‹ Mme (Madame) de StaëlChapitre 53 sur 70 · NE · texte numérisé non relu

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Elle rencontre le baron de Stein, le plus grand, à coup sûr, des proscrits de Napoléon, et elle lui lit le chapitre de son livre dé l'Allemagne sur l’enthousiasme. Elle revoit Joseph de Maistre, toujours à l’autre extrémité des choses, même dans la haine ‘ de l'Empire.

Enfin elle est admise rez Alexandre, et la voilà sous le charme. Un mot dit tout : « L'énpe j

lui avoue les erreurs de son passé, il lui découvre ses grands desseins d'avenir. Il confesse qu’il a subi | les séductions de Napoléon; mais il déplace la scène | et la tourne au drame symbolique. Il décrit son enlè- Sr.

vement sur la montagne : le déploiement des empires

du monde ne l’a ébloui qu'un instant; il a conjuré

l'artifice et démasqué le « charlatanisme du vice». Napoléon à « rencontré de la conscience », et ses calculs ont été confondus. Fantôme qu'Erfurt, “entrevues apparentes, traités apocryphes, inventions " calomnieuses! Mme de Staël non seulement innocente Alexandre, mais elle le glorifie par antici- :

pation : « I ÿ a du génie dans la vertu! » Cet au:

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1 tocrate, qu mêle en lui la duplicité mystique ds D l'Allemand à la souplesse d’exaltation du Slave, se à montre ici infiniment plus machiavéliste que le 4

Corse. Oh! si Bonaparte l'avait accueillie avec cette | effusion de confiance, qu'il eût JU à à ses yeux de

elle eût, elle aussi, trouvé son chemin de Tilsit! Elle s’entretient avec Koutousof : ce vaillant 2 rusé soudard se pose en instrument obéissant et ; pieux des desseins de Dieu sur sa patrie. « C'était sun vieillard plein de grâce dans les manières et de vivacité dans la physionomie... Je ne savais si j'em-

. brassais un vainqueur ou un martyr, mais Je vis qu il | comprenait la grandeur de la cause dont il était

chargé. » Elle juge moins bien du gouvernement que des hommes : elle voit dans les hommes le patriotisme et l’esprit national qui les animent réelle- ment; elle veut discerner à tout prix dans les in- stitutions un esprit de liberté qui n'y est nulle part. Elle place même, de ce point de vue fantastique, Pierre le Grand fort au-dessus de Richelieu, qui « n’a fait que gouverner tJERARIQUEReURS au dedans et astucieusement au dehors ».

Mais elle saisit merveilleusement les caractères : «Ils sont tous Russes dans l'âme, et c'est ce qui fait leur force et leur originalité ». Ces Russes mettent tous. leurs goûts dans « le luxe, la puissance et le courage ». Leur génie est étrange : on se sent chezeux E. « à la porte d’une autre terre, près de cet Orient d'où ; sont sorties tant de croyances religieuses, et qui renferme encore dans son sein d’incroyables trésors de persévérance et de réflexion ». Ils campent jusque

| course, en traîneau, en voiture, toujours au galop de leurs chevaux, dans une plaine sans fin. Peu d'idées :

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dans leurs palais; leur vie se déploie, comme à Ja

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