EPILOGUE
peut nous faire révoquer en doute que nous sentons. Si c'est l'amour, nous savons que notre volonté nous porte vers son objet : nous unir à lui ; nous fait nous regarder comme ne faisant qu'un tout avec lui, dont nous ne sommes qu'un atome... Connaître, aimer Dieu, c'est là tout Ihomme ; c'est son essence et sa fin, son action nécessaire et naturelle. H est vi'ai qu'il y a des degrés de connaissance et des degrés d'amour : mais si ce grand objet était souvent médité, il serait plus connu, et par conséquent plus aimé ; nous remplirions mieux les fonctions auxquelles nous sommes destinés et nous conserverions la dignité de notre être. Nous n'en perdrions pas une partie dans une attache honteuse au néant de nous-mêmes.
C'est ce mélange d'amom' de nous-mêmes, plus ou moins fort (avec l'amour de Dieu), qui fait la différence des cinq amom's de M. de Cambrai. Et quelle est la difficulté d' entendis le plus ou le moins, quand on entend une fois : Dieu, Amour, Néant? Ces trois noms nous sont connus ; la définition des deux premiers est faite ; le néant, qui n'a point de propriété, n'a pas de définition.