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comme des nuages au bas de la montagne sur le sommet de laquelle son génie est placé... » Cotiime les anciens qu’il ressuscite en son originalité puis-
mes té den pe
sante, il garde la « naïveté de la force ». Il com-
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munie directement avec l'humanité et avec là nature. On trouve en lui « ces miracles [primitifs] de la sympathie entre l’homme et les éléments... »5. I né comprend la nature, non pas seulement en poète, d mais en frère; et l’on dirait que des rapports de | famille lui parlent pour l'air, l’eau, les fleurs, les S arbres, enfin pour toutes les beautés primitives dela . création... C’est cette alliance secrète de notre être avec les merveilles de l'univers qui donne à la poésie sa véritable grandeur. » Ajoutez cette poésie de la nature à la poésie de l’âme, considérez que Mme de Staël n'a rien connu d'André Chéñnier, qu’elle en est demeurée à Parny et à Lebrun-Pindare, vous reconnaîtrez que ses découvertes vont loin et qu'il n'y a point d’excès à trouver un souffle de génie dans ses révélations. à + Il ya un terme cependant. Elle comprend tout | ce qui se peut expliquer, en causant, dans un salon; elle voit tout ce qui se peut apercevoir, en passant, 3 de sa berline, où elle cause Ur plus LE elle =
n'observe; ellé devine le sentiment national, elle pressent la poésie qui en procëdera, parce qu’elle a l'imagination humaine, libre et généreuse. Mais elle n’est pas de ce peuple, elle ne descend pas dans les âmes simples. Elle n’en à pas le goût et ne s’en donne pas le temps. Elle ne conçoit point la poésie de passiôns élémentaires qu’elle n’a pas éprouvées. Les métaphores intimes du langage n’évoquent pas - dans son imagination des objets qu’elle n’a jamais considérés. C’est pourquoi la Zouise de Vos lui semble vülgäire ét niaise. Je doute que si elle a lu Vérité et Poésié, elle ait été ravie par l’incomparable idylle dé Sésenheim. Le chef-d'œuvre de Gœæthe et de là littératuré allemande, un des chefs-d’œuvre de l'âärt modefñe, Hermann et Dorothéé, non seulement ne s’isole poiñit à ses yeux, au milieu des ouvrages contempôrains, mais il ne la pénètre pas. Elle a beau s’éfforcer, sur la foi de Humboldt, « un des hommes les plus spirituels de tout pays », de goûter « la dignité naturelle » des héros de ce poème rustique, les événements et les personnages lui semblent « de trop peu d'importance ». [Il ÿ manque, conclut-elle, « uñé certaine aristocratie littéraire », sans laquelle il n’ÿ a point de grands chefs-d'œuvre.
Elle entré, aü contraire, de plain-pied dans le théâtre. On sent que tout ici lui à été accessible et lui ést devenu familier. C'est au théâtre particulièrement que s'applique sa faraeuse définition du romantisme. Si elle n'a pas tout à fäitinvente le mot, êlle l'a pôpularisé. Lé mot romantitué se disait des
caractères et des paysages qui rappelaient les romans, et il s'employait comme synonyme de romanesque. Wieland, par analogie, s’en servit. en allemand, pour désigner les pays où fleurit l’ancienne littérature romane. Le premier traducteur français qui rencontra le mot, dans cette acception, le commenta : « le pays des fées »; un autre traduisit : « le pays des romans »; un troisième mit tout simplement : « les régions romantiques », et le mot que l’on trouva commode parce qu’il était indéterminé, entra, par un contresens, dans l'usage de la littérature. Mme de Staël le définit : « On prend quelquefois le mot classique comme synonyme de perfection. Je m’en sers ici dans une autre acception, en Considérant la poésie classique comme celle des anciens et la poésie romantique comme celle qui tient de quelque manière aux traditions chevaleresques. Cette division se rapporte également aux deux ères du monde : celle qui a: précédé l'établissement du christianisme et celle qui l’a suivi. »
