‹ Mode D'Action du Chlorure De Calcium DéchlorurantChapitre 14 sur 25 · CAVE · texte numérisé non relu

CAVE

normalement et à fortiori sur un sujet qui présente des lésions sinon très graves {out au moins suffisanies pour entraîner des perturbations dans le fonctionnement normal de ses organes.

En particulier dans l’ascite qui est une manifestation tardive d’une lésion organique déjà ancienne qui, du fait de son ancienneté doit présenter un certain degré de gravité, nous aurons un organisme délabré et peu résistant.

Nous avons étudié corrélativement les variations des chlorures et du calcium urinaire pendant la période d’administration du CI? Ca, ceci pour juger de la propriété déchlorurante de ce sel sur un sujet sain.

Nos dosages de chlorures ont été faits par la méthode colorimétrique de Charpentier et Volhart. Pour le calcium, nous avons également employé un: méthode colorimétrique d'application facile donnant des résultats suffisamment exacts pour l'étude comparative que nous nous proposions; c'est celle préconisée par Tisdall et Kramer :

On verse 2 cc. d'urine dans un tube à centrifuger soigneusement nettoyé à l'acide suifurique. On dilue cet essai dans 3 ou 4 cc. d’eau distillée. On ajoute alors une goutte de phénolphtaleins et de l’ammoniaque à 10 % jusqu’à réaction alcaline. Puis, on ajoute SO*H? sensiblement normal jusqu'à réaction acide de telle sorte que les phosphates qui auraient pu être précipités soient redissous. On ajoute ensuite 1 cc. d'acide oxalique et 1 cc. d’une solution saturée d'acétate de soude qui est versée goutte à goutte. On agite et on laisse reposer trois quarts d'heure. On centrifuge dix minutes à 1.300 tours par minute, le précipité d’oxalate de chaux est alors rassemblé au fond du vase. On décante avec soin le liquide surnageant en essuyant les parois du tube avec une toile fine et on ajoute 3 ou 4 cc. d’une solution d’ammo-

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niaque à 2 pour 100. On met ainsi le précipité en suspension dans la solution ammoniacale. On centrifuge de nouveau, on décante et on essuie comme précédemment. On répète l’opération plusieurs fois de suite. Quand ces lavages sont terminés, on met le précipité en suspension dans 2 cc. de SO'H? normal. On chauffe le tubz quelques minutes dans un bain-marie bouillant et on titre l’acide oxalique libéré par MnO°K centinormal fraîchement préparé à partir d’une solution décinormale qui se conserve mieux et reste plus longt:mps identique à elle-même. On ajoute ainsi la solution de permanganate goutte à goutts jusqu'à ce que l’on obtienne une coloration rose persistant une minute lorsqu'on regarde le tube dans une bonne lumière dans un jour blanc (uns feuille de papier par exemple). Le titre du permanganate est déterminé par rapport à une solution + d’oxalate de soude.

Calcul : Le nombre de centimètres cubes de MnO*K centinormal employé multiplié par o,2 donne le nombre de milligrammes de calcium de l'essai.

Réactifs : 1° Oxalate de soude centinormal.

On prépare la solution décinormale : 6 gr. 7 d’oxalate de soude dissous dans l’eau additionnée de 3 cc. de SO*H° pur, ajuster à un litre. On dilue dix fois pour avoir la solution centinormale.

2° Acidz oxalique approximativement normal : 63 gr. d'acide oxalique pour un litre d’eau.

3° Acide sulfurique approximativement normal : 50 cc. d'acide pur dilué à un litre.

4° Solution saturée d’acétate de soude.

Un excès de sel est mis dans l’eau, la solution est aban-

donnée une nuit et filtrée. Elle ne doit pas contenir de calcium.

5° Solution décinormale de MnO*K.

Symptômes observés.

