Étrangères. 4. Ma louange
Et au père Océan te vanter que le Tybre Roulera plus fameux que l'Euphrate et le Tygre * ?
Jà presque tout le monde obéit aux Romains : Ils ont presque la mer et la terre en leurs mains : Et soit où le soleil , de sa torche voisine , Les Indiens perleux au matin illumine 2 ; Soit où son char , lassé de la course du jour , Le ciel quitte 3 à la nuit , qui commence son tour ; Soit où la mer glacée , en cristal se resserre ; Soit où Tardent soleil sèche et brûle la terre ; Les Romains on redoute 4, et n'y a si grand roi Qui au cœur ne frémisse , oyant s parler de moi.
Comment veut-on que maintenant ,
Si désolées, Nous allions , la flûte entonnant ,
Dans ces vallées?
Que le luth , touché de nos doigte ,
Et la cithare , Fassent résonner de leur voix
Un ciel barbare?
Que la harpe » de qui le son
Toujours lamente , Assemble avec notre chanson
Sa voix dolente?
Trop nous donnent d'affection
Nos maux publiques5, Pour vous réciter de Sion
Les saints cantiques.