On ne peut mieux défendre qu'elle ne le fait, le théâtre classique français, Racine en particulier, contre les préjugés des Allemands; on ne saurait mieux montrer pourquoi ce théâtre, le plus particulier du monde sous ses formes abstraites, le plus exclusivement français, et français d’une société très fermée et très raffinée à la fois, demeurera toujours impénétrable aux étrangers. Elle n'est pas moins heureuse dans sa facon d'exposer les drames allemands et de les traduire à l'usage du
public français. Elle juge sainement Lessing, elle analyse. Schiller avec éloquence; elle admire Don Carlos, elle admire davantage Marie Stuart et Wallenstein. Guillaume Tell, pour les mêmes motifs que Hermann et Dorothée, la touche moins, malgré l'intérêt que lui inspire « la respectable conjuration du Rütli ». Elle rend d’ailleurs hommage à cette haute conception poétique qui fait, ainsi que dans Athalie, de la natior le héros du drame. Elle montre comment Gœthe n’est point homme de théâtre : il met en dialogue‘des poèmes admirables, comme dans Iphigénie, ou de grandes études historiques, comme dans Gœtz ou dans Egmont; il y prodigue « les coups de pinceau à la Michel-Ange », mais ce ne sont point des drames, et ses ouvrages se refroidissent à la scène.
Il- faut s'arrêter à l'étude sur Faust. Benjamin Constant n’entendait rien à ce chef-d'œuvre. Il y voit une « dérision de l’espèce humaine », une obscure et lourde contrefaçon de Candide. Mme de Staël y voit ce que Gœthe y a mis, et n’y ajoute rien de son cru. Son interprétation est sortie toute vive et toute vraie des conversations du poète. Le fatras des commentaires a depuis défiguré et comme barbouillé l'ouvrage. Tout Français qui ignore l'allemand, qui n’a pas vécu en Allemagne et qui voudra goûter Faust, fera bien, avant d’en lire une traduction, de se pénétrer de l'analyse de Mme de Staël. Autrement, s’il est très pat'eat et très subtil, il se figurera peutêtre qu’il comprend les explications des scolastes,
- ve r MADAME DE Re
-mais il ne comprendra certainement pas le poème. Faust est dépeint en quelques lignes, et l'on voit bien pourquoi Benjamin ne le trouvait point à son
goût : « Faust rassemble dans son caractère toutes # les- faiblesses de l'humanité : désir de savoir et
fatigue du travail; besoin ’du succès, satiété du plai- 4
sir... Il a plus d'ambition que de force, et cette
agitation intérieure le révolte contre la nature. D» +
C'est le type éternel de « ces candidats du vice qui % ont bonne intention de faire le mal, mais qui sont
sans talent pour l’accomplir ». Par là il se sépare 4 du formidable don Juan de Molière. Ce don Juan
est emporté par le diable, mais il le brave et ne se À livre point à lui. Faust est voué aux sortilèges et aux sorcières; le diable qu'il évoque, lui fait peur
et se moque de lui. Méphistophélès est merveilleu- LE: sement compris par Mme de Staël. C’est qu'ellene
l'a point cherché dans la légende, dont il n’a que le costume. Elle l’a pris dans la vie réelle, d’où il sort,
dans le siècle dont il est l'enfant difforme, impie et
malfaisant, mais dont il a tout l'esprit. C'est un diable contemporain de Frédéric, de Voltaire et de
Laclos; le licencieux et l'ironique par excellence,
celui qui nie toujours, qui rétrécit tout, rabaisse tout, analyse tout, dissout l’âme, disperse la conscience, ruine la raison; un diable qui a lu Wolf, Pufen-
dorf, Rousseau, Diderot, Holbach et les tue l’un par l'autre ; qui avilit l'humanité, noie la vanité de l'homme dans la fange humaine, persifle la corrup= tion, et s'amuse à confondre l'esprit humain jusque
