OBSERVATION IV
Chienne berger Allemand, > ans, entrée aux hôpitaux le 1° Mai, présente une ascite volumineuse à évolution lente ; a mis d’après les renseignements recueillis sept semaines pour acquérir le volume présent.
Analyse d'urine. — Urine peu abondante, pas de pigments ni de sels biliaires; 3 gr. s de chlorures par litre. Aucun symptôme clinique dénotant une déficience du foie. Cœur accéléré et irrégulier; pas de lésions valvulaires à l’auscultation.
Cette ascite à étiologie obscure peut être attribuée à une cause vermineuse, humorale ou tuberculeuse.
Le malade tuberculiné donne une réaction absolument
négative. Il n’est d’ailleurs pas très amaigri et conserve un appétit à peu près normal. L'examen des excréments et du liquide d’ascite au microscope ne révèle aucun parasite.
On pratique une ponction de l’abdomen le 2 mai. Le li- quide retiré est rouge fortement sanguinolent dénotant une ascite d’origine inflammatoire. On institue d'emblée le traitsment calcique à raison de 15 grammes de CI? Ca par iour en deux fois, complété par une injection intramusculaire de neptal. Le régime est hypochloruré à base de lait et de viande crue ou grillée.
On continue le chlorure de calcium jusqu’au 9 mai. Les troubles digestifs avec des manifestations diarrhéiques sont apparus dès le 5° jour de traitement. Nous n'avons pas eu d’intolérance gastrique visible. L'état général est malgré tout assez satisfaisant bien que l'appétit ait diminué au point de devenir nulle; les deux derniers jours, la chienne ne touche pas à ses aliments. Du côté de l’épanchement, aucune amélioration, il s’est rapidement reformé si bien que le 7° jour, :l a, à peu près, repris son volume primitif. Il est assez curieux de constater qu’un épanchement qui avait mis plusieurs semaines à se former ait eu une évolution aussi rapide après une première ponction et malgré le traitement institué. Cette allure suraiguë de la maladie était accompagnée d’une polydipsie intense, le sujet buvait tout ce qu'on lui présentait même l'urine. Le huitième jour, on note de l’abrutissement et un pouls très rapide. On suspend le traitement pendant cinq jours; on le reprend ensuite en le complétant par de la digitale et de la théobromine. L’état du malade s'aggrave de jour en jour, le cœur est en très mauvais état, on a une dyspnée intense et une faiblesse générale très accusée avec hypothermie. Le sujet meurt le 19 mars.
Autopsie. — Aucune lésion du côté de l'appareil circulatoire, le cœur est légèrement hypertrophié, les valvules sont intactes. On trouve un peu de liquide dans la cavité thoracique. Pas de lésions de cirrhose sur 1: foie, il présente quelques îlots de dégénérescence graisseuse. Le pancréas est congestionné et on remarque sur la rate des plaques d2 dégénérescence granulo-graisseuse de la dimension d’une pièce de cinquante centimes.
C'est là le deuxième cas de stéato-nécrose de la rate avec congestion du pancréas observée chez des malades ayant subi pendant un certain temps le traitement calcique à hautes doses.
Le chlorure de calcium a été donné dans du lait pendant toute la durés du traitement. Nous n’avons eu ni vomissements ni nausées bien que les doses administrées aient été très fortes.