Yoir plus bas la Lettre n" 5 et la note
cœur qui doit être prosterné devant Dieu, mais ce n'est point la posture qui excite la ferveur; il ne faut rien de singulier quand on est à la vue de fout le monde.
Ne les accoutumez pas à une grande diversité de lectures; sept ou huit livres qui sont en usage dans votre maison suffiraient pour toute leur vie, si elles ne lisaient que pour s'édifier : la curiosité est dangereuse et insatiable.
Tâchez de leur faire aimer saint François de Sales : ses livres sont solides, et mènent à la plus grande perfection avec des manières douces; que le vieux langage ne les rebute pas : il faut s'attacher au sens, et cette difficulté n'arrêtera pas celles qui auront un bon esprit.
Il me semble que j'ai passé trop légèrement Tendroit où je vous dis que les conversations qu'elles ont les unes avec les autres sont très dangereuses; vous ne pouvez trop les éviter, mais il faut que ce soit par leur en ôter les occasions beaucoup plus que par en faire des défenses.
Je ne vous ai pas aussi assez expliqué le conseil que je vous donne de les élever durement, et de rien faire cependant qui puisse nuire à leur santé. Il faut leur permettre très rarement les veilles et les jeûnes, à cause de leur jeunesse, mais tâchez de les fcùre travailler à tout ce qui se présente; qu'elles mangent de tout, qu'elles soient sobres, qu'elles soient couchées et assises durement, qu'elles ne s'appuient jamais, qu'elles ne se chauffent que dans le grand besoin, qu'elles se servent les unes les autres, qu'elles balayent et fassent les lits, etc.; elles en seront plus fortes, plus adroites et plus humbles.
Quand elles font des fautes, pardonnez-leur quelquefois par un esprit de douceur et de patience, mais que les flatteries qu'elles vous feraient n'y aient jamais de part. Ne leur laissez pas croire qu'il y ait des temps et des manières pour vous gagner, et que toute votre conduite aoit fondée sur la charité et sur la raison.
Vous savez que j'ai voulu que leurs coffres fussent ouverts, et qu'il régnât une fidélité dans la maison qui n'eûî
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besoin d'aucune précaution; j'avais conçu celte idée rie l'assemblée de filles d'une naissance noble, et que Dieu a appelées ici : je crois qu'on aurait pu y réussir, si on n'avait point pardonné les premières fautes qu'on fit après avoir été averties. Tâchez de mettre, autant qu'il se pourra, les choses sur ce pied-là, sans vous rebuter des difficultés que vous y trouverez dans les coinmencements.
Donnez-moi, avant que je parte, une liste des bonnes filles de toutes les classes, afin que je voie celles que j'espère que vous y ajouterez pendant mon voyage.