dans le scepticisme; car c'est un pervers plaisant et un nihiliste narquois : il juge que, de toutes les sottises du monde, le néant est encore celle qui prête le plus à rire. Rien avec lui à quoi l'on puisse se reprendre : il n’a pas de côtés vulnérables, tout boiteux qu'il est, boiteux comme le vice qu’il souffle et comme la justice dont il se moque. Si on l'écoute, on est perdu : il vous prend par l'orgueil de la vie et vous mène au mépris de vous-même. « C’est le délire de l'esprit et la satiété de la raison. avec une poésie de mauvais principe, un enivrement du mal, un égarement de la pensée qui font frissonner, rire-et pleurer à la fois. »
La partie des romans est moins originale et moins développée que celle du théâtre. Cependant la vie de Coppet préparait Mme de Staël à l'intelligence de Wilhelm Meister. Elle en est charmée. Elle a vécu ce livre, elle le trouve vivant. Jean-Paul l’enthousiasme : elle croit l'entendre et le compare à Montaigne. Les chapitres consacrés à la critique, telle que l’enseignent Lessing, Herder, Schlegel, « la puissance de connaître et d'admirer », comptent parmi les plus féconds du livre. Je.m'étendrai peu sur la philosophie. Mme de Staël n’en parle que par oui-dire, et elle imagine ici beaucoup plus qu'elle n'analyse. Elle ne veæ. considérer en Kant que le rénovateur de l'idée du devoir : « Il voulut rétablir les vérités primitives et l'activité spontanée dans l'âme, la conseience dans la morale, et l'idéal dans les arts », Le reste, c'est-à-dire la critique de la ral=
176 Ts MADAME DE STAËL.
: + son pure, échappe à Mme de Staël dans son objet direct, surtout dans ses conséquences. Son Kant,
humanitaire, libéral, éclectique et bonhomme, dis-
ciple du Vicaire savoyard et qui a soumis sa critique À la censure de Necker, est un Kant de convention. Il faut pour la thèse de Mme de Staël qu'il règne en Allemagne une morale douce et « sensible », et Mme de
Staël l'y met de gré ou de force. Dans cet ordre
DEN cf : . CS an : : ss d'idées, ce qui aurait dû l’intéresser le plus, l’action
de Fichte sur l'esprit national, ne paraît point Favoir
frappée. Quant à la métaphysique même, c’est l’abime,
elle le fuit. Son bon sens naturel glisse sur la logo-
machie' des grands abstracteurs de quinressences.
Elle n’y a rien compris, elle n’y fait rien com-
prendre. Dans les chapitres sur la religion de l'enthousiasme, l'Allemagne ne figure plus qu’à titre de prétexte. :
Restent les mœurs sociales et les gouvernements. Les impressions recueillies par l’auteur au cours de ses voyages sont résumées ici et raisonnées. Elles” sont presque toujours justes. Mme de Staël relève la
différence du Sud et du Nord de l'Allemagne. Dans ,
le Sud, cette « monarchie douce et paisible », qui a favorisé l’éclosion d’une littérature indépendante;
cette sorte de liberté d'écrire et de penser qui
existait en France sous l’añcien régime, qui tolérait
tous les abus en supprimant tous les: droits. Cette liberté est mieux définie et mieux exercée en Prusse.
Tout y paraît plus ferme et plus rude. Frédéric est.
bien apprécié dans son œuvre d’ État, et cette œuvre :
1 à | CNT.
est bien analysée dans ses causes de décadence ; mais les éléments de régénération apparaissent, et c'est l'essentiel en cet ordre d’études. Il ne manque jamais de libelistes et de diplomates pour se duper aux apparences et annoncer la corruption des États. Le penseur discerne la vie qui couve et la sève qui remonte. Il faut du génie pour prédire les relèvements. Mme de Staël a annoncé le relèvement de l’État prussien. Elle a souhaité celui de la nation allemande et elleen a marqué les conditions.
