‹ ModernitésChapitre 56 sur 65 · AIMÉ · texte numérisé non relu

AIMÉ

A-t-il assez vécu de honte et de chantage Avant d'être arrivé le bretteur élégant, Qui monte à Chantilly Fisabelle fringant, Et mène à Biarritz la vie à grand tapage !

Pour mettre cet ancien rôdeur en équipage, Lui qui^ môme chétif et blême, allait le soir Ramasser les mégots éteints sur le trottoir, Il a suffi d'une heure et d'une Adèle Page !

Une heure, l'heure étrange, où, lasse de Tamant Titré, qui l'entretient, autant qu'il la méprise, La ûlle la plus vile au cœur est soudain prise D'un besoin de tendresse et d'âpre dévouement!

Femme soûle d'affront, un peu d'amour la grise, Et riche est le voyou qui passe au bon momeiit !

COPAILLES

A Emile Zola.

Boulevard extérieur...

Au fond des Brasseries Moyen âge aux vitraux de lys enluminés.

Des messieurs de talent aux gestes avinés, Déclament à leurs bocks des vers pleins de furies.

Dehors, bravant Novembre et son intempérie, Autour de trois quinquets, des gens aux traits minés Boivent avec des yeux ardents d'hallucinés La chanson d'un joueur d'orgue de Barbarie.

Mêlés à des gamins^ à des vieux ouvriers.

Des messieurs en chapeau, rôdent, petits rentiers

Venus pour respirer Todeur de ces canailles

Et, tandis qu'ils sont sont là, gros à lard de mangeailles

Un grand blousard, puant Tâcre vin des setiers

Les bouscule du coude en criant ;

<K Hé, copailles ! s»

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