CHAPITRE VI
Technique générale du traitement calcique
Le traitement des ascites du chien par le chlorure de calcium tel que nous l’avons employé comporte deux parties distinctes aussi importantes l’une que l’autre et qui n2 doivent pas être négligées si l’on veut obtenir une guérison réelle et durable :
1° Traitement de la cause.
Ponction ; 2° Traitement du syndrome Régime approprié ; | Médication calcique.
Il importe avant tout, de traiter la lésion causale et d’en atténuer les effets pour pouvoir soigner efficacement les accidents qu’elle provoque. Ceci a surtout une grande immportance pour les ascites mécaniques, nous parlerons donc uniquement à ce point de vue des ascites cardiaques et hépatiques.
Ascite cardiaque. Repos absolu.
Soutenir le cœur par des toniques : ouabaine Arnault, solubaïne, spartéine, strophantine. Nous recommandons la teinture de digitale ainsi que l’a préconisée Blum, car son action semble renforcée par le chlorure de calcium. Il faudra toutefois l’'employer avec toutes les précautions voulues, car elle est capable chez l’ascitique à lésions cardiaques graves
de provoquer, si on n’observe pas une juste mesure dans son usage, d2s accidents fâcheux pouvant amener la mort.
On peut varier et pallier à ces effets nocifs en employant tour à tour l’ouabaïne et la digitale.
Donner des foniques généraux si l'organisme est très affaibli.
Ascite hépatique. — 1° Repos général et local du foie. Donner un régime approprié qui soit en même temps très pauvre en chlorures (petit lait lactosé); 2° Correction de l'hypertension portale avec dérivation sur l'intestin et le rein.
Donner des purgatifs assez violents et prévenir ensuite la constipation par des laxatifs. On peut employer le calomel, mais il est recommandé dans le cas de cirrhose de ne donner que de très petites doses pour prévenir la toxicité.
Donner des diurétiques. La médication par la théobromine et le iactose nous a donné de bons résultats :
HHÉOPFOMINÉ: SAN En ne O gr. 5 ACOSE ES eS PE 1 HS
Pour un paquet n° 5, un paquet par jour.
:s sels de mercure employés comme diurétiques et adjuvants du chlorure de calcium donnent d'excellents résultats et il semble bien que l'association de la cure mercurielle à la médication calcique, telle que l'ont préconisé Blum st P. Carlier soit tout à fait indiquée. Elle permet une action plus rapide et a des doses moindres de CP Ca qui a lorsqu'il est employé seul une action tardive et nécessite une perméabilité rénale intacte.
Nous avons employé les injections intramusculaires de neptal à raison de 1 centigr. s tous les huit jours. Cette asso-
ciation nous a paru heureuse et donner au traitement calcique une efficacité plus constante.
Donner des toniques cardiaques.
Traitement du syndrome.
1° Ponction. — La ponction doit toujours être pratiquée quand l’épanchement est suffisamment abondant pour provoquer des troubles digestifs et respiratoires d’origine cardiaque ou dus à la compression du diaphragme.
Toutefois en ce qui concerne les ascites mécaniques il est préférable de ne pas la faire avant d’avoir commencé le traitement, car la pression qu'exerce l’épanchement est antagoniste de l’extravasation plasmatique due à la stase sanguine. En effet, le liquids d’ascite a toujours tendance à se reformer beaucoup plus vite lorsque l’on a pratiqué la ponction; l’action empêchante due au poids de l’épanchement ést supprimée. Le sang en surpression dans 128 vaisseaux veineux par suite de l'obstacle du à ia lésion cardiaque ou hépatique extravase plus facilement à travers les parois vasculaires, le plasma contribuant à la formation d2 l’exsudat. Nous avons toujours constaté que la vitesse d'organisation de l’épanchement augmentait au fur et à mesure des ponctions. Il vaut donc mieux ne la pratiquer qu'après quelques jours d3 traitement calcique si toutefois la gêne provoquée par l’ascite n’entraîne pas de troubles trop graves, on voit ainsi que le liquide ne se reforme la plupart du temps que très lentement. La plus grand: viscosité sanguine due à l’augmentation de sa concentration et la diurèse produite vient mettre obstacle à la transsudation plasmatique et contrebalancer la force contraire attribuée à l’épanchement lui-même.
Régime. — Le régime doit être hypochloruré pour que l’action du chlorure de calcium se montre efficace. Blum a vu que le sel de cuisine avait une action empêchante sur celle du médicament. Nous conseillons donc de faire un dosage des chlorures éliminés en vingt-quatre heures par le rein et d’agir en sorte que ceux de la ration soient inférieurs en quantité à ceux éliminés. Dans les cas où il y a hypo-chlorurie très accentuée dénotant une rétention chlorurée sodique presque complète, il est prudent d'établir un régime très pauvre en sodium. Celui qui s’en rapproche le plus est le régime lacté. On pourra y ajouter de la viande grillée ou crue en faible proportion.
Médication calcique. — Les caractéristiques du traitement par le chlorure de calcium sont : qu'il agit d’une façon tardive et, d'autre part, que son activité est subordonnée à l'administration de fort:s doses. Son association avec le neptab renforce son action et la rend plus rapide. L’ingestion de Ca CI en grande quantité détermine une chloro-acidose avec natropénie qui est l'expression d’une rétention chlorurée sèche. Cet état prédispose à la déshydratation et favorise la diurèse. Le mercure trouve alors une possibilité d’action plus grande.
Nous étudierons la technique du traitement calcique proprement dite dans un chapitre spécial en envisageant successivement ses différents modes d'administration et leurs inconvénients respectifs, sa posologie et ses dangers.