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CONCIUSION. 213
style; que les parcimonieux et les égoïstes lui re- 44 prochent de s'être prodiguée ; les politiques, de s’être G - forgé des chimères ; les méditatifs, d’avoir trop aimé le monde; les mondains, d’avoir trop cultivé les lettres; les sages, de s’être trop abandonnée à ses passions; les habiles, d’en avoir fait trop d'éclat : allez 1? au fond, vous ne trouverez dans sa vie que le désir
de répandre le bonheur et de l'obtenir, le besoin | D d'aimer et d’être aimée; dans sa politique, que le
sentiment de la justice; dans sa littérature, que l’aspiration vers l'idéal, partout la sincérité. Elle s’est F3 comme débattue contre son cœur, contre son tempé- 60
rament, contre sa gloire même, et cette gloire, qui Jui -est venue par surcroît, a été faite de plus de % deuils qu'elle n’a apporté de joies.
Mme de Staël a laissé des avis qui sont encore salutaires et de grandes leçons qui sont toujours profitables. La pitié pour les misères humaines est 0 l’exhortation perpétuelle de son œuvre; le sentiment A de la dignité de l’homme, de son droit à l’indépendance, de sa véritable grandeur fondée sur son élévation morale en est l'inspiration; le culte de la jus-
tice et l’amour de la liberté en sont le conseil constant et la conclusion. C’est le pain quotidien AS des âmes; il ne suffit point qu’elles s’en croient 6 rassasiées, il faut qu'elles en ressentent l'appétit. Mme de Staël a été, en son temps, pitoyable aux victimes et réconfortante aux découragés; son œuvre, LIT virile, est saine à nos contemporains. Il y reste un souffle, venu des hautes cimes, qui balaye les pen-
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sées rampantes et les ferments subtils qui décompesent la vie. ; FE
Placée entre deux grands siècles, elle paraît comme la dernière fleur de celui qui finit et comme la première semence de celui qui s'élève, Beau génie plutôt qu'artiste en littérature et en histoire; grand
témoin plutôt qu'acteur des choses de son temps, elle mérite de vivre parce qu’elle personnifie une des plus nobles époques de l’âme française.