GOMBAULD
GOMBAULD (Jean-Ogier de), né à Saint- Just-de-Lussac, près de Brouage, était d'une famille distinguée de Saintonge. Il se produisit à la cour de Marie de Médicis, plut à cette princesse par ses vers, et en obtint une pension de 1,200 livres, réduite depuis à 400. Son état ne fut jamais au-dessus de la médiocrité. Il Ta lui même représenté dans cette épitaphe épigrammatique :
V Apollon de nos jours, Malherbe ici repose : Il a vécu longtemps sans beaucoup de support. En quel siècle? Passant , je n'en dis autre chose : Il est mort pauvre, et moi je vis comme il est mort.
Il fut cependant gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Le duc et la duchesse de Montausier l'accueillirent favorablement, et il fut un des beaux esprits de l'hôtel de Rambouillet II fut enfin un des premiers membres de l'Académie française.
De tout ce qu'il a fait, on ne lit plus guère que quelques sonnets et ses épigrammes.
Gombauld est mort, en 1666, presque centenaire.
Jugement des œuvres d'autrul.
Vous lisez les œuvres des autres Plus négligemment que les vôtres, Et vous les louez froidement.
Voulez-vous qu'elles soient parfaites?
Imaginez-vous seulement Que c'est vous qui les avez faites.
GOxVÏBAULD. 57
Petits auteurs.
On vous donne le privilège , Petits auteurs, on vous protège, Et souvent on vous fait du bien :
N'en déplaise aux pouvoirs suprêmes, Les ouvrages ne valent rien S'ils ne se protègent eux-mêmes.
Sonnet chrétien.
Monarque souverain des hommes et des anges, A qui tout doit son être et sa félicité, Je sens à tous objets mon cœur sollicité , D'ajouter une voix au bruit de tes louanges.
Je suis ravi de voir les richesses étranges ! Dont tu pares les cieux , ta superbe cité ; L'ordre des éléments, dont la nécessité S'entretient chaque jour de contraires échanges*.
Mais si de ta grandeur je pense m'approcher , Dans cet excès de gloire où je te vais chercher , Mes yeux sont éblouis de clartés nonpareilles :
C'est là que la raison est soumise à la foi. L'homme en vain se travaille à dire tes merveilles : 11 faut , pour te comprendre , être Dieu comme toi.
D'an Jeune nomme estimé fort heureux.
Il se dit noble , il a sa terre ; Il ne va jamais à la guerre ;