AVANT - PROPOS
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Pour compléter l'espèce d’encyclopédie dubâtiment que présentent nos publications successives, depuis les Etudes relatives à l’art des constructions parL. Bruyère, jusqu'à l'Art du serrurier par Hoyau; pour avoir offert des modèles de tout cè qui entre dans la décoration et l'ameublement des édifices publics et particuliers, dont nos recueils de Beauvalet, Normand, Santi, Jacob Petit, présentent une si prodisieuse variété, il restait à traiter de la MarBRERIE, de cette partie d'autant plus intéressante de nos édifices, qu'elle est, de toutes, la plus monumentale, celle qui se rattache davantage à l'architecture par ses formes et ses proportions , et qui, par la durée de ses producüons, leur prix élevé, la place importante qu'elles occupent toujours, réclame le plus impérieusement le savoir de l'artiste, la main de l'homme habile.
Le domaine de la marbrerie, autrefois restreint aux seuls pavés, aux seuls compartüimens combinés dont on couvrait les aires et les parois des bâtimens somptueux, est devenu fort étendu depuis que plusieurs branches de l'art du sculpteur sont entrées dans son apanage. Parimi les parties du bâtiment qui sont assez généralement du ressort da marbrier, les cheminées, les autels, les tabernacles, les chaires à précher, les compartimens de pavés, on pourrait ajouter les piédestaux de statues, tiennent le premier rang; viennent ensuite les bénitiers, les crédences, les fonds baptismaux, et autres espèces de vasques; enfin, les balustrades d'enceintes, les balustres simples, les bancs, les tribunes, les mardelles de puits, et une infinité d’autres objets qu'il serait trop long de détailler ici. On s’étonnera peut-étrade ne pas trouver dans cette nomenclature les vases et candelabres, les tombeaux, surtout, lorsque ces parties intéressantes appartiennent exclusivement au domaine de la marbrerie, et sont celles où l’art a le plus de moyens de s'exercer. Deux motifs nous ont empêché de les admettre dans le cadre de notre ouvrage. Le premier est que Le Pautre, Moisy, Piranesi et autres graveurs de mérite ont déjà exploité avec succès la mine si féconde des vases et candelabres, celle des fontaines, tant anciennes que modernes, et que C. Normand fils publie en ce moment, sur les monumens funéraires de nos cimetières, un recucil capable de satisfaire aux besoins des artistes de tous les pays; le second motif est que notre intention a été de créer un livre absolument neuf, et non de faire un livre avec d’autres livres, comme cela se pratique de nos jours. Tous les modèles que nousavons recueil lis sont donc gravés pour la première fois. Les uns ont été mesurés et dessinés avec soin, par nous-mêmes, les autres nous ont ét procurés par des artistes siudieux et bienveillans qui les avaient amassés pour leur usage particulier. Les seules compositions que nous nous soyons permises sont une suite d’appliques pour des inscriptions de tombeaux, compositions demandées par des artistes marbriers qui ont compris l’avantage qu'on pourrait tirer de cet accessoire, pour aider à caractériser à la fois et le monument et le personnage pour lequel il a été élevé. Nous redirons donc de rechef, pour que personne ne l'isnore, que notre Recueil de marbrerie est l'unique de son espèce, en L'rance comme à l'étranger ; ce n’est point comme titre de gloire que nous insistons sur ce fait, mais pour qu'on use d’indulgence, si ce recueil ne renferme pas tout ce qu’on aurait désiré d'y trouver. Lorsqu'une carrière est exploitée pour la première fois, il est rare qu’on rencontre de prime-abord les blocsles plus beaux, les plus purs. Nous Sommes sans doute dans ce cas; mais pourvu que l’on ne blâme aucun des exemples que nous offrons comme des modèles dignes d'étude, pourvu qu'on reconnaisse que le bon domine sur le médiocre; qu'on nous tienne un peu compte aussi de la dif culté que présente la réunion de matériaux cachés, pour la plupart, au reoard du public, nous serons amplement récompensés de nos soins, et nous aurons, de plus, cette satisfaction bien douce de penser que nous avons pu contribuer, pour quelque chose, aux progrès d’un art qui a tant de droits à notre amour.