‹ Modèles de littérature française (volume 2)Chapitre 5 sur 168 · Je ne vis jamais. lu Et cependant je nourris · texte numérisé non relu

Je ne vis jamais. lu Et cependant je nourris

MAROT (Clément), le plus célèbre poète de l'ancien Parnasse français, naquit à Cahors. Sa vie fut assez agitée. Emprisonné plusieurs fois, obligé de fuir de son pays malgré la protection du roi, il alla mourir à Turin presque dans l'indigence. Voici l'épitaphe que lui fit Jodelle en vers rapportés :

Querci , la cour, le Piémont, l'Univers, Me fit , me tint , m'enterra , me connut. Querci mon los (1) , la cour tout mon temps eut ; Piémont, mes os; et l'univers mes vers.

Nos poètes et nos critiques ont tous apprécié Marot, chacun selon son goût particulier : Boileau, La Fontaine, J.-B. Rousseau , Chaulieu, Fénelon , Voltaire, Laharpe , Marmontel l'ont loué ou imité de temps en temps. Le petit nombre de pièces que nous lui empruntons suffira, nous l'espérons, pour le faire connaître à nos lecteurs.

Marot est mort en 15M, n'ayant pas cinquante ans.

Éplfire à son ami Lyon lamet , pour l'engager * obtenir i élargissement.

Je ne t'écris de l'amour 2 vaine et folle : Tu vois assez, s'elle3 sert, on affolle. Je ne t'écris ni d'armes , ni de guerre : Tu vois, qui peut bien ou mal y acquerre 4. Je ne t'écris de fortune puissante :

Tu vois assez s'elle est ferme ou glissante.

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