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moyenne (4 grammes de chlorures par litre d'urine). Pas de pigments ni d: sels biliaires, pas d’albumine. Souffle systolique accusé dénotant des lésions tricuspidiennes. Température normale.
16 Mai. — On pratique une ponction de l’abdomen pour faire une vidange aussi complète que possible. On recueille un liquide jaunâtre albumineux.
Le traitement thérapeutique suivant est institué. Injection de :
1 Cfgr. de neptal en intramusculaire,
Chlorure de calcium ro gr. par voie digestive.
Teinture de digitale xx gouttes par jour.
Régime lait et viande grillée,
17 et 18 mai. — L'état du malade reste stationnaire, l’urine émise a légèrement augmenté, Goo cc. par 24 heures. Les chlorures urinaires 6 grs. par litre.
19 mai. — Même traitement que les jours précédents ; le volume du ventre progresse, les chlorures urinaires et l'urine émise ne subissent pes d'augmentation sensible.
zo mäi. — Mêm3: traitement, l'appétit diminue, l’épanchement augmente rapidement, les symptômes cardiaques semblent s’amender légèrement. Les chlorures urinaires sont passés à 12 grs. par litre; cett: élévation s'accompagne d’une diurèse appréciable. On note une diarrhée profuse et des troubles digestifs nets.
21 mai. — La diarrhée persiste, l'appétit est nul, le sujet est prostré, faible et présente une dépression nerveuse intense. On pratique une nouvelle ponction et on cesse la mé-
dication calcique.
Les jours suivants, l'état est stationnaire, les chlorures
urinaires varient entre 8 et 10 grs, la diurèse est constante, l'appétit revient progressivement, on continue à soutenir le cœur en remplaçant la digitale par l’ouabaïne Arnault.
Une nouvelle cure au Cl?Ca par voie intraveineuse est tentée sans plus de succès que précédemment, avec apparition rapide de troubles toxiques et choc assez important à la suite ds: chaque injection. Le sujet est abandonné par son propriétaire, c’est alors que nous tentons les injections intrapéritonéales. Les jours précédant l'expérience, le malade présente une légère diarrhée suivie d’une constipation opiniâtre que nous avions combattue par des purgatifs huileux.
Le 2 juin, c’est-à-dire en dix jours, l’épanchement s'était complètement reformé. Nous pratiquons une ponction partielle d: façon à laisser un litre ou deux de liquide dans la cavité péritonéale et nous injectons par la canule du trocart 10 grs. de CI? Ca en solution dans 150 cc. d’eau distillée. Le régime déchloruré est maintenu. La quantité d'urine émise dans les 24 heures qui précédèrent l'injection était de 623 cc. et les chlorures urinaires s’élevaient à 6,3 grs. Dans les heures qui suivirent l'injection, rien d’anormal ne fut constaté.
Le 3 juin : Urine des 24 hsures 290 CC.
Chlorures 3 grs. 57
Le 4 juin : Urine des 24 heures 310 CC.
Chlorures 3 gr. 9
Le 5 juin : Urine des 24 heures 260 cc.
Chlorures 4 grS. 10
Les chlorures éliminés en 24 heures restent sensiblement les mêmes, par contre on note une baisse importante de la diurèse correspondant à une augmentation rapide de l’épan-
. chement qui était presque reformé en quatre jours. Les symptômes physiques et fonctionnels ont augmenté
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d'intensité et l’état désespéré du malade nécessite la sacrification.
Autopsie, — Liquide d’ascite abondant, les organes. abdominaux sont atrophiés, le foie présente des lésions de cirrhose, on note une inflammation du pancréas et la présence de quelques flots de stéato-nécrose sur la rate. Les principales lésions siègent du côté du cœur qui est considérablement hypertrophié; il atteint presque le volume de la tête d’un enfant. On note une dilatation importante des cavités surtout à droite avec des lésions valvulaires de la tricuspide.
Conclusion
Le traitement au chlorure de calcium présente en résumé les caractéristiques suivantes :
Difficile à appliquer à cause des inconvénients qu’il présente pour le chien, il peut devenir dangereux si l’on n’observe pas une juste mesure et des précautions indispensables dans son emploi.
Il est contre-indiqué chaque fois qu’il y a mauvais fonctionnement du rein, soit par lésion rénale, soit par insuffisance cardiaque.
J. — Au point de vue de son efficacité, il n’est pas possible d'obtenir de bons résultats si la cause elle-même de l’ascite ne peut être combattu: d'une façon certaine. Dans les formes cardiaques notamment où les lésions que présentent cet organe sont toujours très graves le traitement calcique se révèle insuffisant parce que l’on est impuissant à lutter contre la défaillance du cœur.
La médication calcique est à essayer dans les ascites hépatiques et elle nous a donné dans ce cas de bons résultats. Cependant, les troubles digestifs s: traduisant par de la diarrhée ou de la constipation sont fréquents. Il ne faut pas perdre de vue la durée maxima de la cure et surveiller de près 15 malade. Il est préférable de ne pas insister quand on n’obtient pas d'amélioration notable. Dans les cas de guérison que nous avons observés elle se manifeste dès le 6° ou 7°
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jour de traitement parfois plus tôt; il arrive même que de petits doses suffisent pour assurer la guérison. Le traitement calcique des ascites se résume en ceci :
1° Traiter la cure;
2° Donner un régime approprié avec des dos2s de médicament suffisantes tout en évitant les troubles digestifs et toxiques.
Il doit donner de bons résultats dans les autres formes des épanchements, notamment dans les inflammations aiguës de la plèvre et les œdèmes de l’anasarque. Toutefois, on est en droit de se demander s’il est prudent de pratiquer le traitement au début de la maladie, la formation d’œdèmes étant un processus organique de défense pour diluer le plus possible les toxines microbiennes et les poisons tissulaires.
Il. — Au point de vue de son mode d'action le chlorure de calcium semble surtout agir en provoquant une réaction de défense de l'organisme contre la trop forte concentration en calcium qu’il apporte. I] sera éliminé par le rein avec une grande quantité d’eau provoquant ainsi une diurèse abondante et une élimination de CI Na. Ces deux éléments étant indispensables à la formation des œdèmes, il aura sur eux une action empêchante et aidera leur résorption.
Le traitement calcique peut donner des résultats excellents quoique inconstants dans le traitement des œdèmes et des épanchements et mérite d'être essayé chaque fois que l’on est en présence d’affections de cette nature.
Vu, le Doyen : Vu, le Président :
BALTHAZARD. ACHARD Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris,
S. CHARLÉTY.
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