Les principaux obstacles viennent, selon elle, des caractères : les Allemands confondent trop aisément « l'opiniâtreté avec l'énergie, la rudesse avec la fermeté »; ils ont des vertus sociales, mais ce sont les vertus de la faiblesse. Ils sont, dit-elle, rêveurs, bons, fidèles, loyaux, sincères, pleins de bonhomie, peu enclins à la guerre, soumis aux puissances jusqu’à la servilité, lents jusqu’à l’inertie; ils mettent de la poésie partout, et mettent toute cette poésie en musique. Leur caractère est « morcelé » comme leur patrie. Ce caractère qui leur manque, l'esprit national peut seul, en leur rendant une patrie, le développer en eux. Il les révoltera contre la force étrangère qui les assujettit, contre l'influence étrangère qui les dénature. Ils imitent trop, en effet, et avec trop d'empressement. Ils sont trop cosmopolites ; ils cherchent trop à tout savoir et à tout comprendre, sauf à se perdre eux-mêmes dans cette critique illimitée d'autrui. « Celui qui ne s'occupe pas de l'Univers chez eux n'a rien à faire, » Ils
ALBenT Sonez. — Mme de Staël 12
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n'ont pas assez de « préjugés nationaux ». « Le
patriotisme dés nations doit être égoiste. » Les Aile. ë
mands ont trop de connaissances et trop peu d' ex= périence : ils ne sont pas suffisamment réalistes dans leurs affaires. L'énergie ne se manifeste que dans les pays libres et les États puissants. Les Allemands, sous ce rapport, ont tout à apprendre de l'Angleterre, pour la liberté publique; de la France, pour la force nationale et la force d'État. Ils ne l'apprendront pas par eux-mêmes. Ils mûrissent pour l'indépendance nationale, ils sont encore trop jeunes pour la liberté politique. Il faut un maitre pour susciter cette nation, et ce maître ne peut être qu'un prince allemand.
L'auteur, suivant les sympathies de son génie, bien plus que son expérience de l'histoire, ne remarque point ici la contradiction qui mine déjà son édifice. L'Allemagne, très idéalisée, qu’elle présente en 1810, correspond, dans sa pensée, à la France idéale de 1789. En Allemagne, elle voit une nation à ressusciter; en France, elle voyait des libertés à rétablir. En France, la révolution, sociale et civile, s’est réalisée dans le Consulat, aie a dégénéré dans l'empire de Bonaparte et a détrôné la France de 1789. La révolution nationale ne se réalisera en Allemagne que par « l'éperon prussien », et elle découronnera
à son tour l'Allemagne de 1810. L’attrait de cette
Allemagne, c'est son malheur même et son assu- . * r
jettissement. L'idéal est la consolation des peuples
É PPOPUTE 1. j x mat L te Al Le 4 “+ PTLSASE dffligés dont lé royaume n’est point ou n'est plus ch Hart
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de ce monde. En devenant nationale, unie, forte, en s'inspirant de ce « patriotisme égoïste » et de « ces préjugés nationaux » que leur souhaite Mme de Staël, parce qu'ils sont la condition nécéssaire de l’indépendance et de la puissance des grands peuples, les Allemands perdront leur apparente bonhomie et tous les attributs poétiques de la faiblesse. Mme de Staël n’a point aperçu cela, parce qu'il aurait fallu porter ses regards par-dessus la moitié d’un siècle et dominer trois révolutions. Mais elle a, dans l’effarement et la confusion des conquêtes napoléoniennes, démêlé la marche profonde et continue des idées nationales en Allemagne, et c'est beaucoup. On ne l'a point contesté, mais on le lui a reproché. La critique récente s’est montrée sur cet articlé plus sévère et plus injuste que la censure napoléonienne. Le vœu de Mme de Staël, a-t-on dit, était téméraire ; le patriotisme défendait de le former; le publier équivalait presque à une trahison. Enten-