Dès la première administration du médicament, nous avons été arrêté par une grosse difficulté c’est l'intolérance gastrique que présente le chien au chlorure de calcium; intolérance aui s'accroît progressivement avec les dos:s successives même données par petites quantités. Elle s'exacerbe à tel point qu’il arrive un moment où les vomissements deviennent fréquents même pour les substances alimentaires ingérées. Nous avons expérimenté sur différents sujets, cette hyperesthésie stomacale semble être d'intensité variable suivant les individus mais malgré tout elle existe pour tous et augmente au fur et à mesure des ingestions du médicament. Nous avons cependant r:marqué qu’en général Je chat y présentait une sensibilité beaucoup moindre.

Nous avons essayé sans grand succès de masquer le goût très désagréable du chlorure dz= calcium en employant par très pett:s doses répétées avec des excipients divers, celui qui nous a donné les meilleurs résultats est le sirop d’écorce d'oranges amères.

Le procédé d'administration qui, bien que très simple nous ait donné entière satisfaction et des résultats à peu près

sucré et à le donner par petites quantités. Cette méthode per-

met de faire supporter un traitement assez long sans provoquer de vomiss:ments.

Nous avons commencé à donner sur un chien de taille

moyenne une dose quotidienne de 10 grammes. Les cinq premiers jours du traitement nous n'avons remarqué aucun symptôme précis à part une diminution réelle de l’appétit et une polydipsie manifeste jusque-là rien d’anormal pouvant faire supposer des troubles des grands fonctions organiques.

À partir du 6° jour, l’état général semble légèrement atteint, le sujet est moins gai, au lieu des manifestations exubérantes des premizrs jours, il reste blotti dans un coin de la nîche. Il dort continuellement, se levant avec répugnance pour venir effleurer ses repas, il mange à peine du bout d?s dents.

Dès le 8° jour apparaît une diarrhée profuse et des signes manifestes de faiblesse générale, le sujet garde toujours son attitude somnolente, il vacille sur ses membres et marche en titubant; ses facultés psychiques et organiques semblent très fortement atteintes. Il maigrit de jour en jour, son poil a mauvais aspect. Sa respiration s’accélère, son pouls devient rapdie et irrégulier. Ce sont là des signes d’une intoxication lente et importante de l'organisme. On cssse l'administration du chlorure de calcium, la diurèse établie dès les premiers jours persiste quelques temps, puis s’atténue progressivement. Nous avons noté également un œdème fugace des membres et du ventre surtout net aux membres postérieurs. En quelques jours une amélioration très accusée se produit, les symptômes observés régressent petit à petit. Il persiste cependant un mauvais état général longtemps après avoir cessé le traitement.

Nous entreprenons par la suite des injections intraveineuses à raison d2 3 grammes de chlorure de calcium par jour en solution à 50 %o.

Les premiers symptômes constatés sont la somnolence

et la polydipsie. Quelques minutes après l'injection on peut noter une légère accélération du cœur et ds mouvements convulsifs très peu accusés et de courte durée. Dans les heures qui suivent on a de la somnolence et une période d’abattement plus ou moins longue; puis tout rentre dans l’ordre. Le léger choc au moment de l'injection est variable suivant les sujets. La diminution de l'appétit est beaucoup moins accusée que par ingestion du médicament. Pas de troubles dicestifs à part une constipation de courte durée.

Une augmentation dans la quantité d'urine émise est observée dès les premiers jours. Cependant, il semble que les troubles toxiques soisnt apparus plus vite et d'intensité plus grande, il n’y avait pas trace d’œdème au bout de six jours de traitement. Ce moyen d’adinistration serait plus avantageux que le précédent, car il laisse intact le bon fonctionnement de l'appareil digestif, mais il est moins pratique étant d’une application plus difficile.

Blum et H. Schwab ont remarqué aussi chez l’homme que de fortes doses de CI? Ca pendant longtemps provoquaiont des troubles très graves qui revêtent l'aspect d’une intoxication profonde et se traduisent par un facies terreux une asthénie intense et une anorexis: complète. Ils ont éga:ement remarqué que ce médicament pouvait donner une diarrhée abondantes ou provoquer une constipation avec matières fécalzs très dures dont l'expulsion s'accompagne de vives souffrances.

