DÉFENSE DE LA REINE
ni en théologie, ni en politique, nous avons donné des scènes à mourir de rire, Cependant sans nous brouiller jamais. » è
Mme de Staël n'avait pu sauver Marie-Antoinette. Elle ténta d'apitoyer ses juges et écrivit ses Réflexions sur le procès dè la reine. C'était un appel aux femmes. Les plus héroïques ne pouvaient rien alors que tuer commé Charlotte Cordaÿ où se faire tuer comme Mme Roland. La Terreur écräsait littéralement Mme de Staël. Tout travail lui devint impossible. Elle se rejeta dans les réflexions et dévora sa douleur. L'expression en déborde dans ses livres : elle est trop directe et trop perçante pour n'être point vraie : « S’éveiller sans espoir, traîner chaque minute d'un long jour comme un fardeau pénible, ne plus trouver d'intérêt ni de vie à aucune des occupations habituelles, regarder la nature sans plaisir, l'avenir sans projet... »
Mme Necker mourut au mois de mai 1794. Necker était de ces âmes excellentes qui n’oublient leurs propres chagrins qu'en consolant ceux d'autrui. Il se consacra à sa fille. [l lui apprit à s'occuper de ses enfants : elle avait deux fils, et leur éducation commença de remplir, en partie, ses journées vides. Ce que Necker fut pour elle, elle l'a dit partout et sous toutes les formes; elle ne l’a peut-être. nulle part exprimé si bien que dans ce passäge de Delplune :
« Vous avez entendu parler de l'esprit et des räres talents de mon père, mais on ne vous à jamais