brogiie, très-estimé de tous- et en particulier de M. de Guibert, nous n’avons pas besoin d’ajouter que ce vers est ici complètement détourné de son sens primitif.
. ((la’i'-..,
, Un coquin, à qui l’on, fit gçâce,
Était au carcan sur la place.
(1 II a de resp.rit, disait-on. »
Mais un quidam répondit ; « Non.
Vous voyez sa figure insigne;
S’il en avait serait-il là? b Comme il parlait, Dumon passa :
« Tenez, dit-il en faisant signe,
Un homme d’esprit, le voilà, n
[Un million de plaisanteries, Paris, Passard, 1850, in-32, p. 530.)
Page 160, noie 1-2. — Ajoutez : M. de La Borde avait épousé, le 9 septembre 1760, Rosalie-Claire de Netline, fille du banquier de la cour de Vienne, et dont les deux sœurs épousèrent, l’une, en 1761, Micault d'Harvelay, neveu par sa mère des célèbres frères Péris, et garde du trésor royal.
l’autre, le l«''août 1762, Ange-Laurent de La Live de Bellegarde, né le l®'' octobre 1725, introducteur des ambassadeurs, frère de la célèbre marquise d’Houdetot et beaufrère de Mme d’Épinay.
Page 179, ligne 28. — Ajoutez en note ; « Ces ignorants barbares qui l’ont tué », sont peut-être les médecins qui, comme cela résulte d’une des lettres inédites passées en vente le Il avril 187 G, lettre datée du 22 septembre, ordonnèrent à M. de Mora seignées sur seignées. Soigné déjà à .Saragosse, il ne le fût pas moins de neuf fois pendant le trajet de Bagnères à Bayonne.
Page 240. ligne 9. — Ajoutez en note : Nous croyons qu’il s’agit ici du comte de Grillon, dont la femme Marie- Charlotte Carbon, était accouchée, le 12 septembre 1775, d’une fille, Marie-Louise-Dorolhée-Gérard-Bonne-Charlotte Sophie laquelle mourut le 9 août 1790.
Page 279, ligne G. — Ajoutez en note :
Il faut se croire aimé pour se croire infidèle.
Racine, Andromaque, acte IV, scène V, vers 1350.
Page 289, lettre 158, ligne 4. — Ajoutez en noie : Le bail de l’appartement que Mlle de Lespinasse occupait rue St-Domiiiique prenait fin le !«'' octobre 177G. Ne voulant pas ou ne pouvant pas le renouveler, elle passa un autre bail, à la date du 10 janvier 1770, avec Bergez, menuisierpropriétaire, pour deux appartements, ruedeGrauiout,run, au 1®'' de 1400 livres, qui devait être le sien, l’autre au 3® de 800 livres destiné à d’Alembert. Ce bail devint, après sa mort, l’objet d’un acte de résiliation.