dons-nous. Ce vœu, c'était le vœu même de la:
Révolution française. Mme de Staël y demeurait tout simplement fidèle, et ce n’est point sa faute si, par un déplorable revers de notre histoire, le souffle national de la Révolution se tournait alors et s’est tourné depuis contre la France. Il n’y aurait eu, il n'y à jamais eu qu'un moyen d'éviter ce revers, c’est d'en juger comme l’a fait Mme de Staël et de prendre ce qui était la force même des choses pour conseil fondamental de la politique. L'année 1870 a renversé lés proportions du livre de l'Allemagne et
Pa
bouleversé les points de vue de Mme de Staël. La critique a subi ce renversement d'optique et ne s’en est point rendu compte: « Ce pays tout entier ressemble au séjour d’un grand peuple qui depuis longtemps l’a quitté. » Voilà l'Allemagne qu'a connue Mme de Staël et qu’elle a décrite. À cette Allemagne pleine de misères politiques et de grandeurs morales, elle oppose, pour la leçon des Allemands oublieux de leur dignité et pour l'avertissement des Français oublieux de leur idéal et de leurs libertés, une France qui, dans l’image qu’elle s’en fait, ressemble fort à l'Allemagne qui nous est ‘apparue après 1870 : une France qui a abjuré les grands rêves d'humanité, tout en armes, toute fiscale et conquérante, qui ne connaît plus d'autre droit que la force, d’autre justice que le succès, d'autre loi que celle du nombre. « Les Français ne sont toutpuissants qu'en masse, et leurs hommes de génie eux-mêmes prennent toujours leur point d'appui dans les opinions reçues quand ils veulent s'élancer au delà. » France d'acier, compacte, homogène, obéissante, disciplinée, machine formidable d'État :
«Le présent et le réel lui appartiennent ». C'est aux
Français enrégimentés par Napoléon que Mme de Staël adresse l’apostrophe qui forme la conclusion de son livre, et qui se retourne étrangement contre l'Allemagne bismarckienne, l'Allemagne de fer et de feu : « Si l'enthousiasme s'éteignait sur votre sol,… une intelligence active, une impétuosité savante, vous rendraient les maîtres du monde ; mais vous n'y
laisseriez que la trace des torrents de sable, ter-
ribles comme les flots, arides comme le désert ». Certes le livre de l'Allemagne n'était point l'œuvre
d'une femme politique. La princesse des Ursins
n'aurait jamais eu, dans sa disgrâce, l’idée de com-
- poser un pareil livre sur les Espagnols. Si quelque dame de la cour de Russie eût écrit dans ce style sur la Pologne, la grande Catherine l’eût fait surle-champ déporter en Sibérie; mais quand on qualifie cette œuvre d’antifrançaise, on pèche contre l'esprit. Choisir l'heure du plus profond abaissement d’un peuple écrasé sous la conquête, l'heure où ses princes mendient ses dépouilles aux pieds du conquérant, où ses grands hommes célèbrent le génie du vainqueur et démontrent la nécessité historique de sa victoire, choisir cette heure-là pour rappeler ce peuple à ses droits et à ses titres d’humanité ; l’animer à l'indépendance, l’avertir qu'il ne devra qu'à la révolte de sa conscience sa régénération et son salut; prévenir le vainqueur qu'il excède, qu’il s’égare, que le souffle qui l’a poussé tourne contre lui, que le courant des choses change, et que s’il ne se replie à son tour sur lui-même, le reflux de sa propre victoire l’emportera; concevoir ces pensées et s’exposer, pour les répandre, à errer en proscrite sur toutes les routes d'Europe, c'est l’action d'une âme généreuse et, dans son im= prudence même, une des actions les plus françaises qu'ait faites écrivain de France.