Éemierre étudia l’action du chlorure de calcium à haute Cose sur un sujet sain préalablement soumis à un régime déchloruré jusqu’à obtention de l'équilibre dans l’excrétion des chlorures de l'urine. Au bout ds quatre jours de traitement le sujet présenta une crise polyurique avec abaisse-

ment du seuil d'élimination des chlorures, accompagnée d’une sensation de dépression physique et psychique intense. Ces phénomènes disparurent rapidement avec la reprise d’un régime normal.

Le même autsur vit sur une femme atteinte de pyélanéphrite chronique que le chlorure de calcium produisit une poussée de néphrite avec élévation de la constants uréo-sécrétoire.

Blum donne à ceci l'explication suivante : En administrant du Cl? Ca à baute dose, on introduit dans l'organisme une substance, le Ca, qui.ne se trouve normalement dans les humeurs et les organes qu’en très petite quantité.

Les variations que peut subir le Ca dans le plasma sansuin sont très limitées d2 o gr. 100 à o gr. 150, ce dernier chiffre serait même un maximum qui, s’il persistait longtemps, serait incompatible avec la vie. Tout le caïicium en excès doit être éliminé ou transformé en une forme inactive.

L'autre composant du médicament, 1: chlore, peut être sans dangers retenu en quantités assez considérables dans

s parties constituantes Ge l'organisme. Si donc, on fait ingérer de fortes doses de CF? Ca, il s'ensuit une accumulation

de CI dans l'organisme sans rétention concomittante d’une ciantité équivalente d’un élément basique. Il se produira donc une acidose marquée, cetie chloro-acidose sera d'autant plus forte que le CI? Ca entraîne l'élimination d’une base particulièrement active dans la rectification de l'équilibre acidebase, base qui est le sodium. L'organisme va chercher à éliminer le chlore en excès, pour cela il s’y prendra de deux façons, Le rein va combiner du sodium à une partie de l’ex-

cès de chlore pour l'éliminer, ce phénomène tendra à provoquer dans l'organisme une natropénie qui sera d'autant

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plus forte que son tour le calcium va remplacer une certaine quantité du sodium plasmatique par suite de leur antagonisme. Il résulte donc en définitive une chloro-acidose avec natropénie.

Le chlore va aussi s'installer dans les tissus comme cela se produit dans les néphrites à rétention chlorée sèche. S'il s'y accumule en grande quantité il en résultera un excès d'éléments acides capables de provoquer des troubles fonctionnels quelquefois considérables.

I semble toutefois aue dans les cas d’ascites on n’ait pas à craindre l'intoxication chlorée, car l'organisme possède dans l’épanchement une réserve d’alcali suffisante pour neutraliser l'excès de chlore introduit dans l’économie. C’est là une des raisons pour lesquelles il ne faut pas trop se hâter de ponctionner : il vaut mieux ne faire qu’une vidange incomplète de l’épanchement.

Dans le cas où la fonction rénale est déficiente, 1: chlorure de calcium constitue un réel danger. Elle peut être insuffisante quand le cœur ne fonctionne plus normalement et qu> l’on à une insuffisance cardiaque ou quand le parencayme rénal présente des lésions entraînant une rétention chlorée sèche.

Pagniez et Ravina ont constaté des troubles graves provoqués par de fortes doses de CI? Ca chez un homme atteint de néphrite chronique avec asystolie. L. Binet et Brocq signaient avoir provoqué une pancréatite hémorragique avec flots de stéato-nécrose ds la rate à la suite d’une injection peu concentrée de CI* Ca dans le canal de Wirsung. Au cours des autopsies pratiquées sur des chiens ayant subi le traitement calcique à fortes doses pendant longt:mps, nous avons constaté les mêmes lésions : inflammatio ndu pancréas et des

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