RUE
Viens me rendre à leurs yeux, dans tes bras entr’ oVÉRRE à
Cet asile où mon cœur braveraïit l'Univers... =
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dé
S . La Fo deblé invective de Bonaparte sort, comme A la flamme cachée, du livre des Considérations : « I : regarde une créature humaine comme un fait ou Li comme une chose, mais non comme un semblable. LS ne hait pas plus qu’il n'aime. La force de sa volonté Æ consiste dans l’imperturbable calcul de son égoisme..… ; Nulle étincelle d'enthousiasme ne se mélait à son besoin d’étonner l’espèce humaine...» =.
Jetez cette pensée dans une âme de poète, et la 4
voilà qui se colore en images magnifiques :
Tu odie sans plaisir, tu tombas sans murmure. Rien d’humain ne battait sous ton épaisse armure : Sans haine et sans amour, tu vivais pour penser; Comme l'aigle régnant dans un ciel solitaire, Tu n'avais qu'un regard pour mesurer la terre,
Et des serres pour l’embrasser.
Mme de Staël aurait applaudi les discours de Lamartine en 1840. Elle aurait désavoué l'Histoire des Girondins. J'imagine qu'il en eût été de même de bien des romans qui cependant procèdent des siens, des romans de femmes en particulier. Il y a dans l'œuvre et dans la vie de plusieurs des femmes qui ont paru marcher sur sa trace, un mélange d’insubordination morale et de révolte, un fonds de cabale bruyante, une partie d'aventures par delà les frontières de Bohême, qui eût dérouté et froissé en elle la femme de bon sens et la femme sociale. Sans doute, Mauprat l'eût enchantée. Elle aurait reconnu dans Lélia et dans Consuelo des sœurs de Corinne. Mais je doute qu’elle eût approuvé les Indiana et les Valentine, et qu’elle eût aimé l’auteur, tout en l’admirant beaucoup. Je me figure qu’elle eût aimé davantage et plaint surtout, mais en l’admirant moins, Daniel Stern. Delphine Gay, avec son parti pris de pastiche et sa carrière de contrefaçon, lui eût été insupportable. Quelques-unes des femmes de Balzac, Camille Maupin, Madame de Mortsauf, V'auraient touchée. Elle aurait goûté les Mémoires de deux jeunes mariées et trouvé que Louise de Chaulieu comprenait le grand amour quand elle écrivait à son amie : « Oh! comme j'aurais aimé Napoléon et comme je lui aurais fait sentir, s’il m’eût aimée, qu'il était à ma discrétion. »
Balzac s’est inspiré de la chronique de Mme de Staël, et s’est servi de ses livres, celui des Passions en particulier, pour faire parler ses amoureuses,
Aisenr Sonez. — M de Staël. 44
ardeñtes ét raffinées du grand monde. Il n’a pas donné, dans /a Comédie humaine, de rôle à Corinne elle-même : il la jugeait trop exceptionnelle. « Après elle, dit-il, il n’y avait plus de place dans ce siècle pour une Sapho. » Il ne la fait donc paraître dans son microcosme qu'au passage et par allusion, comme Napoléon, pour vivifier le drame. C’est ainsi que pendant son séjour près de Vendôme, en 1810, lors de la crise du livre de l’Allemagne, Mme de Staël rencontre Louis Lambert, en haïllons, qui lisaït Swedenborg. Elle s'intéresse à son singulier génie, lui payé Sa pension au collège de Vendôme de 1811 à 1814, afin de l’arracher à l'Église et à l'Empereur, puis elle disparaît et ne s'occupe plus de lui.
Le genre même duroman de Mme de Staël, le mélange des passions ét des caractères avec des réflexions, des voyages, dés études de politique, d’art et d’histoire, sombra promptement après’ elle. Za Chartreusèe de Parme (1839) porta, sous ce rapport, à Corinne un coup aussi redoutable que Henri Heine au livre de l'Allemagne. Ce genre, très relevé cependant, semblait dédaigné chez nous, lorsque l’exquis auteur du Prince Vitale, du Grand Œuvre, du Romian d'une honnéte femme, Va rajeuni tout à coup et remis en honneur, ramenant ainsi, dans nos lettres, l'esprit de Mme de Staël par les chemins que, dans le même temps, suivait Lanfrey.
On à prodigieusement écrit sur Mme de Staël.
Dé tant d'auteurs je n’en veux ici retenir que trois parce qu'ils sont essentiels, et qu'ils dispenseraient,