LE PRINTEMPS EN PROVENCE
[A M. de Coulcmges] Grignan, 28 mai 1695.
Nous avons eu ici un commencement de printemps admirable; mais depuis deux jours la pluie, qu'on n'aime point ici. s'est tellement répandue comme en Bretagne et à Paris, qu'on nous accuse d'avoir apporté cette mode : elle interrompt nos promenades, mais elle ne fait pas taire nos rossignols. Enfin, mon cher cousin, les jours vont trop vite. Nous nous passons du grand bruit et du grand monde ; la compagnie cependant ne vous déplairait pas: et si jamais un coup de
vent vous rejette dans ce royal château Mais c'est
une vision ; il faut espérer de nous revoir ailleurs d'une manière plus naturelle et plus vraisemblable : nous avons encore un été à nous écrire.