SCÈNE lY
La Reine, Ruy Blas.
Ruy Bias fait quelques pas en chancelant vers la reine immobile et glace'e, puis il tombe à deux genoux, l'œil fixé à terre, comme s'il n'osait lever 5 les yeux jusqu'à elle.
RUY BLAS, d'une voix grave et basse.
Maintenant, madame, il faut que je vous dise.
— Je n'approcherai pas. — Je parle avec franchise. 10 Je ne suis point coupable autant que vous croyez.
Je sens, ma trahison, comme vous la voyez. Doit vous paraître horrible . . . Oh ! ce n'est pas facile A raconter. Pourtant je n'ai pas l'âme vile. Je suis honnête au fond. — Cet amour m'a perdu. — 15 Je ne me défends pas, je sais bien, j'aurais dû Trouver quelque moyen. La faute est consommée !
— C'est égal, voyez-vous, je vous ai bien aimée.
LA REINE
3Ionsieur . . .
20 RUY BLAS
toujours à genoux.
N'ayez pas peur, je n'approcherai point. A votre majesté je vais de point en point Tout dire. Oh ! croyez-moi, je n'ai pas l'âme vile ! —
25 Aujourd'hui tout le jour j'ai couru par la ville
Comme un fou. Bien souvent même on m'a regardé. Auprès de l'hôpital que vous avez fondé. J'ai senti vaguement, à travers mon délire. Une femme du peuple essuyer sans rien dire
426 Moâem Freneh S^^âinfi*.
Les gouttes de sueur qui tombaient de mon ironi. Ayez pitié de mcM, mcm Diea ! mon eorar «e rompt !
LA KEIXE.
Qne Toolez-Toiis?
RUT BLAS, jo^naiit les maia&.
Qoe TOUS me paidonniez. madame!
LA niUXE,
Jamais.
EUT BLAS
Jamai- D se lèTe et HLarehr iriiT.eineiiT Ter? la mWe- Bien sûr?