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PITHOU (Pibbre) naquit à Troyes, en Champagne, d'une famille ^listinguée. Après avoir reçu une bonne éducation domestique , il vint puiser à Paris, sousTurnèbe, le goftt de Tantiquitë. De Paris il passa à Boui^^, où il acquit, sous le célèbre Cujas, toutes les coimaissaiices nécessaires à un magistrat. Il était substitut du procmew générid , lorsque Grégoire XIII lança un bref contre Tordonnance d'Henri III, relative au concile de Trente. Pithou publia alors un mémoire, où il défendait avec autant de force que de raison la cause de la France et celle du roi. On sait avec quel talent il a, depuis, traité des sujets analogues, et que son Traité des libertés de Véglise gallicane sert de fondement à tout ce qu'on a écrit plus tard sur la même matière.
Henri IV trouva en lui un citoyen zélé, quoiqu'il eût été entraîné dans la faction de la Ligue ; il fit tous ses efforts pour réduire Paris sous l'obéissance de son souverain légitime. Il était de la société des beaux esprits qui composèrent le pamphlet ingénieux connu sous le nom de Satire Ménippée^ satire qui fit plus de mal à la Ligue que tous les raisonnements des bons citoyens , et plus de bien à Henri IV qu'une bataille gagnée. Il inséra entre autres choses, dans la partie intitulée Abrégé de la farce des États de la Ligue ^ une harangue de M. d'Aubray, parlant pour le Tiers État; véritable chef-d'œuvre d'exposition, de fine raillerie et de raison sévère , d'où nous avons extrait, comme un modèle du style animé et familier de ce temps , la peinture qu'il fait du malheureux état de Paris sous la domination des ligueurs.
Pithou mourut, en 1596, à Nogent-sur-Seine.
Harangue de 11. d'Anbray, pour le Tiers-État.
Il faut confesser que nous sommes pris à ce coup , plus serfset plus esclaves que les chrétiens en Turquie , et les Juifs en Avignon. Nousn*avons plus de volonté ni de voix au chapitre. Nous n*avonsplus rien de propre, que S nous puissions dire : cela est mien^ Tout est à vous, messieurs, qui nous